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APPAREIL DE MOP.EL-LAV ALLÉE

Voici comment ce chirurgien décrit son appareil (1).

« La réduction faite, elle doit être maintenue momenlanémenl, en quelque sorte prolongée pendant les dix minutes qu'exige la solidification de l'appareil.

» Il fallait trouver, pour cette contention momentanée, un artifice qui laissât libre et à découvert l'extrémité des fragments qui allaient recevoir la gutta -percha. Les doigts ne peuvent agir sur les fragments qu'en y prenant la place du moule, et ils eu rendraient la pose impossible.

» \oici comment il convient de procéder. Le déplacement le plus opiniâtre, le plus important, est celui qui se fait d'avant en arrière, selon l'épaisseur. Pour m'en rendre maître, j'ai d'abord jeté une anse de fil très-fort autour de la dent, ou des dents implantées dans l'exlrémité du fragment, qui, après la réduction, conservent de la tendance à se reporler en arrière. Les deux bouts de l'anse, ramenés en dehors, sont réunis et enroulés sur le milieu d'un bâtonnet. Ce bâtonnet est confié à un aide chargé, par des tractions autant que possible uniformes, de retenir et d'immobiliser le fragment. Ce fragment se porte-l-il en même temps en haut, les tractions exercées sur l'anse de fil, au lieu d'être horizontales, sont obliques en bas, etc. C'est un moyen qui, non-seulement assure la coaplalion, mais qui sert encore quelquefois à compléter la réduction, quand les doigts seuls y échoueraient. Malgré la difficulté d'obtenir, même pour un temps trèscourt, une traction uniforme, ce procédé réussit; mais le suivant est préférable. Il consiste en une anse de fil de fer recuit jetée autour des mômes dents, et dont on réunit en avant les extrémités en les tordant ensemble avec une pince. Les fragments sont ainsi serrés l'un contre l'autre, et maintenus avec une parfaite exactitude. Quelquefois, afin d'avoir une coaptation et une contention régulières, j'ai dù passer le fil entre plusieurs dents successives, comme dans une sorte de treillage, pour toujours en réunir par torsion les extrémités en avant.

» Maintenant on procède tout à son aise à la confection et à la pose du moule. Une tranche de gutta-percha, d'environ 5 centiinètres de long et de 2 centimètres de côté, est jetée dans de l'eau à 80 degrés. Elle est bientôt amenée à la consistance du mastic de vitrier; par une compression rapide, on donne la forme d'un cône à ses deux extrémités, afin qu'elles puissent s'engaf^er plus facilement entre les arcades dentaires. On arque légèrement la tranche, et on la pose sur l'os fracturé ; tandis que d'une main

(1) Bull, de la Soc. de chirurgie, 1859, t. IX, p. 553.

APPAREILS DE FnACTUUES.

on soutient le menton, de l'autre, on presse de haut en bas sur la tranche jusqu'à ce que le doigt sente la couronne des dents et n'en soit plus séparé que par une couche mince. On rapproche les deux mâchoires, et l'on fait sur le moule des injections d'eau frappée, ou bien, s'il est intelligent, le blessé aspire l'eau à l'aide d'un tube et en dirige le courant sur l'appareil. Dans les deux cas, quelques morceaux de glace introduits dans la bouche hâtent la réfrigération.

» En quelques minutes, la gutta-perclia a repris toute sa solidité. Alors le moule est enlevé, l'anse de fil coupée et retirée. On façonne le moule avec un couteau, en ne lui laissant que le volume nécessaire à sa résistance (fig. 241, E, D).

» Enfin, la fracture est de nouveau réduite avec les doigts, ou, s'il le faut, à l'aide de l'anse de fil de chanvre dont 1. s bouts sont enroulés sur un bâtonnet, et l'on replace le moule. On appuie dessus avec- une certaine force; les dents s'engagent et sont serrées dans les alvéoles. Il tient ainsi, en général, et maintient la fracture de manière à permettre la parole et la mastication sans se déranger, et cela souvent dès le premier jour.

» Lorsque ledéplacement en haul est opiniâtre, il se peut, mais c'est extrêmement rare, qu'on ait besoin d'ajouter un ressort au moule. Ce ressort consiste en une mince lame d'aciei B, dont l'extrémité buccale s'adapte à la face supérieure du moule, où il s'implante par de petites pointes très-courtes, se recourbe sur la lèvre correspondante, et va, par une pelote concave et rembourrée A, s'appuyer sur le menton pour la fracture de la mâchoire inférieure, à l'occiput pour celle de la mâchoire supérieure. Du reste, si ce ressort ôte à l'appareil un peu de sa simplicité, il ne gêne ni la parole, ni la mastication.

«Peut-être se renconlrera-t-il des cas où, hien qu'indiqué, ce ressort serait inapplicable : par exemple, des fractures du maxillaire inférieur compliquées d'une lésion très-douloureuse des parties molles du menton, contusion, plaie, inflammation; il est évident qu'alors la pelote sous-mentale ne saurait être même posée.

» Pour ces cas, s'il s'en présente, je tiens en réserve un autre moyen. Si je ne me trompe, la ligature des dents n'est dangereuse que parce qu'elle porte, non pas sur les dents, mais sur les gencives et sur l'os. Il faut donc l'empêcher de glisser sur le collet de la dent, coiffer la couronne de la dent qui, de chaque côté, confine à la fracture avec un capuchon métallique, asbez mince pour s'engager dans les interstices dentaires, et auquel serait attaché en avant un fil métallique recuit ; la réduction faite,

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