POSITION
soin désirable, les chairs du moignon sont entraînées du côté le plus déclive par la pesanteur.
» Heureusemenl la position qui contribue à produire le mal peut servir à le prévenir ou à le réparer. En même lemps qu'on s'oppose au.x contractions spasmodiques et au déplacemèut do l'os qui en est la conséquence, on doit soutenir les chairs à l'aide d'une plaque concave. . ., et surtout placer le membre dans une position telle, que les parties molles qui entourent l'os le suivent dans son mouvement d'élévation, ou du moins l'abandonnent le moins possible. S'il s'agit d'une amputation à lambeau, on devra, dans les pansements consécutifs, avoir égard au sens suivant lequel le lambeau a été taillé, et disposer le malade de façon que la base du lambeau soit élevée et que celui-ci retombe par son propre poids sur la place à laquelle il doit se réappliquer (1 ). »
Los brûlures qui ont intéressé toute l'épaisseur de la peau, les plaies coutuses qui ont amené la destruction de toute l'épaisseur des téguments, les plaies avec perle de substance, ne guérissent que par la formation d'un tissu cicatriciel dont la rétractiiité tend à rapprocher les parties qui bientôt s'immobilisent dans une situation vicieuse. C'est ainsi que l'on voit des doigts infléchis dans la paume de la main et y rester fixés, l'avantbras fléchi sur le bras el ayant perdu tous ses mouvements d'extension. Il est important, dans ces diverses circonstances, de prévenir par une position convenable les conséquences d'une cicatrisation qui entraîne avec elle des inlu'milés graves souvent incurables. Or, comme les déviations produites sont d'autant plus difflciles à combattre que le travail est plus avancé, il importe de donner de bonne heure au membre une situation convenable. Si la perle de substance existe dans le sens de l'extension, le membre sera tenu dans la flexion ; si la solution de continuité occupe le sens de la flexion, la partie sera tenue dans l'extension.
(( Lorsque le tissu cicatriciel n'existe pas encore, et lorsqu'il est déjà en voie de développement, la conduite du chirurgien doit se borner à favoriser sa formation en même lemps qu'il neutralise ses elfets par une position attentivement surveillée ; lorsque la cicatrice est complète, alors même qu'il est parvenu à conserver aux parties leur situation normale el l'intégrité de leur fonction, son rôle n'est pas terminé ; les cicatrices conservent très- longtemps après leur première formation la force rétraclile qui leur est propre. Ce n'est donc pas assez d'avoir soustrait la
(1; Nélalon, loc. cit., p. 102.
DES PANSEMENTS EN GÉNÉRAL
partie malade à rinfluence de celle rélraclililé pendant la durée (le la maladie, il importe de la proléger conire ses fâciieux cOfels jusqu'au moment très- indéterminé où elle ne sera plus à craindre (I ). »
Nous ne pensons pas qu'il soit nécessaire du décrire longuement la manière de placer les parlies dans la position qui doit être la plus convenable, et nous nous conlenterons de donner quelques indications. Pour lenir un membre élevé, si c'est le membre inférieur, un coussin de balle d'avoine plus rempli à une de ses extrémités suffît lorsque l'élévation ne doit pas être considérable. Une chaise renversée et placée au pied du lit, de manière que la barre supérieure du dossier et la barre antérieure du siège portent sur le matelas, chaise qu'on recouvre d'un coussin, fournit encore un excellent moyen d'élévation. Si c'est le membre supérieur qui est lésé, et si le malade est debout, le bras peut être tenu en écharpe, la main plus élevée que le coude ; si le malade est couché, on peut soulever le bras et l'avant- bras, à Taide de coussins. Nous avons vu Gerdy obtenir d'excellents résultats dans le traitement des inflammations de la main cl de l'avant-bras, en tenant ce dernier élevé perpendiculairement et en le maintenant à l'aide d'un lien, à la corde au moyen de laquelle les malades des hôpitaux se soulèvent et se tiennent assis sur leur lit.
Enfin journellement M. Gusco fait usage avec succès de son mode de suspension déjà décrit (p. 337), non-seulement pour les fractures, mais encore pour toutes les affectious chirurgicales de nature inflammatoire. On conçoit que l'usage du hamac-fanon doit être préféré au procédé de Gerdy décrit plus haut.
Pour faciliter l'évacuation d'un foyer, il faut quelquefois tenir les parties pendantes : c'est ainsi que M. Cloquet a obtenu la guérison d'un abcès de l'avanl-bras dont le fond remontait vers l'arliculation du coude, et dont l'ouverture était placée près du poignet, en faisant lenir la main et l'avant-bras pendants hors du lit.
Pour favoriser le rapprochement des plaies, récartement des tissus divisés par la ténotomie, pour combattre la rélraclililé du tissu cicatriciel, on fera usage de bandages, d'attelles de carton, de bois, etc., d'appareils mécaniques, suivant les cas cl suivant la puissance qu'il faudra employer pour combattre l'efl'ort qui pourrait amener des malformations.
(1) Nélaton, loc. cil., p. 120. — Voyez aussi P. Panas, Des cica/Wcw vicieuses, thèse d'à g;régalion en chirurgie. Paris, 1860.