‹ Manuel de petite chirurgie [electronic resource]Chapitre 142 sur 256 · C. La position du membre blessé · texte numérisé non relu

C. La position du membre blessé

3° Quelles sont les règles du renouvellement du pansement ? — Le pansement doit rester en place huit à dix jours. Si le malade soulfre, si la suppuration souille l'appareil, on renouvelle les pièces extérieures jusqu'au linge cératé inclusivement. On explore attentivement les environs de la plaie elle-même à travers la cuirasse. Si celte exploration fait craindre quelque complication, on enlève la cuirasse; sinon, on se borne à en laver la surface avec un liquide contenant quelques gouttes d'eau-de-vie camphrée ou de jus de citron; si la cuirasse s'affaiblit, on la soutient par l'addition de bandelettes supplémentaires.

Pour enlever cette cuirasse au bout du temps fixé, on glisse au-dessous d'elle et avec précaution une sonde cannelée servant a conduire les ciseau.v destinés à couper les bandelettes.

DES PANSEMENTS EN GÉNÉRAL

On lave la surface de la plaie, on la touche avec une soluiion d'azotale irargenl à 5 grammes pour 30 d'eau distillée et l'on reconstruit un pansement nouveau. L'exploration quotidienne est de rigueur.

Nous ne pouvons nous arrêter ici sur les avantages que présente ce mode de pansement, et les circonstances dans lesquelles il est indiqué. Nous renvoyons le lecteur au très-remarquable ouvrage de M. Chassaignac. Nous terminerons par quelques con- .«iidérations sur les heureux résultats qu'on peut en obtenir dans les cas de fractures compHquées de plaie.

« Le pansement par occlusion, dit M. Chassaignac, nous fournit un moyen de différer l'amputation des membres atteints de fractures compliquées. Il y a deux avantages à rester dans l'expectative : 1" on évite quelquefois des amputations qui seralîlaienl indispensables ; 2° on acquiert infiniment plus de chances de succès.

» On sait combien sont rares les terminaisons heureuses des amputations primitives pour cause traumatique, surtout s'il s'agit du membre inférieur; on sait au contraire que l'amputation pour une maladie organique chronique est bien plus souvent suivie de succès. Eh bien ! l'amputation dans la deuxième période du traumatisme nous paraît plus favorable, par cela seul qu'elle se rapproche des conditions de l'amputation pour maladie chronique, et le moyen d'arriver sans danger à cette amputation secondaire nous est fourni par le pansement par occlusion.

» Grâce à ce mode de pansement, nous avons encore adopté comme règle de conduite de ne jamais faire d'amputation de doigts, quelque déplorable que soit l'état de ces afipendices par suite de violences traumatiques. Nous devons à cette pratique H de conserver des doigts qui eussent été sacrifiés inutilement, et en laissant à la nature le soin de séjjarer le mort du vif, d'oblenir des moignons plus longs que ceux qu'une opération régulière eût pu laisser. Il y a avantage même à ne pas détacher tout de suite les bouts de doigts et de phalange qui ne tiennent que par de minces lambeaux. En effet, par cette séparation immédiate, on peut se donner l'embarras d'une petite hémorrhagie et exposer le malade à des douleurs inutiles, le doigt devant peut-être plus tard être détaché plus haut, soit par l'instrument du chirurgien, soit par le travail de la nature elle-même.

» On a exprimé, ajoute l'auteur, des craintes relatives à la production possible de plusieurs accidents sous l'influence du pansement par occlusion. Examinons sommairement ce que ces çr^i(Ues ont de fondé, '

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