CHAPITRE VI
CAUTÉRISATION
I-a cautérisation est une opération à l'aide de laquelle on désorganise rapidement les tissus vivants, soit à l'aide de la chaleur, soit à l'aide de certains agents chimiques, soit enfin, en se servant du courant électrique
Les subslances qui désorganisent les tissus par action chimique sont dites caustiques ou cautères potentiels. Tous les instruments ou appareils rougis au feu sont dits cautères actuels ou sont simplement appelés cautères (2). Enfin, l'action cautérisante de l'électricité sera étudiée plus loin sous la dénomination de gal^ vano-caustique.
(1) Lnmberl, toc. cit., p. 23.
(2) On doit en rapprocher la cautérisation avec le cautère à gaz.
(;AliTfiRlSATION.
^1. — CauMiiqilC.o,
Les caustiques sont des substances qui en contact avec los tissus vivants se combinent avec eux, ou leur empruntent une partie des éléments qui les constituent. De là, une décomposition dont le résultat fatal est la désorganisation des parties soumises à leur action et la formation d'une eschare ou portion de tissu mortifiée.
Les anciens divisaient les caustiques en deux sections : les escharoliquLs qui agissent profondément sur les tissus vivants, et les cathéréliques dont l'action est beaucoup moindre. Cette division n'est pas admissible, en ce sens qu'on ne peut déterminer nettement la limite de ces deux ordres de substances et qu'en outre l'action cautérisante est fréquemment subordonnée à la quantité de caustique employée et à la durée de son application.
Les caustiques sont utilisés à l'état solide, mou et liquide. Nous allons décrire les principaux de ces agents, et indiquer la jîianière de les-employer.
4° Caustiques solides. — a. Potasse caustique, pierre à cautère. — La potasse caustique, préparée à la chaux ou à l'alcool, est un des caustiques solides dont on fait le plus fréquent usage. On l'emploie: 4° pour établir des cautères ou fonlicules, comme nous le verrons plus loin dans un paragraphe spécial ; 2° pour ouvrir des abcès, lorsque par exemple les malades pusillanimes ont peur de l'instrument tranchant, ou bien lorsque les abcès sont situés trop profondément. On s'en sert encore quand on a besoin d'établir des adhérences entre les diverses couches qu'il faut traverser, à l'abdomen, par exemple, dans les abcès du foie. En outre, il est certains abcès froids qui doivent être ouverts avec la potasse caustique.
La règle à suivre dans l'application de ce caustique est exactement la même dans tous les cas.
La première chose à faire est de bien saisir l'indication qui se présente. Veut-on avoir une ouverture étroite dans un abcès froid, il faut user du moyen employé pour la formation d'un cautère. Si, au contraire, on doit faire une large ouverture, ou pratique sur un morceau de diachylon une fente un peu moindre que la longueur que l'on veut donner à la solution de continuité ; puis on place sur cette ouverture de petits fragments de polasse