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PANSEMENT DE M. LISTER

la plaie ne soit directement irritée par le contact de l'acide phénique. Le pansement est fixé comme de coutume, et peut rester quelques jours en place.

Enfin, plus récemment encore (1), M. Lister fait son pansement externe avec a Vanliseptio Gauze » tissu de coton lâche imprégné d'acide phénique mêlé de résine et de paraffine. La résine joue le rôle de véhicule et la paraffine empêche les adhérences du pansement aux surfaces dénudées, etc. Ce pansement absorbe le pus dans une certaine limite, et maintient une atmosphère carbolique autour de la plaie. Au-dessus de ce lissii de coton, dont on dispose sept à huit couches, on met une toile imperméable.

Le même tissu {antisepiic Gauze) peut être employé pour faire le bandage circulaire compressif du moignon, bandage destiné comme on le sait à empêcher la rétraction des parlies molles.

Dans le cas où Ton se sert de l'emplâtre adhésif ordinaire pour recouvrir les bords de la plaie, on a soin de tremper cet emplâtre dans une solution contenant deux vingtièmes d'acide phénique.

Enfin les parties sous-jacenles, peau, tissu de cicatrice commençant, surface de la plaie, peuvent être préservées de l'action irritante de l'acide par un lissu spécial, analogue d'ailleurs à celui dont nous avons parlé plus haut, et formé de soie huilée, recouverte des deux côtés par du vernis copal, le tout enduit d'une légère couche de dextrine. Ce (( Prolective plasler », comme l'appelle M. Lister, est, en somme, desliné à remplacer les feuilles d'élain primitivement usitées dans le pansement des plaies offrant une assez large étendue.

Les pansements faits par la méthode antiseptique doivent être renouvelés tous les jours, surtout au début, après une amputalion et alors qu'il faut éviter une rétention de liquides exhalés par la plaie nouvelle. Une précaution indispensable à prendre, c'est de recouvrir la plaie d'un morceau de lint imbibé d'huilo phénique, dès que le pansement est enlevé, ou mieux encore, de ne toucher au pansement que sous une nouvelle pulvérisation de liquide anliseplique.

Peu à peu les pansements doivent être éloignés et ils doivent devenir aussi rares que possible, ce qui serait assez facile à meure en pratique, puisque d'après M. Lister et quelques autres cinrurgiens anglais, l'effet presque constant delà méthode est de

UliS l'ANStMENTS KN GÉNÉUAI.

diminuer el presque d'abolir la suppuration. Ce fait a été confirmé par MM. Grenser (1) et J. Lucas Cliampionnière. Ajoutons toutefois que tel n'est pas l'avis de Nunneley (de Leeds), qui loiu de partager l'enthousiasme assez général des chirurgiens anglais conteste, et selon nous bien à tort, les résultats du pansement de M. Lister, d'autant que, de son aveu même, qu'il n'aurait pas expérimenté cette méthode (2).

Malgré ces avantages, la méthode de M. Lister n'a été que peu expérimentée dans notre pays, aussi nous est-il impossible de formuler un jugement à son égard et d'être parfaitement édifié sur sa valeur. Toutefois nous ferons remarquer .que le pansement phéniqué, tel qu'on le fait ici, ne lui ressemble nullement, et que les résultats qu'on en obtient ne peuvent faire préjuger en rien sur la valeur de la méthode antiseptique.

Acide Ihymique. — Cet acide congénère de l'acide phénique a l'avantage d'exhaler l'odeur agréable du thym, tout en jouissant de propriétés antiseptiques énergiques. MM. Bouilhon et Paquet (3), cherchèrent donc à substituer son emploi à celui de l'acide phénique, et des essais analogues furent faits par M. Giraldès (4), qui utilisait un mélange d'eau (900), d'alcool (100) et d'acide thymique (2 ou 4).

Plus récemment enfin, M. Lutz, pharmacien de l'hôpilal Saint-Louis a tenté l'essai de l'acide eugénique, retiré de l'essence de girofle, et a obtenu quelques bons résultats dans le service de M. A. Guérin. Toutefois, ces nouveaux acides n'ontpas encore remplacé l'acide phénique.

(1) Arch. der Heilkunde, 1869. . .

(2) Lasègue, Arch. gén. dewied.,niais 1870, p. 354 (Revue critique).

(3) Bull. Ihérap., 15 juin 1868.

■(4) Moxivemenlrnédical, 1869, p. 172.

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