RÉFRIGÉRANTS
ture du vaisseau blessé : aussi les hémorrhagies artérielles sontelles beaucoup plus graves que les hémorrhagies veineuses; 2» avec le calibre du vaisseau : c'est ainsi qu'une liémorrhagiè artérielle peut être moins dangereuse que celle qui tient à°la lésion de la veine principale d'un membre, la fémorale par exemple; cette lésion serait même plus grave que celle de l'artère correspondante.
Hémostase ou traitement. — Un grand nombre de moyens plus ou moms rationnels ont été conseillés pour arrêter les hémorrhagies ; toutefois ils ne sont pas également efficaces, et d'ailleurs ne peuvent pas être appliqués à tous les cas.
<" i6sor6anis. - La charpie, l'éponge fine et sèche, l'agaric de chêne, les toiles d'araignées, sont souvent employés pour arrêter les hémorrhagies. Chacune de ces substances n'agit pas d une manière spéciale ; il en est de même des poudres inertes telles que la colophane, que l'on place quelquefois à la surface d une plaie saignante ; elles forment avec le sang une espèce de magma solide, qui n'arrête l'hémorrhagie qu'en apportant à 1 écoulement sanguin une digue qu'il ne peut franchir
Les absorbants les plus commodes sont ceux qui, sous forme de poudres, peuvent être facilement introduits dans le fond des solutions de continuité. Dans tout autre cas les substances absorban es doivent être assez souples pour s'adaptera la forme des parties : c est ainsi qu'il faut, lorsque l'agaric présente une résistance assez grande, le frotter entre les doigts, afin d'en augmenter la souplesse. °
arrA^.?^''"''.'''"'' T^' °' P'""'"' ^^''^ '"Js ^» ^sage que pour arrêter une liemorrhagie capillaire, encore faut-il que celle ci sou peu cens dérable ; cependant, unis à la compressi n i eu-
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608 DE L'HÉMOSTASE
L'eau froide est souvent employée pour arrêter les hémorrliagies. On a reproché aux réfrigérants de causer une réaction vive qui détermine une inflammation quelquefois très-intense ; mais leur plus grand inconvénient est de permettre à l'hémorrhagie de reparaître aussitôt qu'on en a cessé l'emploi.
C'est ici le lieu de parler d'un précepte que des chirurgiens ont conseillé lorsque l'on a terminé une opération : il faut laver les parties avec de l'eau tiède. En agissant ainsi, le sang, que la constriction des parties avait empêché de couler, s'échappera des vaisseaux que l'application d'une douce chaleur rendra perméables ; les vaisseaux pourront donc être liés, et les hémorrhagies consécutives en deviendront d'autant moins fréquentes.
3° Stypliques. — Aslringenls. — Les solutions de sulfate di^ fer et de cuivre, l'alcool, Veau de Rabel, Veau vinaigrée et le per-j chlorure de fer, sont les slyptiques le plus souvent usités ; ila> agissent en resserrant les tissus, par conséquent le calibre des vaisseaux, et en facilitant ou en provoquant la coagulation da sang. Leur action présente donc beaucoup d'analogie avec celle des réfrigérants ; on leur a reproché les mêmes inconvénients. Ils sont en général employés à l'état liquide, rarement à l'état pulvérulent ; c'est alors la poudre d'alun dont on fait le plus fréquenlj usage. Les eaux hémostatiques, dont on a si longtemps abusé e{ dont on abuse encore la crédulité du public, ne sont autre chose que les liquides styptiques qui resserrent les tissus et facilitent la coagulation du sang ; elles n'ont pas de plus grandes vertus que les liquieds que nous avons mentionnés au commencement; de cet alinéa.
Les réfrigérants, les slyptiques, ne peuvent être mis en usage que pour arrêter des hémorrhagies capillaires ; il ne faut jamais compter sur leur action lorsque le calibre des vaisseaux divisés est assez considérable.
4° Compression. — Elle peutêtre perpendiculaire au vaisseau : c'est la compression directe ; ou parallèle au vaisseau : c'est '" compression latérale.
La compression peut se faire au moyen des doigts d'un aide mais alors elle n'est généralement que provisoire ; il en est de même d'une pelote que l'on maintient sur le vaisseau. Pour éla blir une compression définitive, on se sert de compresses graduées plus ou moins épaisses, de bourdonnets de charpie , de disques d'agaric superposés en pyramide, etc. Mais il est trois
TOURNIQUET DE .1. l. PETIT.
appareils spécialement employés pour faire la compression : ce sont le garrol, le tourniquet et le compresseur.
1 » Le garrot de Morel (1674) n'est autre chose qu'un lien circulaire fortement serré au moyen d'un bâtonnet que l'on fait tourner, afin de diminuer la largeur du lien, en le tordant. L'application du garrot a été irès-perfeclionnée : par exemple, comme par ce procédé il faut serrer très-fortement les parties molles, on a placé en avant du vaisseau, entre le lien circulaire et les parties molles, une compresse graduée sur laquelle la compression est principalement exercée; sur la partie opposée à la compresse graduée, on met une lame de corne, d'ivoire, afin de donner un point d'appui au bâtonnet. Celte plaque doit s'adapter sur les parties molles dans une assez grande étendue, afin d'empêcher
FiG. 323. — Tourniquet de J. L. Petil modifié.
le plissement de la peau qui pourrait résulter de la conslriction.
2° Le lourniquel, imaginé au commencement du dernier
'>lt> DE L'HÉMOSTASE.
siècle (1716) par J. L. Petit, a été perfectionné en Angleterre en Allemagne, en France. Il présente sur le garrot l'avantagé d'exercer la compression sur une partie beaucoup moins étendue, sur le vaisseau seulement, et de pouvoir être appliqué à demeure, tandis que le garrot doit toujours être surveillé et même
FiG. 324. — Compresseur de Dupuylren modifio'.
maintenu par un aide : aussi le garrot n'est-il employé que lorsqu'on manque de tourniquet, car il peut êire facilement improvisé ; pour cela il suffit, en effet, d'un lien circulaire et d'un morceau de bois.
Le tourniquet de J. L. Petit, modifié par D. Larrey (fig. 323), se compose : l" d'une plaque garnie d'un coussin destiné à garantir les parties sur lesquelles elle repose ; 2° d'une seconde
COMl'UESSËUH DE DUPUYTKËN.
plaque mobile à l'aide d'une vis, et qui en s'éloignaiit de la première entraîne un lacs qui à son tour affaisse la pelote compressive sur le vaisseau, et par conséquent le comprime. La plaque inférieure a une étendue transversale de 1 2 centimètres environ ; la plaque supérieure n'est large que de 6 centimètres.
3° Le compresseur de Dupuytn-n n'est autre chose que le tourniquet de J. L. Petit, dont les lacs sont remplacés par un arc métallique brisé à sa partie moyenne, et dont les deux parties viennent s'engager l'une dans l'autre. La pelote inférieure est placée sous le membre, la pelote supérieure sur le vaisseau, et il suffit pour comprimer de faire descendre celle-ci au moyen d'une vis. Cet instrument est fort commode, n'exerce aucune pression latérale ; malheureusement il se dérange quand le malade fait le moindre mouvement; de plus^ il a un poids assez considérable.
Ces divers inconvénients ont fait perfectionner l'appareil de Dupuytren, et les modifications ont porté sur l'arc métallique, et sur le mécanisme qui fait mouvoir la pelote compressive (lig. 324). L'arc métallique, C, a été pourvu de brisures à charnières et à rallonges ; il se compose de deux lames d'acier recourbées pouvant glisser l'une sur l'autre de manière à former un demi-cercle. Ces lames sont maintenues l'une contre l'autre à l'aide d'anneaux et elles sont arrêtées grâce à une vis de pression. Aux points où l'arc métallique s'unit aux colonnes conipressives existe une^'brisure à charnière réglée par une vis D,E. La pelote de pression A est mue par un mécanisme analogue à celui qui existe dans le tourniquet de J. L. Petit.
On a encore construit un certain nombred'autres compresseurs^ parmi lesquels nous signalerons les compresseurs à pression continue de Charrière et de M. M. Duval, qui paraissent être appelés à rendre de réels services.
Le compresseur à pression conlinue de Charrière est construit de façon à utiliser la force élastique, développée par la tension des ressorts métalliques. Dans ce but, les bandes qui relient les pelotes destinées à la pression et à la conire-pression exercent leur action non directement sur les pelotes, mais sur deux lames d'acier trempées en ressort, qui supportent à leur centre les pelotes compressives.
M. Charrière a fait fabriquer deux modèles de ces compresseurs : dans l'un (fig. 325), la pelote dépression est directement