ACIDES CONCENTRÉS
sur laquelle on verse sa solulion très-concenlrée, il donne naissance à une vive chaleur, la charpie est rapidement détruite ainsi que les tissus sus-jacents. Cette cautérisation si douloureuse pourrait s'employer dans les cas qui réclament le fer rouée (Busch). Le même effet est obtenu avec l'aciJe solide ou pâteux Enfin, récemment on a préconisé l'emploi de l'acide phénique iquide, ou, pour mieux dire, en solution concentrée, pour traiter les plaies envenimées. Nous croyons que, lorsqu'il s'agit de morsures d animaux venimeux ou enragés, il ne faut avoir qu'une (rej-mediocre confiance dans l'efficacité de ce caustique évidemment trop faible. '
1). Chlorure d'antimoine. — C'est un des caustiques les plus violents; il sert surtout à cautériser les plaies d'animaux enrages ou^ venimeux. Celte cautérisation est extrêmement puissante tres-douloureuse, et est toujours suivie d'une infiammalion locale qu il faut combattre au moyen d'un traitement approprié.
c. Azotate acide de mercure. — Ce caustique est souvent emp oye pour cautériser le col utérin ; il cause peu de douleur et produit d excellents résultats. Quand il a été appliqué, il faut avoir som d essuyer la partie cautérisée avec de la charpie de crainte que quelques gouttes ne viennent à tomber sur le va^in et ne fo,.ment une eschare inutile. Le nitrate acide de mercure doit toujours être employé concentré ; étendu d'une, petite quanme deau, i n agit plus que par son acide nitrique, dont l'eau s empare, et le nitrate de mercure se précipite en jaune, n'étant maintenu en dissolution que par un excès d'acide. Ce sel peu être absorbé et produire de la salivation mercurielie.
d Ammoniaque. — Depuis que Bernard de Jussieu a, dans une herborisation aux environs de Paris, obtenu un résultat si avantageux de l'emploi de ce caustique sur un étudiant qui avait ele mordu par une vipère, l'ammoniaque est regardée comme un spécifique contre la morsure de ces espèces d'animaux. Gerdv a employé également l'ammoniaque avec beaucoup de succès sur son frère mordu par une vipère (ij.
Mélangée avec de la graisse, l'ammoniaque forme la pommade de Gondret, dont nous avons déjà parlé en décrivant li vé-
(1; Traité des pansements, t. II, p. 152, 2" édition.
CAUTÉRISATION
e. Solution d' azotate d'argenl. — Souvent employ<!e pour cautériser la surface des plaies, la solution de nitrate d'argent fornrie des eschares tout à fait semblables à celles que pourrait l'aire le nitrate d'argent fondu. Elle a été préconisée pour la cautérisation de la trachée-artère dans les cas de croup, avant et après l'opération de la trachéotomie. On a encore vanté ses effets pour cautériser les pustules de variole au début, afin d'empêcher leur développement à la face et d'éviter les cicatrices.
f. La solution caustique d'iode, préparée en faisant dissoudre de l'iode dans une solution d'iodure de potassium, est souvent employée pour cautériser les ulcérations des tumeurs scrofuleuses ; elle produit des résultats assez satisfaisants.
g. 11 est bon nombre de solutions qui sont encore employées comme caustiques : telles sont les solutions de potasse, de sulfate de cuivre, de deulochlorure de mercure, etc. ; elles sont d'un usage peu fréquent, et agissent, comme ces mêmes substances, à l'état solide.
Le docteur Macke (de Sorau) emploie depuis quelques années et avec les meilleurs résultats le collodion caustique, solution de 4 grammes de deiitochlorure de mercure dans 30 grammes de collodion, pour détruire les îiceut materm, surtout chez les enfants.
L'application de ce caustique est facile et se fait à l'aide d'un fin pinceau de poils de vache ; on peut avec précision et certitude limiter son cercle d'action, et sa dessiccation est si prompte, qu'il est impossible qu'il étende son action aux parties saines voisines, ou que le malade puisse l'enlever.
S'il survient une forte inflammation, on a recours à des applications froides ; l'eschare qu'il détermine est solide, d'une épaisseur d'une à deux lignes, suivant qu'on a fait une ou plusieurs applications successives; elle se détache après trois ou si.\ jours, et la guérison a lieu par une cicatrice non difforme.
La douleur est rarement intense et cesse assez rapidement. L'auteur assure qu'on n'a rien à craindre quant à l'intoxication.
D'un autre côté, le docteur G. Finco de Padoue préconise l'emploi du collodion au sublimé pour détruire les condylomes. Enfin, Debout conseille un mélange de collodion et de subhmé pour faire avorter les pustules de la variole.
h, La solution de perchlorure de fer, toujours acide, peut être