PANSEMENTS RARES
tent pas aux méilicamenls d'agir convenablement, et fatiguent le malade en l'arrachant au calme et au repos.
Les pansemenis pourraient à la rigueur être faits à toute heure du jour; mais le plus ordinairement ils ont lieu le matin : on procure ainsi aux malades une journée plus calme. Il vaudrait peut-être mieux panser les malades le soir, car souvent la gêne qu'ils éprouvent, lorsqu'ils ne sont pas pansée, les empêche de dormir : c'est au chirurgien à déterminer lui-même à quelle heure il devra renouveler les pansements; il est impossible d'établir des régies à ce sujet. Si un pansement ne devait être renouvelé qu'une fois dans les vingt- quatre heure.^ et si le malade ne pouvait dormir que difficilement, le pansement ne devrait pas être fait le soir; si, au contraire, le malade n'éprouvait aucune gêne, l'heure du pansement serait à peu près indiiférente. Lorsque les pansements doivent être renouvelés deux fois dans le même jour, ils doivent être faits le matin et le soir, environ h douze heures d'intervalle l'un de l'autre.
Cette question des pansements rares s'est surtout imposée aux anciens chirurgiens qui multipliaient à l'envi les pièces d'appareil ; faire un pansement était un véritable travail et une source d'ennuis et de souffrances pour le malade. Aujourd'hui il n'en est plus de même, plus que jamais, suivant en cela les conseds formulés par M. Sédillot, dès 1 848 (1 ), on s'est efforcé de simphfier le pansement, à tel point que souvent l'appareil est conslilué par un simple morceau d'étolTe de molleton de laine, de flanelle, imbibée de liquide antiseptique ou alcoolique, qui recouvre la plaie, le tout étant enveloppé d'un manchon fai't de loue imperméable,
La question du pansement rare doit donc être posée à un autre pomt de vue; c'est pour éviter le contact de l'air et surtout le contact d un au- infecté de miasmesque les chirurgiens modernes ont défendu cette manière d'agir, et que des tentatives fort heureuses ont été faites par MM. S. Laugier, Chassaignac, Trastour J. (.uerin, Waisonneuve, et surtout par M. A. Guérin,à l'hôpilaî îiaint-Louis. Nous allons examiner ces divers modes dp pansement ^
(1; Ann. de thérapeutique, t. VI, p. 033, \ 8l\S.
DES PANSEMENTS EN GÉNÉRAL
§ O. — PnnscinciKfi» pni' occlusion.
Dès 1844 (1), M. le professeurs. Laugier, préconisa l'emploi de l'occlusion des plaies en suppuration : « Ce pansement consistait dans l'application d'un morceau de baudruche recouvert d'une solution épaisse de gomme arabique (2). De cette façon, la plaie était almtée du contact de l'air, et se trouvait dans des conditions analogues à celles qu'on observe, lorsque les solutions de continuité se cicatrisent sous une croûte, résultant du dessèchement du sang et du pus.
La même année, M. Chassaignac (3) déclara que depuis quelques temps il employait un moile spécial de pansement des plaies, qu'il désignait sous le nom de pansement par occlusion, c'est ce mode de traiter les plaies que nous allons exposer ici.
Dans un travail remarquable dû à M. Trastour (4), de Nantes, les bases et le mode d'application de celte méthode ont été tellement bien exposés que nous ne pouvons mieux faire que de présenter ici les résultats mentionnés par cet observateur. C'est spécialement à l'occasion de fractures compliquées de jambe que M. Trastour a rendu ses démonstrations plus évidenles.
Une fracture compliquée étant donnée, on construit sur la partie blessée une cuirasse avec des bandelettes de sparadrap qui sont croisées et qui se recouvrent par imbrication.
Le croisement des bandelettes est nécessaire à la solidité de la cuirasse ; leur imbrication est indispensable pour prévenir les effets très-nuisibles des bandelettes écartées. Elles ne doivent jamais être appliquées circulairement sous peine d'une imminence d'étranglement. Les cuirasses ainsi construites dmvent toujours dépasser les limites de la lésion. Ces quatre conditions
sont de rigueur. .
L'objet qu'on a en vue, c'est de recouvrir la plaie d une onveloppe protectrice, très-solide, qui constitue le pansement interne
ou immédiat. . . , i- „
Le pansement externe consiste dans 1 application du linge
(1) Comptes rendus de V Académie des sciences, t. ^ï^» P- ^
(2) Dubrciiil, tlièso d'agrégation en chirurgie, p. i9, 180.).
(3) Comptes rendus de V Académie des sciences, t. XIX, p. 1" [II) Arch. gcn.deméd., 1852.