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HÉMORRHAGIE VEINEUSE

ment béante, nous trouverons tous les caractères que nous venons de signaler.

Mais quand la lésion existe beaucoup plus bas vers l'extrémilé d'un membre, sur la radiale par exemple, le bout supérieur donnera un jet de sang saccadé, isochrone aux battements du cœur, rouge vermeil. Le bout inférieur, recevant de Tarière cubitale une grande quantité de sang par les anastomoses de la paume de la main, donnera également un jet saccadé de sang rouge, peut-êlre un peu moins rouge que celui du bout supérieur. La compression entre la plaie el le cœur sur la radiale fera cesser l'écoulement de sang par le bout supérieur; la compression entre la plaie et les exlrémitcs fera cesser l'écoulement par le bout inférieur.

Si les anastomoses ne sont pas aussi larges que celles de h radiale avec la cubitale, le bout inférieur laissera passer encore une certaine quantité de sang ; mais il sera plus noir et coulera en nappe. On conçoit que dans ces deux cas, surtout dans le premier, il sera possible de sentir les pulsations artérielles au-dessous de la plaie, phénomène qui peut se produire encore si un vaisseau ne se trouve divisé qu'en partie.

Dans quelques cas, la plaie des téguments peut être assez étroite pour empêcher le sang de s'écouler entièrement au dehors. Arrêté par les inégalités de la solution de continuité, le sang coule en nappe; mais la plus grande partie du liquide passe lelongde la gaîne des vaisseaux, et fuse dans les mailles du tissu cellulaire, qui sont distendues et déchirées. La peau sera violette, tendue, gonflée ; et il sera impossible de sentir à travers elle les pulsations des vaisseaux divisés ; la tumeur sera agitée de battements profonds, expansifs, isochrones aux battements du cœur.

Rarement l'hémorrhagie artérielle s'arrête seule ; ce n'est que lorsque la plaie est très-étroite et que le sang se coagule à travers les fibrilles du tissu cellulaire, et forme par son caillot une espèce de bouchon qui s'oppose à sa sortie. Cependant, lorsque les tuniques du vaisseau sont complètement divisées, qu'elles se rétractent inégalement, on peut encore espérer voir l'hémorrhagie se suspendre. Enfin des syncopes longtemps prolongées peuvent faciliter l'hémostase.

'2° Hémorrhagie veineuse. — L'hémorrhagie veineuse est caractérisée par un écoulement de sang noir en jet continu ou en nappe. L'écoulement cesse lorsqu'on comprime entre la plaie et les capillaires; il augmente lorsque Ton comprime entre la plaie et

^'^^ DE L'HÉMOSTASE.

le cœur, ou si l'on fait contracter les muscles d'où viennent les vaisseaux blessés. vi-iineni les

Quand une veine volumineuse est divisée entièrement el que les b rds de la plaie permettent au sang de s'échapper faciK^^^ au dehors, les caractères que nous avons indiqués plus hau ex stent tous; mais si une portion seulement du calibre d v sseau est dmsee, une partie de la colonne du sang remonte v rs Je cœur, et l'autre partie coule en nappe par les bo^rds de la plai Sil on comprime entre la plaie et le cœur, tout le sang s'échappera par la plaie en formant un jet dont le volume sera en raison de la grandeur de l'incision. C'est ce phénomène qui se passe dans la saignée. '

Lorsque les bords de la plaie ne sont pas parallèles à ceux de la veine le sang s'épanche dans le tissu cellulaire et forme une tumeur designée sous le nom de thrombus

Le plus souvent l'hémorrhagie veineuse s'arrête spontanément.

Hémorrhagie capillaire. — L'écoulement de sang à la suite des hemorrhagies capillaires n'est jamais très-considérable à moins qu d n'existe quelques prédispositions particulières En eilet on a observé des individus chez lesquels des hémorrhagies capdlaires survenues à la suite de blessures insignifiantes ont pu causer la mort. Nous ne parlerons pas de ces cas exceptionnels (1). ^

Le sang qui s'écoule par les vaisseaux capillaires est plus rouge que le sang veineux, moins rouge que le sang artériel, et coule en nappe.

Il est important de noter que pour toutes les hémorrhagies le sang a d'autant moins de tendance à s'arrêter que les pertes de sang ont été plus considérables, ou qu'elles se sont succédé avec une plus grande rapidité. En effet, le sang est plus séreux ; il entre dans sa composition une bien moins grande quantité de fibrine ; le caillot se forme beaucoup plus difficilement (2).

En résumé, le pronostic des hémorrhagies varie : 1 " avec la na-

(1) Voyez : Sansoii, Des hémorrhagies traumatiques, thèse de concours de clinique chirurgicale, d83G. — Dequevauviller, thèse de Paris.

(2) Celte opinion n'est pas partagée par tous les chirurgiens, et les faits de guérison des anévrysmes par la méthode de Valsalva semblent prouver que la diminution du liquide sanguin n'entraîne pas fatalement une diminution dans sa coagulabililé.

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