PANSEMENTS DES PLAIES
U, la partie moyenne du fil ciré, qui alors décrit une ont la convexité regarde la plaie ; on applique la deuxième ) ainsi qu'il a été dit plus haut. On reprend alors le fil, on mtrecroiser en avant de la plaie ; on le repasse derrière les ctrémilésde l'aiguille, on Tenlrecroise de nouveau, et Ton ainsi des S de chiffre en nombre suffisant pour Gxcr solil raigoille. Cela fait, on passe à Taiguille immédiatement sus, en laissant les fils en avant de manière à former ]èce d'X, On se comporte pour la troisième aiguille comme s précédentes, et Ton continue jusqu'à ce que toutes les
Fig. 2A8.
i soient soliden.ent fixées. On arrête roxtrémité du fil nœud, ou bien en le roulant et le plaçant sous une des
aiguilles qui ont été employées pour faire cette suture •oites, courbes, fines, grosses : on en a fabriqué avec de \ Vargont, du cuivre, etc. On a imaginé de placera Tex- I d'une lige métallique une petite pointe en fer de lançai ^
/l5/i DKS PANSEMENTS EN PARTICULIER.
(^ui servait à introduire cette tige dans la plaie et qui pouvait
s'adapter k tous les cylindres métalliques.
Mais on fo sert le plus communément d'épingles dont ob aiguise la pointe en les frottant sur un corps dur, dugrtsjar exemple. Celles que Ton préfère sont des épingles à iDsectei, qui sont très-longues, très-fines, et qui, en raison de cette dffnière propriété, déchirent les tissus beaucoup nunnsqaBlei autres.
Les aiguilles doivent être enlevées aux mêmes épotjDeiqi» tout autre point de suture, c'est-à-dire lorsque l'on sopponfl la plaie est bien réunie et avant que les tissus soient déchî Il faut avoir soin, en les retiiant, de fixer solidement lesbni de la solution do continuité, sans quoi les tractions poorr les décoller. On laissera ausi^i en place les fils durcis par le et lo pus qui coulent par les piqûres ; ils font' l'office d'aggW natifs et empochent les décollements consécutifs.
Afin que les parties voisines ne soient pas blessées par pointe ou par la tête des aiguilles, il est bon de placer au-deiffli une petite compresse ou un petit morceau de diachylon.
La suture entortillée, telle que nous venons de la déon exerce sur toute la plaie une pression uniforme, et les fils cèdent point lorsque le gonflement inflammatoire vient à si parer des parties molles ; il en résulte que dans certaines stances le chirurgien est obligé de retirer prématurémeDl épingles, et le succès do Topération se trouve compromis. P obvier à cet inconvénient, on a proposé de fixer les épingtai Taido d'agents mobiles ou élastiques. Le premier procédé est signé sous le nom do suture à bandeleltes, le second souscelô suture élastique,
1" Suture à bamlektles. — Dans cette variété les fils remplacés par des bandelettes de diachylon. Celles- ci présaHl à leur partie moyenne une fente longitudinale qui commencfl un centimètre environ de leur extrémité; il faut deux bandeWI pour chaque point de suture.
On applique cette suture de la manière suivante : Les épingles sont placées comme de coutume, mais à onei lance plus grande, on engage une de leur extrémité daBi fente d une des bandelettes, on passe ensuite l'autre exli dans l'autre bout de la même fente. Cette bandelette est exactement sur la peau, ei Ton exerce une traction suffisaiier* rapprocher les deux lèvres do la plaie ; on conçoit que la tra( est principalement exercée sur le côté de la plaie qulrépoM^ point où la bandelette a été engagée dans l'épingle. On 1*^
PANSEMENTS DES PLAIES. /i;).')
alors une bandelette dans l'autre extrémilé de répin^lo cl Ton agit de la mémo manière; on a donc ainsi deux bandcletlcs superposées dans une étendue de S centimètred environ, libres dans tout le reste de leur largeur, et qui, coliéesaux téguments voisins de la suture, peuvent être relAcliées ou resserrées trèsfacilement.
2** Suture élastique, — Nous avons peu do chose à dire (1(î celte suture. En effet, elle s'applique ou bien comme la suluro entortillée : on a soin alors de passer autour des épingles des fils de caoutchouc au lieu de fils cirés ; ou bien on prend des bandelettes de caoutchouc au lieu de bandolctles de diachylon, lorsqu'on préfère appliquer la suluro à bandelettes; dans ce dcrniiM* cas une seule bandelette do caoutchouc suffit pour appliquer la suture.
g. Suture à plaques latérales. — A coté do la suluro entortillée se place naturellement la suluro à placiues latérales.
On prend de petits paralléiipipèdos de liège do \ centimètre de base sur 5 millimètres environ do hauteur, une épingle est engagée dans un de ces petits corps et passée comme de coutume entre les lèvres de la plaie, un second morceau de liégo est engagé dans la pointe. Ces deux corps sont rapprochés jusqu'à ce que les lèvres delà plaie soient affrontées, on recourbe alors les deax extrémités des épingles, afin d'empêcher les deux points d*appm do s'écarter. Cette espèce de suture a l'inconvénient de tenir les bords de la plaie renversés en dehors.
M. le docteur Legros (d'Aubusson) a fait connaître dernière • ment nn nouveau mode de suture qu'on peut rapprocher de la suture entortillée. Il consiste à introduire, à une certaine distance des bords de la plaie, deux épingles d'entomologiste de manière à passer sous l'épiderme et à raser le derme. La sensibilité cutanée est ainsi ménagée, et l'on fait décrire aux épingles une sorte d*arc sous-épidermique. On obtient ainsi deux points d'appui pour un ûl ciré double et graissé, dont on fait passer le plein sous les extrémités de l'épingle inférieure ; on croise les chefs au milieu de la plaie, on les ramène sous les extrémités de l'épingle supérieure. Un nœud simple fait sur la peau entre les extrémités de cette dernière épingle, arrête le fil.
D'après Taoteur, cette suture aurait l'avantage d'être pcxi douloureuse, de ne pas irriter les lèvres de la plaie, de ne pas les déchirer, enfin de pouvoir être serrée et desserrée à volonté, sans toucher à la solution de continuité (1 ).
(1) Gazette clos hàjntmw, 18G3, p. i04.
h. Suture cnchevillèe ((ig. "^iO). — Pour celte sature on passe entre les lèvres de la plaie des (ils doubles, et l'on place de chaque côté un petit cylindre solide, une plume, un morceau de bougie, etc., ou bien un petit cylindre d'emplâtre : celle
Fig. 249.
dernière substance a Tavantago de pouvoir prendre la forme des parties. Ensuite on passe un des chefs du fil en avant, l'autre en arrière de ce cylindre, puis on approche les deux lèvres de la plaie et Ton noue les fils sur le cylindre de Faulre côté. Cette suture a l'avantage d'exercer une pression égale sor tous les points qui doivent être on contact, d'être très-solide et de ne pas déchirer les parties. Elle réunit aussi les parties profondes; mais de cet avantage résulte un inconvénient : elle ne met pas en contact parfait les divisions delà peau, qui sont renversées légèrement en dehors ; cependant on peut y remédier en recouvrant la face antérieure de la plaie d'un fil spiral, que l'on fixe de chaque côté aux deux cylindres latéraux. Cette sotore est très-avantageuse pour réunir les plaies très-longues et recti- 1 ignés.
Règles générales des sutures, — i" La plaie doit être lavée, débarrassée du sang ou do tout autre corps étranger qui s'opi»serait à sa réunion.
2° Les lèvres de la plaie seront mises on contact; les tissus de même nature doivent, autant que possible, se correspondre.
S*' Les fils ne seront pas assez serrés pour opérer une cou-
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slriclion Irop forle sur les tissus, afin que Tinflammation consécutive 110 cause pas de symptômes d'étranglement.
i'^ Les sutures doivent être placées à une profondeur assez grande pour qu'il no reste pas au-dessous d'elles une cavité dans laquelle le pus ou le sang pourrait s'accumuler.
5° Si Ton supposait que la suppuration dût survenir, il faudrait laisser à la partie la plus déclive un intervalle qui pût i)ermettre au pus de sortir facilement.
6° Le nombre de points de suture sera toujours assez considérable pour que dans leur intervalle les plaies ne puissent s'enli'ouvrir.
T* La distance entre les points de suture variera donc avec la nature des tissus, la profondeur et le décollement do la plaie. Les sutures seront toutefois placées, pour la mémo solution de continuité, à une égale distance les unes des autres.
8° La nature des tissus blessés, la profondeur do la plaie, détermineront la distance qui doit exister entre les lèvres de la plaie et les bords de la suture. Cest ainsi que dans les plaies superficielles elles seront placées do 3 à 5 millimètres, et ne devront jamais, dans les plaies profondes, dépasser 8 à 4 0 millimètres.
9° Kn général, on appliquera le premier point de suture à la partie moyenne do la plaie ; si cependant colle-ci intéressait le bord libre d'un organe, il faudrait placer le premier point de suture près du bord libre.
40° On ne doit serrer les fils que lorsque tous les points do suture sont appliqués ; des aides rapprochèrent les bords de la plaie.
4 4° 11 faut avoir soin de ne pas blesser des vaisseaux ou dos filets nerveux considérables, en traversant les tissus pour appliquer des sutures.
1 2* On devra autant quo possible éviter les fibres musculaires dans lesquelles la présence de corps étrangers pourrait déterminer des contractions violentes qui s'opposent à la réunion des plaies. Cependant, dans le bec-de-lièvre, elles traversent les parties charnues qui entrent dans la structure des lèvres, et n'y causent pas d'accident.
Svttires métalliques. — Les diverses espèces de sutures que nous venons de décrire sont les plus usitées; or on voit qu'à Texception de la suture entortillée, toutes se font à l'aide de fils organiques.
Depuis longtemps, cependant, on emploie des fils métalliques pour les sutures; mais c'est surtout dans ces dernières années
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quo rusafïo de ces fils a été plus fréquent, etqn'on les nisés non -seulement pour des sutures spéciales, ma d'une façon générale pour remplacer les fils organiqaes lure mélalli(iue a été d'abord usitée à Tétranger. Dieffe 1826, Marion Sims (de New- York) en 4 845, enfin M. (d'Edimbourg) employèrent des fils do plomb, d'argent, la slaphylorrhaphio, soit pour les fistules vésico-vagii
Mn France, Dupuylren, M. Velpeau ne font que la m dans leurs ouvrages. Les auteurs du Compendiwn de i et avec eux MM. Malgaigno, Richet, Bauchet, se mon favorables à l'emploi de cette su lure. Tandis que Vidal (c MM. Vcrneuil, Follin, Lelenneur (de Nantes) et OUier conisé l'emploi des fils métalliques pour les fistak vaginales, pour lebec-de-Iièvre, enfin d'une façon géw
De tous les reproches adressés à la suture métallique, pal est une section trop rapide des tissus étreints par fil, section accompagnés d'inflammation et pouvants' l'union des lèvres de la solution de continuité. Or poc l'exactitude do ce grave reproche , M. 01 lier a fait t nombre d'expériences comparatives, qu'il a publiées travail très-intéressant à consulter (1). Nous empru cet auteur les considérations qui vont suivre :
Des expériences de M. Ollier il résulte que les fils m très-fins, fils qu'il nomme capillaires, ont une supérit quée sur les fils organiques. Les fils d'argent, do plom de platine, ulcèrent et coupent bien moins vite les tissi fils ordinaires. Ce fait vient encore d'être constaté, au ce qui concerne les fils d'argent, par M. Letennour(deNa En outre, les fils métalliques développent moins de sa sur leur trajet, et cette innocuité relative est en rappo du diamètre des lils , ceux d'un volume assez cor pouvant donner lieu à quelques symptômes inflamma résujite des faits précédents, quo le séjour des fils dans est plus longtemps toléré, et qu'une fois enlevés, ils n( lieu qu'à uno très-légère cicatrice, bien moins appa celle des fils organiques.
A quoi sont dus ces divers avantages? A Tinaltérabili métalliques et à la fixité des points de suture. Cette i
(1) Ollior, Considérations mr Ins sutures mi'taUiqna kebdomadairn, 1862, n«s 9, 12, 17, 23).
(2) Letoiinciir (de Nantes), Soto. sur temploi des hh d chirurgie {Gazette médicale, 1S63, n^ 16).
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lilé est évidente pour les fils u argent, de plun.b o: de platine, mais les fils de fer s'oxydent un pcu : aussi M. Oiiior CMnseillel-il d'emploxer des lils de fer étaines. surloul quand OiU\-â pio- BâDtent un certain volume. Non pas que l'oxyde de fer ait une actioa nuisible sur les tissus, mais il rend la suiface du til irrégolièrei rug-euse, ce qui pcui avoir de graves inconvénientsquand A veut retirer la suture.
Dang toutes ses expériences, M. Olliir a toujours préroié les fils de fer aux autres fîîs métalli(]ues , et ce sont les >utureâ faites avec des fils très -fins qui lui ont donné les meilleurs résultats. Les fils fins qu*il appelle copWaires ontdc G""", 08 à 0*"*°, 1 1 de diamètre. Ils sont parfaitement sup()orlés par les tissus, ils ne donnent lieu à aucune inflammation, aussi peut-on multiplier leur emploi sans inconvénient. Dans les auloplasties, ils peuvent rendre de très-grands services : en elVtt, les sutures principales placées, ils servent au perfectionnement do l'opération , d'où le nom de fils de perfectionnement que leur a donné M. Ollier. Quand les plaies à réunir sont peu profondes et que leurs lèvres ont peu de tendance à s'écarter, on doit faire usa^e des fils métalliques fins. Au contraire, si la plaie est profonde et béante, on doit employer des fils d'un certain calibro : les fils trop fins cou[)eraient les tissus au lieu de les soutenir. Enfin, nous devons ajouter ({ue les règles générales des sutures indiquées précédemment sont entièrement applicables aux sutures métalliques.
Pour introduire les fils métalliques dans les tissus, on peut se servir d*une aiguille courbe ordinaire, surtout si Ton emploie les fils de fer capillaires. Si les fils ont un diamètre plus considérable, on peut faire usage do l'aiguille de Martin. Elle est formée d'une tige métallique pointue, creusée d'un canal qui se termine on biseau à la pointe de la tige. On traverse les tissus avec cette aiguille, puis on pi^sso le fil en l'introduisant dans le canal de l'instrument.
Les fils métalliques fins peuvent être noués comme les fils ordinaires. S'ils présentent un certain volume on tord ensemble leurs deux extrémités. Mais pour les sutures faites dans des cavités profondes, on est obligé d'employer des insirumenis spéciaux qae nous ne pouvons indiquer ici. Cependant nous nignalorons an procédé d'arrêt assez simple : il con8i>to â passer les deux extrémités de l'anse métallique dans un grain de plomb percé de deux trous à cet effet ; on peut faire glisser lo grjjn do plomb auK^i loin qu'il est nécessaire, et il suffit do l'aplatir avec une pince pour compléter la suture.
Pour retirer les fils, rien u'e^l ordinairement plu» facile, il Hiiriil
de les sectionner soit avec une pince, soit avec des forls ciseaux. Cependant les fils qui pénèlrent profondément et qui offrent oo volume assez considérable sont parfois difficiles à enlever, à eau» dos inflexions rigides qu'ils présentent. Aussi faut-il toujours avoir soin do soutenir les lèvres de la solution de continuité quand oo relire les points do suture; cette règle est d'ailleurs générale.
Les diverses espèces de sutures faites avec les fils métalliqnft sont la suture entrecoupée , quand on réunit des plaies qui tendent peu à s'écarter, et la suture enchevillée, dans le cascoatraire.
Les fils métalliques peuvent être encore employés pour passer des sétons filiformes dans les ganglions suppures , les abcès froids, etc. , pour lier les vaisseaux artériels ou veineux. En général, on les emploie peu pour les ligatures artérielles ; ils ne présentent aucun avantage sur les fils ordinaires, surtout dans l(ft amputations, où il reste un moignon d'artère qui agit toujoQrs comme corps étranger.
Pour compléter ce que nous avons à dire des sutures, noos devons ajouter que le docteur Smith a proposé tout récemment l'emploi du crin de cheval en remplacement des fils métalliques. MM. Pajet, Simon, etc., auraient expérimenté ce procédé avec succès, et il vaudrait la suture avec des fils d'argent.
Sen-es-fines (fig. 250). — Dans ces derniers temps, Vidal
Fiiç. 250.
(de Cassis] a proposé de rapprocher les lèvres des solutions de continuité à Faide de petits instruments auxquels il a donné le nom de serrea-fines.
Les serres-fines de Vidal (de Cassis) ont une direction verticale, comme une pince. Ces serres-fines ont une hauteur qui gène le pansement. Elles peuvent ainsi ôtre ébranlées; de là un tiraillement des bords de la plaie ou une chute des serresfines, pour peu que celles-ci manquent de ressort. Ceci a conduit M. Charrièro à couder la serre-fine dans le point où les branches se croisent, de manière que les deux parties de l'instrument forment à pou près un angle droit. Dans ce nouveau