LEVÉE DU PREMIER APPAREIL
seront les mêmes que celles que nous indiquerons un peu pins loin dans le cas de réunion par seconde intention.
Si l'on a réuni à l'aide de bandelettes, celles-ci seront soulevées doucement, d'abord d'un côté de la plaie, puis du côté opposé, et détachées des téguments jusqu'au niveau de la solution de continuité ; enfin, elles seront enlevées en masse dans le sens de la longueur de la plaie : on ne sera point ainsi exposé à exercer des tractions sur les bords qui présentent déjà un commencement d'agglutination. Si les bandelettes font le tour du membre, celles-ci seront coupées du côté opposé à la plaie et enlevées comme nous l'avons dit plus haut. Celte méthode est appHcable à tous les cas où l'on fait un pansement avec des agglutinalifs : elle doit être suivie aussi bien pour les pansements subséquents que pour le premier pansement; c'est encore à elle qu'on aura recours quand on voudra changer une ou plusieurs bandelettes.
Quand la plaie a été réunie à l'aide de sutures, celles-ci seront enlevées du troisième au cinquième jour ; le chirurgien sera surtout guidé par le degré d'inflammation des petites piqûres qui donnent passage aux fils ou aux aiguilles ; on devra avoir soin de repousser les téguments en sens inverse et en raison directe de la traction que l'on devra exercer sur le fil et sur l'aiguille, pour ne pas exercer de tiraillement. Si l'on a fait usage de la suture entortillée, les fils seront laissés en place et l'on devra attendre qu'ils soient chassés par la suppuration.
L'appareil protecteur des bandelettes et des sutures pourra être enlevé avec soin et renouvelé dès le second jour; cette pratique permet d'examiner l'état de la plaie.
b. Levée du premier appareil dans les plaies réunies par seconde intention. — Nous avons dit plus haut que c'était vers le troisième, le quatrième, ou même le cinquième jour que le chirurgien devait enlever le premier appareil, alors que la sécrétion du pus avait détaché la charpie et les linges qui ont été placés en contact avec les parties saignantes,
La bande sera défaite en la pelotonnant dans la main ; si les tours de bande ont contracté des adhérences entre eux ou avec les compresses sous -jacentes, les parties profondes seront fixées avec les doigts de la main gauche et les parties superficielles décollées avec beaucoup de soin. Les compresses seront séparées les unes des autres avec la même précaution. Il arrive souvent que l'on peut enlever en une seule masse les compresses, la première couche de charpie, et môme la seconde couche, au
Des HNSEMKiNTb EN CÉNÉllAL.
moins eu parue. Enfin lorsque le linge ccralé a empêché loulcs adhérences avec les parties profondes de l'appareil, ou bien que la sécrétion du pus a été assez abondante pour détacher complètement la charpie appliquée au fond de la plaie; il suffit de soulever doucement l'appareil tout autour des lèvres de la solution de continuité et de l'enlever en bloc. Cette méthode est celle à laquelle nous donnons la préférence : nous conseillons môme, dans les cas où la suppuration ne serait pas encore assez abondante pour permettre de la pratiquer, d'attendre que la sécrétion soit devenue assez considérable. Il arrive souvent que quelques brins ou quelques boulettes de charpie restent adhérents au fond de la plaie ; dans ces cas il ne faut point exercer de tractions sur ces parties dès qu'elles résistent à un sirapÎQ ébranlement; il faut attendre au lendemain, la suppuration finira par les détacher. Quelques chirurgiens conseillent d'enlever les parties que l'on n'aurait pu détacher sans tiraillement, en faisant des ablutions d'eau froide : cette pratique est au moins injjtile lorsque la plus grande partie de l'appareil n'est pas détachée par le pus, et il vaut mieux attendre ; cependant on devra toujours humecter les linges, la charpie, quand une très-petite partie de leur étendue est adhérente à la plaie, surtout si cette partie est en même temps unie aux autres pièces d'appareil.
Nous proscrivons (A. Jamain) également les ablutions d'eau tiède pour nettoyer la surface de la plaie du pus qui la recouvre ; si le pus est en trop grande quantité, il sera épongé avec de la charpie bien molle, en appuyant légèrement et jamais en frottant la surface de la plaie. Si la peau environnante est tachée de pus ou de sang, elle sera nettoyée avec une éponge ou un linge mouillé. Ajoutons toutefois que les injections de liquides détersifs, excitants et antiseptiques dans toutes les anfractuosités de la plaie donnent de bons résultats et sont conseillées par la plupart des chirurgiens modernes.
Pour faire le second pansement, on couvre la plaie d'un linge fenêtré ou d'un plumasseau imbibé de liquide alcoolisé, etc., puis on applique une quantité de charpie proportionnée à l'abondance de la suppuration, des compreEses, souvent un morceau de taffetas gommé et enfin une bande. Tel est le mode de pansement que l'on doit employer lorsque les plaies marchent bien. Dans quelques cas on est obligé de modifier ce pansement; ainsi on panse avec de la charpie sèche, on enduit les plumasseaux d'onguent digestif ou d'autres substances médicamenteuses, on est obligé de faire des lotions émollientes, chlorurées, etc. Ces modifications sont exigées par la marche de la