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CHAPITRE PREMIER

RUBÉFACTION,

La rubéfaclion est cette coloration rouge et douloureuse do la peau, avec un léger gonflement, qui disparaît dès que la stimulation qui Ta produite cesse d'agir.

Lorsque les causes stimulantes sont énergiques ou qu'elles se prolongent pondant un certain temps, il se forme sous la peau des phlyclèiies plus ou moins larges, remplies de sérosité : il y a vésicalion.

On conçoit parfaitement que la plupart des moyens qd doivent produire la vésication peuvent déterminer la rubéfaction ; mais il en est quelques-uns qui sont exclusivement employés pour rubéfier la peau : ce sont le3 sinapismes. Les frictions peuvent aussi déterminer la rubéfaction ; trop longtemps prolongées, elles feront saigner la peau, déchireront Tépiderme, mais jamais elles ne détermineront la vésication.

Nous allons examiner successivement ces deux moyens de produire la rubéfaction, laissant de côté le massage^ qui n*est presque point employé, et qui ne me parait d*une utilité réelle que dans les fausses ankyloses, pour rendre quelques mouvements aux articulations.

Toutefois nous devons avouer que le massage rend quelquefois des services entre les mains des rebouteurs pour certains cas d'entorses. A la vérité, ces manœuvres peuvent souvent causer des accidents ; mais il paraît certain, au dire do médecins dignes de foi, qu'ils ont quelquefois obtenu des succès remarquables. Bonnet et M. Lebastard, qui ont employé le massage dans des cas d'entorse, en ont obtenu de bons effets.

Comment agissent ces manœuvres? Est-ce en favorisant le dégagement des liquides accumulés ? est-ce enémoussant la douleur et la sensibilité; comme pense M. Brulet, médecin distin-

gué de Dijon, qui a publié dans la Revue médicale de celte ville plusieurs faits de ce genre dont il a été témoin? Ou bien ne serait-ce pas plutôt parce que, dans ces cas exceptionnels, quelques parties ligamenteuses ou synoviales déplacées et interposées entre les surfaces articulaires, quelques tendons sortis de leurs rainures osseuses, auraient été remis en place par des frictions exagérées et prolongées ? Quoi qu'il en soit, ces faits méritent toule l'attpntion des médecins ; il ne faudrait pas repousser un moyen utile, systématiquement et uniquement parce qu'il aurait été découvert et employé par des hommes étrangers à l'art de guérir (I).

§ 1. - Frictions.

Les frictions sont assez rarement employées, cependant on les met quelquefois en usage pour assouplir les articulations, pour rendre aux muscles une partie de leur action, ou bien pour rappeler la chaleur à la surface de la peau. On se sert pour cela de brosses plus ou moins rudes, de laine, d'un linge sec et un peu dur, et on les promène rapidement sur la surface de la peau ; mais il faut avoir soin de ne pas déchirer Tépiderme.

Les frictions avec des linges imbibes de liquides irritants sont plus fréquemment employées ; mais quand on veut produire la rubéfaction, c'est surtout aux sinapismes qu'on a recours.

§ 2. — SinapUme.

On donne le nom de sinapisme à une espèce de pâte dont la base est la farine de moutarde, supportée sur un linge, appliquée à nu sur la peau.

La farine do moutarde doit sa propriété irritante à une huile volatile qui se trouve dans les semences du Sinapis nigra. Celle huile se dégage lorsqu'elle est en contact avec un liquide. Mais tous les liquides n'ont pas au môme degré la propriété de faire dégager cette huile volatile : aussi est-il important, pour que le sinapisme agisse rapidement, de choisir le liquide qui isolera plus rapidement le principe actif de la farine de moutarde.

L'eau froide est préférable. M. le professeur Trousseau a démontré que l'oau à la température de 75 degrés coagulait Talbomine qui forme uno des parties constituantes de l'huile essentielle de la moutarde; que les acides concentrés et les alcalis caustiques jouis?aient des mêmes propriétés ; que Teau moins chaude em-

{i) Nélaton^ Éiéments de pathologie chirurgicale, t. II, p. 153.

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