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CHAPITRE XVIIT

DES SECTIONS MOUSSES

Si l'on éireint fortement une partie avec un fil métallique on peut ou la faire tomber en gangrène, ou la couper immédiatement. ^ Il semble de là que la ligature ait deux manières d'agir : dans lune, la constriction ne fait qu'inlercepter la circulation dans les tissus embrassés par le lien, et ce n'est qu'après y avoir détermmé la gangrène qu'elle provoque leur chute : dans l'autre, les parties sont divisées comme elles le seraient par un instrument mousse [section momse) et qui n'agirait qu'en pressant: le premier mode est désigné sous le nom de section lente, le second sous celui de section instantanée.

^ ^ a. Section lente. — Cette méthode d'ablation par la ligature était à peu près la seule conseillée jusque dans ces derniers temps. L instrument, on le conçoit, n'agit qu'avec une extrême lenteur*

•Il laisse adhérents aux tissus sains des tissus morbides, qui ne tardent pas à tomber en gangrène et incommodent le malade et ceux qui l'approchent par une odeur extrêmement fétide et qui parfois peutoflrn- des dangers. De plus on est obligé souvent de laisser en place l'instrument constricleur, le serre-nœud dont on s'est servi pour faire l'opération. Aussi cette méthode n'est-elle appliquée que dans des cas tout à fait exceptionnels, alors que l'on veut détruire line tumeur située profondément, dans les fosses nasales, à la parlie supérieure du pharynx, dans la cavité utérine, ou dans le pédicule de laquelle on soupçonne la présence de vaisseaux volumi-

SliCTlONS MOUSSES.

neux, susceptibles de fournir ua écoulement de sang considérable donlonnepeut tarir la source qu'avec de grandes difficultés. On la conseille encore lorsqu'il s'agit d'enlever une tumeur chez des sujets anémiques et auxquels la moindre perte de sang serait préjudiciable ; (ie plus, certains sujets pusillanimes préfèrent la ligature à l'incision. Enfin, quelques chirurgiens ont pensé que cette méthode pourrait être favorable en permettant à la cicatrisation de se faire de la manière suivante. Chaque jour le fil, en pressant sur les tissus, les détruit, de sorte que l'anse devient d'abord moins large, puis moins serrée. Les tissus ainsi sectionnés n'étant plus en contact avec le corps étranger se cicatrisent; il en résulte qu'au moment oîi la ligature vient à tomber, la cicatrisation qui s'est faite graduellement est complète. C'est en partant de ce principe que l'on a conseillé d'opérer les fistules à l'anus par la méthode de la ligature, que l'on a cherché à détruire les brides qui tiennent les doigts réunis. Des insuccès nombreux ont forcé de renoncer à cette méthode, qui est aujourd'hui . à peu près abandonnée et à laquelle on a substitué la section instantanée dont il n'était question autrefois que pour des tumeurs molles et d'un très-petit volume.

Cette ligature était pratiquée avec des fils de grosseur variée, de soie ou de chanvre, avec des cordes à boyau, enfin avec des iils métalliques d'argent, de platine, de fer ou de plomb ; quelquefois le fil était placé directement sur la base de la tumeur, mais le plus souvent il était conduit à l'aide d'un instrument désigné sous le nom de porte-fil, porle-ligaîure, et serré au moyen d'un serre-nœud; le plus employé était le serre-nœud de de Grœfe (fig. 358).

Lorsque la tumeur était volumineuse, on introduisait à sa base un fil double, on dirigeait chacun des bouts vers les points opposés de la tumeur, de manière à étreindre le pédicule entre deux anses. Quelquefois les anses étaient plus nombreuses et la* tumeur était isolée à l'aide de trois ou quatre ligatures.

M. A. Richard a proposé de nouveau l'emploi de la ligature, pour opérer la section lente des tumeurs présentant un pédicule plus ou moins considérable. Seulement aux fils usités jadis, il a substitué les fils de caoutchouc.

Cette ligature élastique, dont l'idée première appartient à Trousseau, agit en comprimant d'une manière continue et incessante : l'anse du fil élastique revient toujours sur elle-même, jusqu'à ce qu'elle tombe faute d'avoir des tissus à étreindre. Cette section complète présente un grand avantage et doit toujours faire employer les fils élastiques de préférence aux fils ordinan-es.

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En effet, dans les ligatures faites avec ces derniers, l'anse du 111, d'abord très-serrée, ne tarde pas à devenir plus lâche à me-

FiG. 358. — Serre-nccinl de doGraefe modifié.

où'le V^itfr^ ''''''V^ ^' ^^'•ive un moment

la 1 r if ' ' ° P'"^ qu'embrassé par l'anse de

ia ligature, celle-ci ne revenant jamais complètement sur elle-

JAMAIN. — Petite chir., 5« ëdil. ^2

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môme. Tous ces inconvénients disparaissent avec la ligature élastique, la constriclion est continue et la section complète, aussi la réparation des tissus est-elle presque faite lors de la cliute de la tumeur.

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b. Seolion inslanlanée. — Ainsi que nous l'avons dit, celte méthode est toute moderne, ce n'est que dans des cas extrêmement rares qu'elle était autrefois mise en usage ; il était réservé à M. Chassaignac de la généraliser sous le nom à'écrasemenl linéaire.

M. Chassaignac pratique cette opération à l'aide d'un instru-

FiG. 300. — Serre-nœuds de M. Maisonneuve.

ment spécial, facile à manœuvrer à la vérité,, mais compliqué dans son mécanisme, et qu'il désigne sous le nom d'écrasour linéaire {{\g. 359); il a pu, à l'aide de son instrument, enlever s;ins la momdre effusion de sang des tumeurs hémorrhoïilales volumineu. pes, des ^umeursde la langue, il a pu pratiquer l'amputation de la

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langue, celle du leslicule, extirper des polypes utérins,, etc. (1). Entre les mains de M. Chassaignac la section instantanée des tissus était devenue une méthode toute nouvelle, elle n'a pas tardé à avoir des détracteurs et des adhérents plus ardents peut-être que l'inventeur lui-même. Bientôt on s'est aperçu qu'il était difficile de

Fie. .TOI. — Écraseur à doiiblo cliaîne de M. Vci'iicuil.

couper une grande étendue et une grande épaisseur de téguments; on a vu aussi que l'écraseur pouvait être remplacé jusqu'à un certain point par un instrument moins compliqué, par un ancien serre-nœud légèrement modifié quant à sa forme, mais plus

(1) Chassaignac, Trailè de V écrasement linéaire, in-1 8, figures, paris, 1856,

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volumineux et plus solide, ainsi que le conseille M. Maisonneuve (lig. 360). A la chaîne de l'écraseui-, susceptible de se briser, on a substitué des fils semblables à ceux qui étaient en usage autre^ fois, lorsqu'on se servait des anciens serre-nœuds, mais" plus résistants. M. Maisonneuve emploie avec avantage des cordes formées par plusieurs fils de fer réunis : il obtient ainsi un lien assez solide pour faire la section de toutes les parties molles d'un membre dont l'os a été probablement brisé à l'aide d'un appareil spécial. '

^ 11 est évident qu'un semblable mode d'amputation ne peut être défendu, mais nous avons voulu indiquer, en le citant les elfets qu'on a pu obtenir par cette méthode de section. Quoiqu'il en soit, que l'on emploie le serre- nœud de Grœfe, celui de M Lharnere ou bien i'écraseur linéaire, il est toujours possible d'arriver au même résultat, c'est-à-dire d'enlever des tumeurs sans ellus.on de sang et en laissant une plaie dont la cicatrisation s eUectue sans dangers et sans complications.

Nous n'insisterons pas davantage sur celte opération, cepend n nous dirons, a propos de I'écraseur, que M. Cl.assaignao pense qu il importe au succès de l'opération de couper les li^su par un mouvement alternatif de gauche à droite eî de dro te à gauche, ce que l'on obtient facilement à l'aide de son appa eil <^est pour obtenir ces effets que M. Charrière a construit un serre-nœud double, qui opère la constriction alterna i ël?t

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sectionner simultanément les deux parties latéX d'iurtuTeu^^^^

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