Le caustique nitrique solidifié de M. Rivallié
M. RivaUié dispose dans un vase de terre des gâteaux de charpie dont les dimensions sont en rapport avec l'étendue du tissu qu'il veut détruire, et verse dessus goutte à gout'te une certaine quantité d'acide nitrique à son plus haut degré de concentration. Du mélange de ces deux corps résulte une pâle gélatineuse à laquelle il donne la forme nécessaire pour qu'elle puisse s'appliquer facilement sur les tissus morbides, les tissus sains environnants étant protégés i)ar des compresses mouillées. Le caustique est laissé en place pendant quinze ou vingt minutes, puis enlevé avec précaution ; on le remplace par des gâteaux de charpie imbibés d'eau, ou mitaix d'une solution de sulfate acide d'alumine et de potasse ; ces gâteaux doivent être entretenus dans un état constant d'humidité.
Lorsque le chirurgien veut détruire une tumeur maligne volumineuse, il peut laisser le caustique en place pendant vingtquatre heures, dans ce cas on recouvre le caustique de gâteaux de charpie mouillée et l'on maintient le tout avec quelques compresses et une bande.
Les douleurs qui surviennent à la suite de l'emploi de ce caustique ne sont réellement vives quelorsqu'on estobligé d'attaquer la peau; en effet, s'il agit sur des tumeurs ulcérées, les douleurs cessent au bout de deux ou trois heures. Lorsque le caustique est resté en place pendant vingt-qualrd heures, on trouve le lendemain une eschare épaisse, jaune, de consistance de champignon et pouvant facilement s'enlever avec le bout d'une spatule. Celte cautérisation peut être renouvelée tous les jours jusqu'à destruclion complète de la (.urneur.
i/acjde azoïique ?} été quelquefois solidifié on encore rendu
CAUTÉRISATION
pâteux par son mélange avec de l'amiante (Ferrand), de la fleur de soufre (Bourdin), du safran (Ganquoin).
3° Caustiques liquides. — Les caustiques liquides agissent avec beaucoup de promptitude et d'énergie ; on peut facilement les mtrodmre dans des plaies étroites; ils se glissent dans les antractuosites, et sont souvent d'une grande ressource pour détrun-e les virus ou les venins. Préférables aux caustiques solides dans ces derniers cas, leur emploi est beaucoup plus facile ; car agissant immédiatement, on peut enlever par le lavage le caustique qui^ reste sur la surface que Ton vient de cautériser, et il n'est pas à craindre, quand on prend quelque précaulion, que la cautérisation s'étende loin de l'endroit où l'on veut l'appliquer.
Pour faire usage des caustiques liquides, on trempe dans la liqueur un pinceau fait avec quelques brins de charpie, ou mieux, quelques brins d'amianle fixés à l'exlrémité d'un petit morceau de bois ou de baleine. Si le caustique est énergique et SI l'on veut produire une escliare superficielle, on enlève, en pressant sur le bord du vase, la plus grande partie du liquide contenu dans le pinceau, de manière que celui-ci ne soit que mouillé.
Si l'on veut cautériser une plaie étroite, il suffit de tremper un petit morceau de bois dans le liquide, el de déposer, dans l'inléj ieur de la plaie, la goutte qui reste à son extrémité.
Les caustiques liquides sont très-nombreux :
a. Acides concentrés. — Les acides sulfurique, azotique, chlorhydrique sont peu employés. Ce sont des caustiques Irès-puissants, mais leur application esl douloureuse; il faudrait en faire usage, faute de mieux, si l'on avait à cautériser une plaie résullanl de la morsure d'un cbien enragé.
Bretonneau a préconisé l'emploi de l'acide chlorhydrique mélangé avec le miel rosat, pour cautériser les ulcérations de la bouche ; d'ailleurs, on fait aussi usage de ce dernier acide étendu, et même pur, pour cautériser les gencives dans les cas de salivation mercurielle. L'eau régale, dans laquelle on avait fait dissoudre un centième d'or, a été utilisée pour cautériser les ulcérations cancéreuses et les lupus. Celte cautérisation est extrêmement douloureuse.
. L'acide chromique, agent oxydant des plus énergiques, s'emploie en solution concentrée au tiers ou par moitié, et détermine des eschares brunes. 11 a été plus particulièrement utilisé pour détruire les végétations (Marshall); appliqué avec de la charpie,