‹ Manuel de petite chirurgie [electronic resource]Chapitre 154 sur 256 · SUTURES MÉTALLIQUES · texte numérisé non relu

SUTURES MÉTALLIQUES

l'excepliou de la suture entorlillée, toutes se font à l'aide de lils organiques.

Depuis longtemps, cependant, on emploie des fils métalliques pour les sutures ; mais c'est surtout dans ces dernières années que l'usage de ces fils a été plus fréquent, et qu'on les a préconisés, non-seulement pour des sutures spéciales, mais encore d'une façon générale pour remplacer les fils organiques. La suture métallique a été d'abord usitée à l'étranger. Dieffenbach en 1826, Marion Sims (de New-York) en 1845, enfin M, Simpson (d'Edimbourg), employèrentdes fils de plomb, d'argent, soit pour la staphylorrbaphie, soit pour les fistules vésico-vaginales, etc.

En France, Dupuytren, Velpeau, ne font que la mentionner dans leurs ouvrages. Les auteurs du Compendium de chirurgie, et avec eux MM. Malgaigne, Hichet, Rauchet, se montrent peu favorables à l'emploi de celte suture, tandis que Vidal (de Cassis), MM. Verneuil, Follin, Letenneur (de Nantes) et Ollier ont préconisé l'emploi des fils métalliques pour les fistules vésico-vaginales, pour le bec-de-lièvre, enfia d'une façon générale. ^ De tous les reproches adressés à la suture métallique, le principal est une section trop rapide des tissus étreints par l'anse du fil, section accompagnée d'inflammation et pouvant s'opposer à runion des lèvres de la solution de continuité. Or, pour vérifier l'exactitude de ce grave reproche, M, Ollier a fait un certain nombre d'expériences comparatives, qu'il a publiées dans un travail très-intéressant à consulter (1 ). Nous emprunterons à cet auteur les considérations qui vont suivre :

Des expériences de M. Ollier il résulte que les fils métalliques très-fins, fils qu'il nonune capillaires, ont une supériorité marquée sur les fils organiques. Les fils d'argent, de plomb, de fer, de platine, ulcèrent et coupent bien moins vile les tissus que les nis ordinaires. Ce fait vient encore d'être constaté, au moins en ce quiconcerncics fils d'argent, par M. Letenneur (de Nantes) (2). En outre, les fils métalliques développent moins de suppuration sur leur trajet, et celte innocuité relative est en rapport inverse [lu diamètre des fils, ceux d'un volume assez considérable pouvant donner lieu à quelques symptômes inflammatoires. Il résulte des fails précédents que le séjour des fils dans les tissus est plus longtemps toléré, et qu'une fois enlevés ils ne donnent

(1) Ollier, Considérations sur les sulures métalliques (Gazette hebiomadaire, 18G2, n»» 9, 12, 17, 23).

(2) Lelenneur (de Nantes), Note sur f emploi des fils d'argent Ôn chirurgie {Gazette médicale, x>"

«00 RÉUNION DKS l'LAlES.

lieu qu'à une irès-lcgèrc cicatrice, bien moins anparenle que celle des fils organiques.

A quoi sont dus ces divers avantages? A l'inaltérabilité des fils métalliques et à la fixité des points de suture. Cette inaltérabilité est évidente pour les fils d'argent, de plomb et de platiue, mais les fils de fer s'oxydent un peu; aussi, M. Ollier conseillet-il d'employer des fils de fer étamés, surtout quand ceux-ci présentent un certain volume. Non pas que l'oxyde de fer ait une action nuisible sur les tissus, mais il rend la surface du fil irrégulière, rugueuse, ce qui peut avoir de graves inconvénients quand on veut retirer la suture.

Dans toutes ses expériences, M. Ollier a toujours préféré les fils de fer aux autres fils métalliques, et ce sont les sutures faites avec des fils très-fins qui lui ont donné les meilleurs résultats. Lesfiisfins qu'il appelle capî/Zoïres ont de O'^^jOSà 0""", <1 de diamètre. Ils sont parfaitement supportés parles tissus, ils ne donnent lieu à aucune inflammation, aussi peut-on multiplier leur emploi sans inconvénient. Dans les autoplasties, ils peuvent lendre de très-grands services : en effet, les sutures principales placées, ils servent au perfectionnement de l'opération, d'où le nom de fils de perfectionnement que ieur a donné M. Ollier. Quand les plaies à réunir sont peu profondes et que leurs lèvres ont peu de tendance à s'écarler, on doit faire usage des fils métalliques fins. Au contraire, si la plaie est profonde et béante, on doit employer des fils d'un certain calibre : les fils trop fius couperaient les tissus au lieu de les soutenir. Enfin, nous devons ajouter que les règles générales des sutures indiquées précédemment sont entièrement applicables aux sutures métalliques.

Pour introduire les fils métalliques dans les tissus, on peut se servir d'une aiguille courbe ordinaire, surtout si l'on emploie les fi's de fer capillaires. Si les fils ont un diamètre plus considérable, on peut faire usage de l'aiguille de Mariin. Elle est formée d'une lige métallique pointue, creusée d'un canal qui se termine en biseau à la pointe de la tige. On traverse les tissus avec celte aiguille, puis on passe le fil en l'introduisant dans le canal de l'inslrument, (1)

Les fils métalliques fins penvanl être noués comme les fils ordinaires. S'ils présenlent un certain volume, on tord ensemble

(1) Un grand nombre d'autres aiguilles perforées ou non ont été iiivenlccs, ainsi que des porte-aiguilles, en particulier pour la fistule vésico-vaginale et pour la slapliylorrliaphie. Nous ne pouvons y insister dans ce manuel élémentaire.

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