LEVÉE DU PREMIER APPAREIL
plaie : nous ne faisons que les indiquer, ne pouvant, dans cet arlicle, en(rer dans les détails que comporterait ce sujet. Il est cependant un précepte que nous ne devons pas passer sous silence, il s'applique aux fils à ligature : il ne faut jamais exercer de tractions prématurées sur les fils des ligatures, car la déchirure du vaisseau avant son oblitération exposerait à des hémorrhagies consécutives. Dacs presque tous les cas les fils se détachent d'eux-mêmes du sixième au dixième jour pour les petites artères, du douzième au vingtième pour les artères plus volumineuses.
« Cependant, dit Ph. Boyer, je ne saurais désapprouver le chirurgien qui ferait des tractions sur une ligature qui ne serait pas tombée après l'époque que l'expérience nous a appris être Tépoque ordinaire de la chute des ligatures. Si donc, au bout de six ;'i dix jours, je ne voyais pas tomber le fil appliqué sur une petite artère, telle que les mammaires externes dans l'ablation du sein, je n'hésite pas à tirer assez fortement. L'expérience m'a appris que, dans ces cas, une cause s'opposait à la soitie des fils; je ne dis pas à leur chute, car ils sont tombés, ils ont coupé le vaisseau, mais ils sont retenus par les bourgeons charnus qui se sont développés au fond de la plaie et les ont enlacés, il est bon que le chirurgien soit prévenu de ce phénomène ; il est bon qu'il sache aussi que, dans cette circonstance, le tiraillement exercé sur le vaisseau produit la déchirure des bourgeons charnus et un écoulement de sang, phénomènes qui sont en raison de l'ancienneté de la plaie (1). »
.\ moins d'indications spéciales, les pansements doivent être refaits toutes les vingt-quatre heures. Ils seront renouvelés plus souvent si la suppuration est très-abondante, si le pus salit rapidement toutes les pièces d'appareil, et si, par son odeur, il incommode le malade. Nous n'insisterons pas davantage sur ce point, car un chirurgien éclairé saisira facilement les indications qui nécessitent des pansements fréquents 11 est quelques pansements qui se renouvellent à plusieurs jours d'intervalle, tels que le pansement des fractures, ceux des ulcères traités par l'application des bandelettes agglutinatives, etc.
(t) Loc. cU.^ p. 53.
DES PANSEMENTS KN GÉNÉRAL
§5. — PansoincntH vnre«,
Avant d'aller plus loin, examinons dans quel but on renouvelle les pansements, puis nous chercherons à déterminer si quelquesunes de ces conditions ne peuvent pas être négligées, si quelques autres plus importantes peuvent être remplies par des pansements rarement renouvelés; si, enfin, les pansements rares remplissent les conditions indispensables à la guérison des malades.
Les pansements ont pour but d'enlever les pièces d'apparedi souillées par le pus, par conséquent de remplacer des linges > malpropres, répandant une odeur pénible pour les malades ; derenouveler un appareil trop serré ou relâché; de permettre de; surveiller la plaie et de porter remède aux accidents qui pour-raient survenir; de remédier aux hémorrhagies, enfin d'appli-quer sur la plaie des topiques nécessaires à la guérison.
Les pansements rares ne remplissent que très-imparfaitement i la première condition des pansements. Larrey conseille, il estt vrai, d'enlever tout le pus qui pourrait sortir à travers les pièces^ de l'appareil ; en outre on pourrait détacher une partie dess bandes, des compresses, à l'effet de faire disparaître la pluss grande partie de l'appareil souillé par le pus ; mais on en laisse»' toujours une certaine qiiantité qui répand une odeur souventl infecte, inconvénient très-grand pour les malades et pour leurss voisins, surtout dans les hôpitaux. Nous verrons cependant que<> certains pansements rares n'ont pas ce grave inconvénient.
La seconde indication du pansement n'est généralement pass remplie par le pansement rare: cette indication est tellement précise qu'à elle seule elle suffirait pourle faire rejeter. Quand l'appareil est trop serré, il serait blâmable de ne pas faire mimédiatement un autre pansement ; si l'appareil est trop lâche, bien quee l'urgence ne soit pas aussi immédiate, il est indispensable de re^ nouveler le pansement, sans quoi on s'exposerait à voir manquerr le but pour lequel celui-ci a été fait : ainsi, pour les fractures, onn s'exposerait à une consolidation vicieuse. Nous avons deja ditn que les fractures n'étaient pas pansées tous les jours, et cepen-^dant on ne peut pas appeler le pansement normal des f>-aclurcs-; un pansement rare. Le pansement rare des fractures est ce ui qui est constitué par un appareil inamovible applique dans e premiers jours qui suivent In fracture et laissé en place jusqu-i f