‹ Manuel de petite chirurgie [electronic resource]Chapitre 182 sur 256 · INJECTIONS CAUSTIQUES · texte numérisé non relu

INJECTIONS CAUSTIQUES

toxique sur l'économie, telles sont les pâles arsenicales, qui ont cause des accidents formidables et même la mort(<).

Les caustiques avec le deulochlorure de mercure peuvent également entraîner la mort. Pibrac, dans les Mémoires de l'Académie, de chirurgie, en rapporte trois observations.

D'autres caustiques, sans causer des accidents aussi formidables doivent être surveillés avec soin : tels sont ceux dans lesquels Il entre des sels de cuivre, le nitrate acide de mercure On a vu une seule cautérisation avec celte dernière substance produire la salivation.

Pour éviter les accidents, il n.e faut jamais étaler ces divers caustiques sur de trop grandes surfaces, ni sur des surfaces saignantes, qni absorbent beaucoup plus facilement que les surfaces recouvertes de bourgeons charnus (2).

Injections caustiques. — Avant de terminer ce paragraphe il nous paraît utile de dire un mot des injections caustiques fai'tes d abord en Angleterre, puis en France, pour détruire ou modil.er les tumeurs, car c'est surtout à ce dernier point de vue nue se sont p aces les chirurgiens anglais (Broabdent, Simpson, etc.)

Toutefois, maigre les recherches de JIM. Luton, Richet et Nélaton celte méthode thérapeutique est encore bien peu entrée dans la pratique. • ^

clZlT^'T ^Y^' "''^''ï"" Pli.s.spécialement re-

resuhats ï p'"j! ' '''^''^'^J.^'^ ^^"croïdes, et sans grands résultats. M. R.che se servit d'injections de chlorure de zinc (une a cinq gouttes) pour traiter des loupes, un goîlre. des vdénites suppurées. Mais, dans ces divers cas l'in ectio , po lant son action causfque sur les tégumeuls, elle agissait cômméles

■T^ulTe^S!"^'"^^'^^-'^-' ^'--^-^'-^"'e'-e donVaU Les phénomènes sont tout autres lorsque l'injection caustique est faite dans la profondeur des tissus, à l'abri- de l'air- il Ta forma ion d'une sorte d'eschare, mais celle-ci ne s'élimine p^as le s enkyste et se résorbe peu à peu. Tels sont T mo n; les résultats obtenus par M. Nélaton (3), qui jusqu'ici s'e"t borné

(1) Diclionnaire de chirurgie pratique, t. I, p. 159, art. Arsenic

(2) Pour plus de détails, consulter Ch. Sarazin Nouv n^, l. % en chirurgie, 1869. ' ' ^'^ ' ' ^ ^'^^ ' ^ h. Ana^er, thèse d'agrégation

(3) Th. Anger, thèse cilée, p. 67, 81.

CAUTÉRISATION

à des expériences de physiologie pathologique et n'a Hen publié sur l'application pratique <h ce procédé.

Pour faire ces injections, nous croyons qu'il est très-utile de se servir de l'appareil représenté dans la figure 336.

FiG. 336. — Seringue à récipient pour injections caustiques.

C'est une seringue de PravazC, D, à laquelle est ajouté un cylindre de verre A, garni de platine à ses deux extrémités et offrant, en guise de canule, une aiguille creuse B en or ou en platine. Le liquide caustique, aspiré par la seringue de Pravaz entre dans le récipient de verre; de cette façon le piston de 1 appareil n'est pas détérioré et la seringue peut servir a d autres usages.

CAUTÉPiISATlON PAR LA CHALEUR.

§ *• — €«iitérîsntion par la ciialcur.

Il est plusieurs moyens à l'aide desquels la cautérisalion par la chaleur est possible.

Telles sont : la cautérisalion avec les métaux chauffés à divers degrés, les cautérisations avec les hquides bouillants, la cautérisation par des corps que l'on fait brûler lorsqu'ils sont en contact avec la partie que l'on veut cautériser, par exemple : le phosphore, les diverses substances dont on fait des moxas ; enfin la cautérisalion par les rayons solaires et par la pile (voy. Galvanocaiislique).

De la cautérisation avec les métaux. — Les appareils métalliques que l'on emploie pour cautériser ont reçu le nom de cautères; ce sont des instruments le plus souvent d'acier, composés d'un manche, d'une tige et d'une extrémité.

Les anciens se servaient de plusieurs espèces de métaux, l'or, l'argent, etc. ; ils espéraient par ce moyen obtenir une cautérisalion différente, parce que le métal n'était pas le même ; mais on a fait justice de ce singulier préjugé. On préfère les cautères d'acier, parce qu'ils s'oxydent moins facilement que les cautères de fer, et que, comme ceux-ci ils changent facilement de couleur à des températures différentes, ce qui permet d'apprécier à peu près leur température. On a préconisé les cautères de cuivre, car ce métal conduit mieux la chaleur que le fer, agit plus vile, et, par conséquent, cause moins de douleur ; mais il n'a pas l'avantage de changer aussi facilement de couleur que le fer. Enfin, par son inaltérabilité, le poli de sa surlace, son pouvoir rayonnant, le platine serait peut-être préférable, si ce n'était son prix élevé (Ch. Sarazin).

La tige du cautère est longue de 20 à 25 centimètres environ, étroite, cylindrique, et terminée en haut par une partie plus large qui en établit la limite supérieure ; son extrémité inférieure, appelée soie, s'engage dans la partie métallique du manche où elle est retenue à l'aide d'une vis de pression qui pénètre dans une échancrure creusée sur une des faces (fig. 337, 9).

Le manche (fig. 337, 10) se compose d'une partie métallique qui s'enchâsse dans un morceau de bois assez allongé, de 1 2 à 4 5 centimètres environ. Tantôt elle est à demeure; d'autres fois la soie se trouve fixée dans le manche par une vis de pression ou

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un ressort, de sorte que le môme manche peut servir à plusieurs cautères.

M. Cliarrière a naguère imaginé une pince spéciale à pression

FiG. 337. — Cautères divcr?.

continue et à point d'arrêt, pour saisir la soie du cautère. Cet instrument (fig. 318, A, B) est beaucoup plus commode que le manche mentionné plus haut,

FiG. 338. — Cautères et pince porle-cautères.

CAUTÉRISATION

d'après sa forme que les caulères ont reçu leur nom. Tels sont les cantèros en roseau conique (fig. 337, 9), cutellaire ou en rondache (fig. 337, 16), circulaire ou nummulaire (fig. 337, 17), olivaire droit (fig. 337, 15), oliiiai7'e courbe [ûg. 337, 18), etc. Déjà assez nombreux, les cautères l'étaient bien davantage autrefois, car Anibroi^e Paré a pu en figurer quarante espèces.

L'extrémité du cautère doit avoir assez de volume pour qu'il puisse s'y accumuler une quantité de calorique telle, que le cautère soit chaud pendant un temps suffisamment long : aussi faut-il, lorsque cette extrémité est effilée, qu'il y ait, un peu au delà de la courbure de la tige, une espèce de boule qui concentre le calorique (fig. 338, D).

Il arrive souvent que le chirurgien n'a pas sous la main un cautère ; il peut alors le remplacer par une lige métallique quelconque. C'est ainsi qu'on se sert souvent de ces tiges dont les femmes font usage pour relever et arrondir les plis des garnitures de leurs bonnets.

Le cautère doit être chauffé dans un réchaud où brûle du charbon de bois dur, dont on active la combustion à l'aide d'un soufflet. 11 faut avoir soin, lorsque le manche est fixé au cautère d'une façon pi rmanente, de le tenir assez loin du foyer pour qu'il ne vienne pas à brûler.

Le degré auquel doit être chauffé le cautère varie avec le résultat qu'on veut obtenir. Veut-on avoir une cautérisation profonde et rapide, on chauffe jusqu'au rouge blanc; le rouge jaune, le rouge-cerise, le rouge obscur, cautérisent plus lentement et à des degrés beaucoup moindres; le rouge gris est le plus faible degré que l'on choisisse. 11 est bon de noter que la douleur est en raison inverse de l'intensité de la chaleur accumulée dans le

On peut distinguer trois espèces de cautérisations : la cautérisation inhérenle, la cautérisation transcurrente et la cautérisation objective.

a Caulérisalion inhérenle. — La cautérisation inhérente est celle qui est le plus souvent employée. Elle consiste à appliquer un cautère très-fortement chauffé sur une partie que l'on veut profondément désorganiser. Immédiatement après son application, il se forme une eschare plus ou moins épaisse, selon la chaleur du cautère et la nature des tissus cautérisés. Si l eschare n'était pas assez profonde, il faudrait employer plusieurs cautères, mais ne pas laisser le premier appliqué pendant plus de cinq ou six secondes. En effet, le cautère se refroidit très-rapidement, cause

line plus grande douleur au malade, et, adhérant fortement à l'eschare, il peut la déchirer et produire non-seulement une douleur Irès-vive et complètement inutile, mais encore des hémorrhagies.

Le lieu sur lequel on applique le cautère est nécefsairement suhordonné au point malade ; il faut seulement faire attenlion à ne pas l'appliquer dans le voisinage de gros troncs artériels, veineux ou nerveux, dont la lésion pourrait entraîner des accidents uTéparables. 11 est cependant des cas dans lesquels on ne peut pas même choisir : lelles sont les morsures d'animaux venimeux, les hémorrhagies que la ligature, le tamponnement, n'ont pu arrêter. 11 faut, dans ces circonstances, cautériser, quel que soit le point où la lésion existe, à moins qu'il ne soit probable que la cautérisation entraînera la perte du malade.

On doit prendre beaucoup de précautions quand on applique le cautère sur un point quelconque de l'économie.

Tout d'abord, on étanchera avec le plus grand soin les liquides qui s écoulent d'une plaie, car la plus grande partie du calorique serait épuisée par la volatilisation de ces liquides, et le cautère serait refroidi avant qu'il pût se produire une eschare suffisante Ue plus, les liquides, échauffés par le cautère, pourraient en s écoulant sur les parties voisines, causer des brûlures très-douioureuses et complètement inutiles.

En second lieu, il faut préserver les parties environnantes de I action du cautère; on peut y arriver facilement, si le trajet n est pas lisluleux, en plaçant dans le voisinage du point où l'on veut pratiquer la cautérisation des linges imbibés d'eau contenant une certaine quantité d'alun en dissolution. Il faut, dans ce cas, aire attention a ce que l'eau ne touche pas le cautère, car elle le retroidirait et celui-ci ne produirait pas tout l'effet désirable. M te trajet était fistuleux, on pourrait se servir d'une canule métallique ; mais celle-ci a l'inconvénient de s'échauffer assez vite et de brûler les parties que l'on veut protéger. Un tube de carton lisse, sec ou imbibé de solution d'alun, est bien préférable ; en eltet, le carton est un mauvais conducteur de la chaleur et protège beaucoup mieux les parties environnantes. 11 va sans (lire que le carton est employé d'une manière tout aussi avantageuse quand on garantit de larges surfaces.

r.l'TT''!' ^^'"'^'"'^^ a P'-éconisé l'emploi du collodion pour abriter les parties situées immédiatement aux environs de

OAUTÉHISATION,

celles qu'on doit cautériser. Voici dans quels termes il décrit sa manière de faire (1) :

« Les parties sur lesquelles on doit appliquer le fer rouge étant préalablement essuyées avec soin, on commence par les enduire d'une ou deux couches de collodion. Au bout de quelques minutes, ces couches sont sèches, ce dont on est averti par la couleur blanche qu'elles prennent. 11 faut attendre ce moment pour agir; autrement les vapeurs d'éther qui se dégagent s'enflammeraient au contact du fer rouge. Ce petit accident est sans importance ; il suffit de souffler sur ces vapeurs, ou pour les empêcher de s'enflammer, ou pour les éteindre ; mais, comme il peut causer quelque frayeur au malade, on doit s'efforcer de le prévenir. Gela fait, on pratique la cautérisation suivant les règles ordinaires. Le collodion est détruit à l'instant dans les points touchés par le cautère, dont il n'affaiblit pas l'aclion, mais il reste élalé sur les parties voisines, sur lesquelles il forme une sorte d'épiderme artificiel. Cet épiderme est très-mince, mais composé de cellulose pure, corps moins conducteur encore que le bois; il suffit pour protéger efficacement les tissus contre le calorique rayonnant qui s'échappe du cautère. »

La cautérisation terminée, la peau recouverte par le collodion est tout à fait saine, ce qu'on constate facilement si l'on vient à enlever l'épiderme collodionné ; ajoutons qu'à cet égard il est préférable de le laisser en place, car il exerce une certaine coustriclion qui empêche un afflux trop considérable de liquides.

Ce procédé, utilisé pour cautériser les articulations, a été employé pour le creux axiliaire, l'anus, régions où les parties voisines du point sur lequel on veut agir sont très-près du cautère. Dans quelques cas, enfin, on enduit de collodion le col utérin avant d'y poser le cautère actuel.

Lorsqu'on pratique la caulérisalion pour détruire des parlies cancéreuses que l'on ne peut atteindre avec le bistouri, il faut avoir le soin de cautériser jusqu'à ce que l'on suppose que le mal a été entièrement détruit; car s'il en restait encore quelques parcelles, on ne tarderait pas à le voir repulluler avec une nouvelle force.

La cautérisation inhérente est employée pour arrêter les hémorrhagies, les progrès de la gangrène, de la carie des os, désorganiser les productions de mauvaise nature, les cancers, par exemple; détruire les virus, les venins, introduits dans l'intérieur des plaies, etc.

(1) Gazelle des hôpitaux, 1868, n» 61, p. 242.

CAUTÉKISATION PAU LA GHALtUli.

Soua le mm d'ignipuncture, M. le professeur Richet emploie une mélliode de cautérisation destinée plus spécialement au traitement des tumeurs blanches. « Elle consiste à plonger à plusieurs reprises et en des points différents, dans les tissus morbides que l'on désire modifier, un petit cautère à boule terminé par une aiguille longue et fine rougie à blanc » (i).

L'aiguille, faite en platine, doit avoir 5 à 6 centimètres de longueur; sa base mesure 3 ou 4 millimètres de diamètre, son extrémité est à peu près mousse. Elle est fixée à la boule du cautère à l'aide d'un pas de vis. Quant à cette boule, elle est en acier et offre 2 centimètres de diamètre. Pour faciliter l'emploi de l'iostrument, l'aiguille et le manche du cautère doivent faire un angle droit.

Les points où l'on veut pénétrer dans les (issus doivent être marqués, puis on y introduit franchement l'aiguille, qui peut pénétrer ainsi jusqu'à 4 cenlimètres au plus. On la retire rapidement, sans effort, et on applique un autre cautère au voisinage.

Cette méthode, en fait assez ancienne et qui n'est autre que celle proposée par Guersaut, pour cautériser les lumeurs érectiles, donnerait de bons résultats dans le traitement des affections chroniques des articulations, et en particulier dans celui des tumeurs blanches.

b. Cautérisation Iranscurrente. — La cautérisation transcurreote consiste à promener légèrement et avec vitesse sur la surface de la peau un cautère cuteilaire ou à y appliquer la pointe d'un cautère conique, de manière à ne brûler que la moitié de l'épaisseur du derme. l,e nombre et la dii ection des lignes doivent être en rap ■ port avec la nature de la maladie et la disposition de la région où on veut pratiquer la cautérisation. Les lignes que l'on trace sur les téguments doivent être parallèles, ne jamais se croiser et être éloignées de 2 centimètres, pour que l'ulcération ne détruise pas toute la surface de la peau. Pour éviier toute hésitation de a part du chirurgien, Malgaigne conseille de tracer d'abord les IJgnes avec de l'encre et d'eifleurer à peine la peau avec le premier cautère, afin qu'il suffise à parcourir toutes les lic^nes tracées; puis on en emploie un second, ou bien l'on fait^'réchauffer le premier, et s'il est nécessaire, on le reoasse sans appuyer sur les mêmes lignes (2). ^

Les eschares sont jaunes ; d'abord étroites, elles s'élargis-

(1) Gazette des hôpitaux^ n° 33, 1870.

(2) Malgaigne, Manuel de médecine opératoire, T'édit., p. 30 1861

JAMAIN. — Petile cliir., 5» édit. 38 '

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sent au bout de quelque temps, lorsque l'inflammation éliminatrice commence à se développer. Cette espèce de cautérisation produit une douleur vive, mais peu profonde, qui se calme trèsrapidement, surtout si l'on enveloppe la partie brûlée de compresses mouillées, La cautérisation transcurrente peut être faite avec la plus grande facilité à l'aide de deux fds de platine que l'on mainlient en contact par l'une de leurs extrémités, celle qui doit être en rapport avec les tissus et qui, par l'autre extrémité, communiquent avec les deux pôles d'une pile. Ce fil, enfoncé dans une fistule, peut parfaitement en cautériser les parois (voy. Galvano-causlique).

La cautérisation transcurrente s'emploie surtout dans les engorgements articulaires, pour en amener la résolution.

c. Cautérisation objecUve. — La cautérisation objective se fait au moyen d'un charbon ardent ou d'un métal chauffé au rouge : par cette espèce de cautérisation, on se propose d'obtenir une rubéfaclion intense et prolongée. Pour arriver à un résultat satisfaisant, il faut prendre un cautère assez large ou une plaque métallique chauffée au rouge ; les charbons ardents se refroidissent trop vite; on le place aussi près du malade que la sensibilité le permet, puis on l'approche peu à peu jusqu'à ce qu'on ail produit tout l'effet désirable.

Malgaigne professe que dans les plaies en voie de cicatrisation, on obtient des résultats fort remarquables de cette méthode ; il faut tenir le cautère à distance pour dessécher la surface traumatique sans l'irriter, et continuer pendant une heure et plus. Il a réussi souvent à obtenir ainsi en une seule séance, pour de petites plaies, une cicatrice complète, et si des plaies sont plus larges on les voit, dit-il, quelquefois se rétrécir à vue d'œil (1).

Cette espèce de cautérisation a été employée autrefois avec succès pour arrêter le fiux hémorrhoïdal, les hémorrhagies nasales, pour guérir les chutes de l'utérus, etc.

2° De la caulérisalion par les liquides bouillants. — Jadis beaucoup employés, les liquides bouillants ne sont presque plus en usage pour pratiquer la caulérisalion; excepté l'eau cependant. Si, en effet, les anciens croyaient agir d'une nianiore différente selon qu'ils employaient un liquide charge de tel ou tel principe médicamenteux, il est bien démontré aujourd liui que la chaleur seule a de l'action. Par conséquent, les substances

(1) Malgaigne, toc. cit.

ajoutées à l'eau ne servent qu'à modifier sa température, et les autres liquides, l'huile, l'alcool, entrant en ébullition à des températures différentes, doivent cautériser à des profondeurs variables.

L'eau bouillante, appliquée sur la peau au moyen de compresses épaisses, d'épongés mouillées, peut produire quelquefois des eschares qui envahissent toute l'épaisseur du demie • ce qui s explique facilement, puisque l'application une chaleur de bO degrés, pendant quelques minutes, suffit pour désorganiser nos tissus.

Le cautère est préférable à l'eau bouillante quand on veut produire une eschare ; en effet, son action est beaucoup plus rapide et il n y a pas à craindre les brûlures des parties voisines qu 11 faut avoir grand soin d'éviter en empêchant le liquide bouiliant de s écouler au delà du point que l'on veut cautériser

Lmployee de cette manière, l'eau bouillante sert à faire des vesicatoires ; mais le linge imbibé de liquide ne doit éire laissé que tres-peu de temps appliqué sur la peau.

3° Cautérisation par le marteau. — On se sert souvent Hp corps métalliques trempés dans l'eau ou dans un iquTe bo^i -

martea^!: " ^^"^^risation : telle est la cautérisation avec le

Ce mode de cautérisation est très-simple ; on plonge un mar eau dans l'eau bouillante et on l'appliqïe ur la peau Le marteau est un instrument que l'on remontre très4d ement don, le volume permet de concentrer une quantité de câ n w'. grande pour qu'il ne puisse se refroidir rlidemem eTHnnn' ■manche de bois est asse. mauvais conducteurd Ta chale , l ^ que 1 usage de cet instrument soit très-commode CW iViS?" ' qu'on doit d'avoir popularisé ce procédé de eau eVisation a aJe

empérature du liquide dans lequ o^p o 'i Zmnn? ' ^-11:St^;h^ enSn-|-~

Si 1 on plonge un marteau dans l'eau bouillani.^ pi n,.' i retire ensuite pn srif>»iani oo . - "ouuianie et qu on e 4 0 degrés et'sionTn- ''"^r'^l"''^ s'abaisse, de 8 à

CAUTÉUISATION.

peut pas en ôtro autrement, car la fil)rine se coagule à 4fj ou 4 fi degrés, l'albumine de 60 à 62 degrés, et l'instrument resie appliqué pendant assez longtemps pour que le calorique ait le temps d'agir sur nos organes et d'en déterminer la destruction en changeant l'état des principes albuminoiMes qui les composent.

Si l'on interpose entre les téguments et le marteeu un morceau de linge ou de talTetas gommé, l'efiet est moins rapide, et au bout de quatre ou cinq secondes on détermine la vésicalion.

Lorsqu'on plonge l'instrument dans un liquide de 53 à 65 degrés, la vaporisation de l'eau lui en fait perdre 7 ou 8, et si l'instrument reste appliqué pendant trois ou quatre secondes sur la peau, on produit également la vésication.

Veut-on produire la rubéfaction, on trempe le marteau dans l'eau à 55 ou 65 degrés, on applique l'instrument sur la peau et on le retire immédiatement; ou bien, si on le laisse pendant quelques secondes, il faut placer entre les téguments et le marteau un morceau de soie sèche.

On peut voir, d'après ces indications, que le marteau produit très-rapidement des etfets certains, subordonnés à des règles très-précises, et dont il faut avoir soin de ne pas s'écarter, si l'on lie veut pas avoir à se repentir de sa négligence.

« Rayer a fait l'importante observation que les agonisants pouvaient être rappelés à la vie pendant quelques minutes par des applications du marteau de Mayor. J'eus la pensée qu'on pourrait utiliser cette découverte pour ranimer la sensibilité défaillante, dans les conditions oii la vie s'éteint accidentellement sans qu'il existe des lésions irrémédiables dans les organes essentiels de la vie. Je suis convaincu que le marteau de Mayor rendrait, dans les cas d'asphyxie par strangulation, par immersion, par inspiration des gaz délétères, des services inattendus. J élendrais aussi ce moyen à plusieurs autres empoisonnements où l'asphyxie joue un rôle considérable, tels que l'empoisonnement par l'acide cyanhydrique, par lesstrychnées, la ciguë, etc. Depuis, que j'ai écrit ce qui précède, ou a appliqué ce moyen thérapeulique dans les cas de fièvre intermittente pernicieuse. On peut ainsi gagner du temps pour faire absorber de la quinine et prévenir un accès mortel (1). »

4° Cniitérlsnlion 2nr des corps en ignilion. — On a préconisé le phosphore pour déterminer la cautérisation; Paillard en

(1) Roucbardat, Nouveau formulaire magistral, 4872, 11" édilion.

aurait obtcmule très-bons résultais dans (ilusieurs cas. Cependant ce procédé est très-douloureux, et très-incertain, car l'épaisseur des eschares est fort variable. -Pour l'appliquer, on taille des morceaux de phosphore de différents volumes, depuis la grosseur d'une lôte d'épingle jusqu'à celle de la moitié d'une lentille ; on approche un corps enflammé du phosphore qui brûle immédiatement en*dégageant une chaleur très-intense. Si l'on veut produire une eschare assez large, on peut appliquer plusieurs petits morceaux de phosphore les uns à côté des autres, et les enflammer tous ensemble ou bien isolément. La douleur, trèsvive pendant la combustion du phosphore, est encore très-intense après que le corps a cessé de brûler. En effet, il reste de l'acide phosphorique dans l'épaisseur de l'eschare et sur les plilyctcnes de la circonférence, et si ces phlyctènes sont rompues, ce qui arrive le plus souvent, cet acide se trouve en contact avec la couche papillaire des téguments, et cause des douleurs intolérables. Dans ces cas il faut neutraliser l'acide avec de l'ammoniaque étendue d'eau.

Le camphre peut cautériser de la même manière, mais son action est aussi incertaine.

La poudre à canon a été employée : elle brûle avec une rapidité extrême, et ne produit pas d'eschares assez profondes pour que l'on puisse compter sur elle.

Quelques auteurs ont proposé de remplacer le cautère actuel par de petits craijons de charbon, qui s'allument et brûlent comme le fait un cigare. La partie allumée se termine en pointe line et est incandescente sur une longueur d'environ 1 centimètre; le crayon est assez résistant pour ne pas se rompre lorsqu'il est appliqué perpendiculairement aux tissus qu'on cautérise.

Voici la formule de ces crayons :

Pondre de charbon léger 20 grammes.

Azotate de [lolasse dS"" 5()

Gomme adragaiil 5 grammes.

Eau 2à

On fait une masse pilulaire qu'on roule en petits cylindres gros comme un crayon ordinaire (1). ' Enfin, en brûlant au contact avec la peau du coton roulé en

(l) Oaselle des hôpitaux, 1866, p. 535.

CAIITÉHISATION.

cylindre, des liges à'arlemisia ponlica, on fait des moxas (voyez MoxAs).

' 5° Cautérisation par les rayons solaires. — La cautérisation par les rayons solaires, réunis en foyer à l'aide d'une ou plusieurs lentilles, est excessivement douloureuse; elle a été plusieurs fois utilisée sans résultat bien satisfaisant.

6" Cautère à gaz. — 11 a été employé par M. Nélaton pour augmenter la profondeur des eschares, toujours trop superficielles dans la cautérisation au fer rouge.

Fil). 339. — Cautère à gaz.

On peut utiliser dans ce but la combustion de l'hydrogène ou bien celle du gaz de l'éclairage. Le gaz est renfermé dans une vessie de caoutchouc A, (ligure 339), de < ou 2 litres de capacité ; à celte vessie est annexé un tube élastique [termuié par un appareil composé d'un manche 1^ et d'un bec ou embout C,

entouré lui-même d'une toile protectrice D. Un robinet E, sert à régler l'écoulement du gaz, écoulement qu'on produit facilement en exerçant une pression sur la vessie de caoutchouc. On peut ainsi obtenir une flamme de 12 à IS millimètres de longueur, dont la dernière moitié peut avoir une température de 800 degrés à 1 000 degrés.

Dans les cas où le cautère à gaz est employé pour détruire des tissus profondément situés, il faut avoir grand soin d'abriter les parois de la cavité où l'on agit. C'est ainsi que pour cautériser le col utérin, il faut faire usage d'un spéculum à double paroi, entre lesquelles on fait circuler incessamment un courant d'eau froide.

De l'aclion de la cautérisation sur l'économie.

« Quodremedium non sanat, ferrunl sanat; quod ferrum non satial, ignis sanat ^ quod ignis non sanat, insanabile dici débet. »

On voit par cet aphorisme qu'Hippocrate avait la plus grande confiance dans l'emploi du feu pour guérir un certain nombre de maladies ; ses successeurs ont continué à faire usage de la cautérisation. Mais déjà, du temps de Pline, elle était abandonnée en partie; car il se plaint de ce que ses contemporains ont abandonné l'esprit d'Hippocrate pour se livrer à celui des systèmes.

Malgré l'exemple des Chinois et des Japonais, qui font un si fréquent usage du moxa ; des Arabes et des Égyptiens, chez lesquels le colon que l'on brûlait sur les parties malades était un des principaux remèdes ; quoique Linné ait rapporté que les peuples de la Laponie suédoise se servaient souvent et avec succès d'un vieux morceau de bois de bouleau qu'ils faisaient brûler comme un moxa, la cautérisation était, au commencement du siècle dernier, tout à fait abandonnée chez nous. Dionis, montrant à ses auditeurs diverses formes de cautère actuel, leur disait : « Vous pouvez juger par ceux-ci de tous les autres, qui « ne différent qu'en figures, et qui ne sont pas moins cruels. Je » ne vois plus aucun chirurgien qui les mette en usage, et si je » les ai fait graver, c'est plutôt pour vous en donner de l'horreur » que pour vous conseiller de vous en servir. » Cependant, en 1751 , de Lafaye (1), écrivait : « Les anciens faisaient peut-être > un usage trop fréquent du cautère actuel ; les modernes, au ') contraire, le négligent un peu trop. » En 1753, l'Académie

(1) Principes de chirurgie, 5<= édit,, p. 201, 1751.

CAUTERISATION.

(lo cliiniivie mentionnait honorablement le mémoire de Louis sur rusan;e du feu; mais, grâce aux eiïorls de Pouleaii, qui vante la cautérisation dans ses Mélanges de chirurgie^ 1760, et dans ses OEuvres posthumes ; grâce à ceux de ['ercy, dont la Pyrotechnie chirurgicale (1) fut couronnée par l'Académie ; à ceux de Dupuy- Iren, de Larrey, ce moyen héroïque est désormais acquis à la chirurgie.

Les phénomènes qui accompagnent la cautérisation sont : la douleur, la formation d'une escliare par la destruction des parties cautérisées, la destruction des parties malades et des virus morbifiques, enfin l'inflammation qui détermine la chute de l'eschare.

La douleur est excessivement vive ; toutefois, plus la température des cautères est élevée, plus la cautérisation est rapide, moins la douleur est considérable. Aussi n'y a-t-il jamais d'inconvénient à porter la température du cautère au rouge blanc ; et si au moyen d'un cautère chauiïé de cette manière on voulait avoir une cautérisation superficielle, il faudrait se contenter d'appliquer l'instrument pendant un court espace de temps.

On a essayé d'empêcher la douleur d'être aussi intense en exerçant une consiriction très-forte sur la partie au-dessus du point qui doit être cautérisé ; mais cette manœuvre a été rejetée comme inutile. La méthode anesthésique est bien préférable quand on veut épargner au malade les douleurs que détermine la cautérisation. La douleur diminue dès que le cautère n'est plus en contact avec les tissus, et l'on peut même la faire cesser presque immédiatement en versant un liquide froid sur l'eschare.

Le premier eiïet d'une cautérisation est de déterminer la destruction de toutes les parties qui sont en contact avec la chaleur : aussi l'emploie-t-on pour anéantir les venins ou les virus inoculés à la suite de morsures d'animaux venimeux ou enragés. Si, dans ces circonstances, le cautère peut rendre des services, l'action des caustiques nous paraît préférable; car non-seulement le liquide pénètre beaucoup plus facilement dans des plaies anfraclueuses, mais encore il neutralise le virus, en agissant avec plus d'énergie, et par action chimique. Mais c'est surtout pour détruire des parties malades que l'instrument tranchant n'a pu enlever, que l'on fait usage du cautère : tel est, par exemple, le cancer.

Le cautère produit sur les téguments une eschare noirâtre,

(1) On y trouve un très-long mémoire sur les avantages du feu dans les douleurs rhumatismales fibres et iniHéréc!^ ("f^SS), Metz, 179/4, i^t Paris, 1811.

dont l'épaisseur varie avec la température de l'instrument elle temps pendant lequel on l'a laissé appliqué, 11 faut remarquer que l'action du feu sur nos organes détermine non-seulement la carbonisation des solides et la volatilisation des liquides de l'économie, mais encore qu'elle se prolonge plus ou moins loin, cause l'oblitération des vaisseaux qui se dirigent vers la région cautérisée et dans son voisinage, et que, par conséquent, toutes les parties auxquelles ces vaisseaux vont se rendre sont frappées de gangrène. Aussi arrive-t-il pour la cautérisation ce que l'on remarque pour les brûlures au troisième ou au quatrième degré : c'est que la plaie s'élargit jusqu'à la chute de l'escliare, et qu'elle est plus large que l'eschare elle-même. L'eschare qui succède à la cautérisation se détache plus rapidement que celle produite par les caustiques; en effet, l'action immédiate du cautère a déterminé vers la partie un afflux considérable de liquides, qui doit nécessairement causer plus vite l'inflammation et provoquer la chute de la partie morte.

La plaie qui résulte de la cautérisation guérit avec assez de rapidité, à moins que la suppuration ne soit entretenue artificiellement ; mais il reste toujours une cicatrice plus ou moins apparente, en rapport avec l'épaisseur des parties qui ont été détruites.

La douleur que provoque la cautérisation imprime à l'économie une secousse violente, souvent très-favorable, surtout quand on veut se servir de cette médication comme moyen dérivatif. L'inflammation qui se développe autour de l'eschare agit de la même manière, mais son action dure beaucoup plus longtemps. C'est, en général, l'inflammation qui agit avec le plus d'énergie pour déterminer la dérivation ; elle est pai fois même tellement intense, qu'elle provoque des accidents généraux, de la fièvre, que l'on est obligé de combattre par un traitement approprié. Quant à la suppuration, elle est quelquefois irès-utile; mais aussi plus souvent encore on la supprime, sauf à réappliquer le cautère une seconde fois, car elle n'agit pas assez fortement pour que dans la plupart des cas il faille lui sacrifier l'application d'un second bouton de feu. Lorsque la cautérisation n'est employée que pour détruire des tissus morbides, ou pour oblitérer des vaisseaux dans les hémorrhagies, l'action dérivalive est tout à fait inutile ; dans ces circonstances, il faut calmer la douleur qui succède à l'emploi du feu au moyen dos réfrigérants, et combattre l'inflammation consécutive.

L'efl'et ultérieur de la cautérisation est de donner du ton à la partie sur laquelle elle est appliquée, de changer son mode de

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