‹ Manuel de petite chirurgie [electronic resource]Chapitre 155 sur 256 · SERRES-FINES · texte numérisé non relu

SERRES-FINES

leurs deux exlrémités. Mais pour les sutures laites dans des cavités profondes, on est obligé d'employer des instruments spéciaux que nous ne pouvons indiquer ici. Cependant nous signalerons un procédé d'arrêt assez simple : il consiste à passer les deux exlrémités de l'anse métallique dans un grain de plomb percé d'un ou de deux trous à cet effet; on peut faire glisser le grain de plomb aussi loin qu'il est nécessaire, et il suffit de l'aplatir avec une pince pour compléter la suture. {Sulure en boulon de Bozeman,)

Pour retirer les fds, rien n'est ordinairement plus facile, il faut les sectionner, soit avec une pince, soit avec de forts ciseaux. Cependant les fils qui pénèlrentprofondément et qui offrent un volume assez considérable sont parfois difficiles à enlever, à cause des inflexions rigidesqu'ils présentent. Aussi faut-il toujours avoir soin de soutenir les lèvres de la solution de continuité quand on relire les points de suture; celte règle est d'ailleurs générale.

Les diverses espèces de sutures faites avec les fils métalliques sont la sulure entrecoupée, quand on réunit des plaies qui tendent peu à s'écarter, et la suture enchevillée, dans le cas contraire.

Les fils métalliques peuvent être encore employés pour passer des sélons filiformes dans les ganglions suppures, les abcès froids, etc. , pour lier les vaisseaux artériels ou veineux. En général , on les emploie peu pour les ligatures artérielles; ils ne présentent aucun avantage sur les fils ordinaires, surtout dans les ampula- Iions, où il reste un moignon d'artère qui agit toujours comme corps étranger.

Serres-lines (fig. 322). — Vidal (de Cassis) a proposé dcrap-

l"io. 322. — Serres-fines.,

procher les lèvres des solutions de continuité à l'aide de pelits mslruments auxquels il a donné le nom de serres-fines

Les serres-lines de Vidal (de Cassis) ont une direction verticale, comme une pince. Ces serrcs-fines ontune liauteur qui cr^ae le pansement, elles peuvent ainsi être ébranlées ; de là un tirail-

JAMAIN. — Petite clilr., 5'cdil. 34

GU'2 RÉUNION DES l'LAlliS.

lemcut des boj'ds de la plaie ou une cliiile des serres-ilnes, pour peu que celles-ci manquent de ressort. Ceci a conduit M.Charricre à couder la serre-line dans le point où les branches se croisent, de manière que les deux parties de l'instrument forment à peu près un angle droit. Dans ce nouveau modèle, il n'y a de vertical que les extrémités prenantes des pinces; le reste est horizontal. La hauteur de l'instrument est donc très-bornée et les inconvénients signalés précédemment sont moins à craindre.

L'application des serres- fines est extrêmement simple : les lèvres delà plaîe sont rapprochées, les bords saignants affrontés et maintenus en place avec une pince ; le chirurgien saisit alors la serre-fine, la presse entre le^ deux doigts dans le point où elle présente sa plus grande largeur. Cette pression doit être d'aulantplus considérable que la serre-fine est plus volumineuse et plus résistante. Les deux mors sont appliqués de chaque côté des bords de la solution de continuité, et lorsque la serre-fine est en place on la lâche et l'élaslicitc du ressort suffit pour la maintenir.

Quelquefois on est obligé de se servir de serres-fines d'un trèspetit volume, alors les doigts éprouvent quoique peine à placer, convenablement l'instrument ; d'autres fois il est nécessaire d'appliquer ces petits instruments dans une cavité ; on se sert^ alors d'une pince spéciale désignée sous le nom de pince porteserre-line : quel que soit d'ailleurs le moyen que l'on emploie, l'application est toujours la même. '

On doit appliquer les serres-fines coudé.is en commençant par | une extrémité de la plaie : on place la première serre-fine à ] l'extrémité droite, de manière à diriger les mors à gauche ; ce i qu'on pourrait appeler la queue de l'inslrument est dirigé^ enj sens opposé. Les autres serres-fines sont appliquées de la même 1 manière en marchant vers l'extrémité opposée de la plaie. Ainsi , placés, ces petits instruments se trouvent imbriqués et forment | une espèce de voûte à toute la plaie, voûte très-solide et pouvant permettre un pansement méthodique. ,

On reprochera peut-être à ce mode de pansement d obliger le i praticien à enfreindre ce principe de chirurgie qui veut que, dans le pansement d'une plaie, les premiers moyens d union soient d'abord appliqués vers le milieu de la solution de conlmuitô. On pourra, pour obéir à ce principe, commencer par l application, sur le centre delà plaie, d'une ou deux serres-fines verticales, de celles que Vidal appelle de sûreté ; puis on fera 1 appiic*tion des serres-fines coudées d'après la règle que nous venons de faire connaître. On pourrait même faire marcher les peines

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