‹ Manuel de petite chirurgie [electronic resource]Chapitre 218 sur 256 · ACCIDENTS DE LA SAIGNÉE · texte numérisé non relu

ACCIDENTS DE LA SAIGNÉE

et de la peau; dans quelques cas, on est obligé, pour tirer une quantité suffisante de sang, de faire une seconde incision soit à la même veine, au-dessous de la tumeur, soit à un autre vaisseau. Cet accident n'offre rien de grave; la tumeur sanguine disparaît le plus souvent spontanément au bout de quelques jours, on peut hâter sa résolution à l'aide d'applications résolutives. Quelquefois le sang contenu dans la tumeur s'altère, la peau s'enflamme, et la maladie doit alors être traitée comme un abcès.

3° Syncope. — Elle arrive, soit avant la saignée : il faut alors attendre que le malade ait repris ses sens ; soit pendant le cours de la saignée. La syncope peut, dans ce dernier cas, tenir à deux causes : ou bien le malade a perdu très -peu de sang ; l'émotion, l'horreur qu'inspire la vue du sang, la sensibilité individuelle' en sont la cause. Dans ce cas, on applique le doigt sur la piqûre,' on place le malade dans une position horizontale, on lui projette de l'eau fraîche au visage. Ces divers moyens suffisent le plus souvent pour lui faire reprendre l'usage de ses sens; alors, si l'on n'a pas obtenu la quantité de sang qu'on voulait tirer, on lâche la veine, et la saignée continue.

D'autres fois la syncope est causée par la trop grande quantité de sanLT tiré au malade : il faut alors arrêter la saignée, panser la piqûre comme s'il n'était rien arrivé, et l'on fait revenir le malade à lui de la même manière qu'il a été dit plus haut.

On ne doit pas oublier qu'il est des circonstances qui provoquent la syncope, par exemple une large ouverture, la position verticale; donc si l'on veut provoquer la syncope, il faut les mettre en usaoe. j r '

4° Vomissements. - Les malades qui ont mangé depuis peu sont souvent pris de syncope ; mais des vomissements sont les accidents les plus fréquents qu'on remarque quand on les saigne!

5» Douleur. - La douleur, qui est quelquefois très-vive quand on pratique la saignée du bras, peut persister après l'opération et être assez violente pour causer des accidents convulsiiLt même elamques. Cette douleur est due à la lésion de filets nerveux Les anciens attachaient beaucoup d'importance à ce -enre de lésion, et Un attribuaient la plupart des accidents si graves oui accompagnent quelquefois la saignée du bras; mais on a fait JUS ice de ces craintes. Les accidents que cause la section des fdets nerveux se calment ordinairement par les émollienls les Darcoiiques; s. cependant ces moyens étaient insuffisants,' on

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pourrait plonger un instrument dans la plaie et achever la section du filet blessé. Quoi qu'il en soit, cette lésion est loin de justifier le soin que Lisfranc a pris pour éviter la lésion des nerfs dans la saignée du bras; il est évident que nous ne parlons ici que de ces petits filets nerveux destinés aux téguments, car la lésion de gros troncs nerveux pourrait être suivie d'accidents très-graves.

6° La piqûre du tendon du biceps, ceWe âe l'aponévrose antibrachiale ont été aussi rangées autrefois parmi les accidents les plus graves qui puissent accompagner la saignée du bras. Mais on sait parfaitement que ces lésions sont sans importance, et que si elles peuventquelquefois causer des accidents, ce n'estqu'en enflammant le tissu cellulairequilesenvironne.ee que Samuel Cooper a désigné dans son Diclionnaire de chirurgie sous le titre d'inflammation *de l'aponévrose anlibrachiale, paraît n'être, comme le fait remarquerCh. Bell, qu'une inflammation du tissu cellulaire sous-aponévrotique. Wharton rapporte un cas dans lequel l'avant- bras resta dans un état permanent de contraction, et qui guérit en détachant l'aponévrose antibrachiale du tendon du biceps.

7° Inflammation de la plaie. — Cet accident survient à la suite de la saignée du bras, quand le malade fait des mouvements intempestifs, quand la saignée a été pratiquée avec une lancette malpropre, ou enfin quand les bords de la plaie sont en contact avec un linge sale. Lorsque cette inflammation commence, les bords de la plaie se tuméfient, ne se réunissent point, ou môme se séparent dans les points qui étaient déjà réunis. Quand cette affection est légère, l'accident est peu grave et se dissipe par les émollients ; lorsqu'au contraire elle est intense, elle peut devenir le point de départ d'une maladie beaucoup plus grave, telle que l'érysipèle, le phlegmon.

8° Phlegmon, érysipèle. — Ces accidents arrivent à la suite de toute espèce de plaie et ne présentent pas des caractères particuliers au pli du bras, nous nous contenterons de les mentionner, il peut se faire cependant que le phlegmon so.l tres-limite, que le pus sorte facilement par Touverture de la saignée ; dans ce cas, de simples émoUients suffisent.

9» Lésion des vrisseaux lymphatiques.-me ne détermine point d'autres accidents que rinflammation de ces vaisseaux, comme cela arrive dans toute espèce de plaie. Cette inflammation est caractérisée par des stries dtires, rougeâtres, noueuses, sur le

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