DE LA GALVANO-CAUSTIQUE
On doit ranger sous cette dénomination générale deux modes d emploi du courant électrique, qui tous deux ont pour résultat ia cautérisation des tissus soumis à leur action.
Dans un premier mode, on utilise la chaleur que peut développer un courant électrique, et l'on s'en sert absolument comme on le ferait d un corps métallique chauffé à une haute température. G est la la véritable méthode galvano-caustique, galvanocausUe, ou mieux galvano-caustique thermique. Dans un second mode d'emploi, le courant électrique est utilisé au point de vue des phénomènes chimiques qui se développent lorsque les deux électrodes sont plongés dans les tissus. Là encore il y a cautérisation, non plus par la chaleur, mais par action chimique, comme le ferait un caustique alcalin et acide. Cette méthode a été successivement appelée électrolyse, électrolytie, méthode éleclrolytique, enfin galoano-caustique chimique.
Comme le fait justement remarquer M. Sarazin (1), la première de ces méthodes nécessite des effets calorifiques intenses, par conséquent des courants de faible tension, mais de grande intensité, tandis que, pour la seconde méthode, il faut que les actions chimiques soient énergiques, d'où l'emploi de courants faibles, mais ayant beaucoup de tension. « Tel est le principe qui doit guider le chirurgien dans le choix de l'appareil chargé de fournir le courant galvanique » (2).
(1) Loc. cit., p. 582.
(2) Consulter P. Troca, Traité des Tumeurs, t. [I, ii. ùb8 et 531, 1866.
GALVANO-GAUSTIQUE THERMIQUE.
. — Galvano-caustique thermique.
L'idée de pratiquer la cautérisation des tissus vivants à l'aide de la chaleur développée par un courant électrique n'est nas récente, comme on l'a dit. • MJ'i^ie
a^uh^'^Vl' ^'^'.'-^f'P'^' (^836), Récamier et Pravaz (1841), hrent des essais plus ou moins heureux dans ce sens • toutefois, ce ne fut qu'en 1 845 que Heider (de Vienne) emplovâ le fil électrique porte au rouge blanc pour cautériser la pulpe dentaire (1) Viennent ensuite les recherches de Grussel (1846) de J. Marshall (1851), qui inaugura l'olive de porcelaine entourée dune spire de plat.ne; de Middeldorpff (de Breslau), qui utilisa 1 anse de platine pour sectionner les parties molles comme le ferait un instrument tranchant.
Dès 1850, M. Nélaton, aidé des conseils de M. Re<^nault nul pratiquer un certain nombre d'opérations avec le galvano-cautère et cela, a .me époque où celte méthode paraissait presque incon nue en France. En 1853, M. Amussat fils utilisa le môme 1: cède pour cautériser les ulcérations du col, lesabcèsdu sein eic In. 7/ ' 'l'^'''^'' de MM. le professeur Broca et MiddoN <lorpff (1 57 , et enfin en 1 862, celles de de Séré, qui établi couteau de plaline n'est hémostatique que lorsqu'il esTch «Se a température de 600 degrés. Gel auteur fit construh'e ,„ 1' teau gaivano-caustique employé depuis par la plupart des chirurgiens de Pans pour l'ablation de tumeurs diverses.
« Deux parties fondamentales reliées par deux fils condur tours constituent un appareil gaivano-caustique quel nque 2) . » 1; Un générateur ou pile ; 2» un cautère mi ni d'un manchp isolant, destiné à le diriger et à en régler la température '
Heider, Marshall, Middcldorptf, se servaient de la pile d. (Tove ; puis viendraient celles de Sturgeon et de Daniell A la ri
d^Woirr"''''-'"''"^''' P^'*^ (Amussat) 'ou e 1^
do W(^laston, qui peut être construite à peu de frais.\MM Grenct et Broca employèrent la pile à bichromate de potasse, et Von
p. 544? i8?f ^éà. et de chir., .. Xil,
(2) De Saint-Germain, loc. cU.^ p. 546-547,
bE La GALVANO-CAUSTIQUË.
peut dire qu'elle est généralement adoptée aujouid'liui pour l'applicalion du galvano-caulère thermique (1).
Les rhéopliores en cuivre isolés qui parlent ûc la pile sont mis en rapport avec le porle- cautère, supportant un cautère simple,
FiG. 340. — Porle-caulères et caulères galvaniques.
une anse coupante, une aiguille, im couteau galvano-caustique, etc.
Les cautères galvaniques (fig. 340) se construisent de la manière suivante. Uq manche d'ébène, pouvant être séparé en deux
(1) Consulter les divers TraMs de physique médicale pour connaître sa construction el son mode de fonclioimement.
GALVANO-CAUSÏIQUK THERMIQUE. 685
moitiés latérales, est traversé suivant sa longueur par deux fils de cuivre doré, qui reposent dans deux goultières creusées dans chacune de ses moitiés, E. L'extrémité postérieure de chacun de ces fils reçoit la partie libre de l'un des rhéophores ; à l'extrémité antérieure saillante au delà du manche se visse un fil de platine disposé en anse, D. Dans son trajet à travers le manche, l'un des lils de cuivre, le supérieur, est obliquement coupé, de façon qu'au niveau de cette intersection on puisse à volonté interrompre le courant ou le rétablir. Veut-on lui faire traverser toute la longueur du fil , on presse sur un bouton B, placé sur le dos du manche et 1 on abaisse ainsi un ressort qui tient les deux segments du fil écartes 1 un de l'autre ; de même en lâchant le bouîon on interrompt la marche du courant.
Pour agir sur une plus large surface, on fait usage du cautère a double uge de Kuppelbrenner. Un manche d'ébène volumineux loge dans son inteneur deux gros fils de cuivre doré demi-cyl ndnques ; les deux bouts postérieurs de ces fils s'écartent et reçoivent chacun une extrémité du conducteur de la pile ; sur le trajet du fil supérieur même biseau que précédemment
Les deux fils, après leur sortie du manche, s'étendent dans une grande longueur parallèlement l'un à l'autr;, et forment en " juxtaposant, une sorte de cylindre dont les deux demf-c ylinSr s con titutifs son isolés au moyen d'une mince plaque dWe extrémité antérieure reçoit l'anse de platine D et G Quelqu oi^
.e!;^;::;^^^:::;;;-^:: considérable -
par un fil de platine qui s'enroule en Se ^ ''""TT creuse de porcelaine extrêmement nLJ ? pou^ m êXer de glisser, la porcelaine offre à sa surhee nn Ï.mi. ^ ^ trou creusé à l'extrémité de ce t bouirperme u^f ï"'''. dans l'instrument. Ces cautères sont rnn^ZT . nummulaires, etc. ^""'''^'^ coniques, olivaires, aplatis,
Nous n;essayerons pas de décrireici toutes les formes nnp V. peut luipnmer aux cautères galvaniques Yen nn f? ^ ^ °" le fil dans une cavité profonde, d n's m rS^lZ^^ 'T''T sac lacrymal, etc.; le fil est réduit aux dimeSisTn,? ' ' pan.e qui doit agir sur les tissus est seule en c ntact ?'' le reste est isolé au moyen soit d'nnp rH, , ^ ^'^'^ ^"^^ 5 l^ougie de gomme, elc^ Veut on Z T ■ f"T '''""^ section d'uL .u.eur, le ca^Itè;; " o J^S ^^1^^ ' on fait passer, soit dans des tubes de y e soif L , '
MMA.N. - Petite chir.. 5o édit ' '"'^«^
68G GALVANO-CAtSTIQUE.
mélalliqnes et bons conducteurs, l'anse coupante fait saillie à l'extrémilé des tubes. Les fils qui passent à travers les tubes permettent de donner à l'anse terminale le volume que l'on désire.
FiCi 3tl. Galvano-caiilèro do M. Matiiicu.
Sons 1.; nom de sélona (jnlvcuiiqncs, on désigne des fils de platine do différentes grosseurs que l'on conduit au moyen d aiguilles droites ou courbes à travers les canaux ou les tissus dans
GALVANO- CAUSTIQUE THERMIQUE. 687 (Marshall)" développer un travail inflammaloire
Lorsqu'on se sert de l'anse coupante du cautéfe galvanique on vou facilement qu'elle agit non-seulement par sa lempéra rre mais aussi en étranglant les parlies comme le ferait la chaîne d un ecraseur ou le fil d'un serre-nœud. Mais, en se racco cis-
FiG. m. — Appareil pour l'emploi du galvano-
cautère.
sant, le fil s'échaulTe davanta^^e et est pvnn«^ ^ r.r.A
« a avec une pédale. D'im aulre cM II S al.a„o.ca„,ère ,leux barille s < H,„te A (f ° ïï'n" t"". -h ,-e„ro„,e le „, ae plaline f„™,:. ^JJf-^^^'^)
GALVAN0-CAU8T1QUE.
faisant tourner ces barillets d'une façon simultanée, le fil qui agit sur la tumeur est constamment renouvelé et ne peut se fondre. Malheureusement les résultats obtenus ne sont pas très-satisfaisants, et M. iMathieu a dû encore modifier son appareil en ne faisant usage que d'un seul barillet placé dans le manche de l'in-
Fm. 343. — Couleau galvanique. *•'
strument et autour duquel vient s'enrouler l'anse coupante à mesure qu'elle diminue au niveau du pédicule de la tumeur qu'on enlève.
De Séré a inventé un couleau galvanique conslruit sur lesmômes principes que ceux du galvano-cautôre, et dont l'emploi i aurait donné d'assez bons résultats entre les mains d& MM, Nélalon, Demarquay, A. Ricliard, etc.
11 se compose d'une lame de platine A, (fig. 343) offrant,.