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DES VENTOUSES

On appelle ventouse un récipient ordinairement en forme de cloche, qui est appliqué sur une partie;plus ou moins étendue de

VENTOUSES SÈCHES

la surface ilu corps, et dans lequel on raréfie l'air^ de manière à faire affluer le sang dans toutes les parties qu'il recouvre.

Les ventouses sont dites sèches lorsque les téguments sur lesquels elles sont appliquées ne présentent point de solution de continuité; au contraire, lorsqu'on a fait préalablement des incisions sur les parties qui doivent être recouvertes par les ventouses, celles-ci sont désignées sous le nom àe ventouses scarifiées. Nous appellerons ventouses à pompe les ventouses auxquelles on a adapté un corps de pompe pour raréfier l'air.

ARTICLE III

VENTOUSES SÈCHES

On donne le nom de ventouses sèches aux ventouses qui sont appliquées sur les téguments, de manière à faire rougir la peau et à déterminer sa congestion en y appelant les fluides.

Fir.. 375. — V

erre a venloiises.

Le pins souvent les ventouses ne sont autres que des neiils vases de verre en forme de cloche, surmontés onnonTjZton de mémo substance, ayant à leur base un diamètre de 4 6 ou 8 centimètres, et offrant à leur partie supérieure u moitié He sphère a d.amèire plus grand que l'on verture de la base (fi' 37 5 I est ev. ent qu'on peut se servir de tout autre e pourvu

mieurôt^'emïyé '''' ''''' ' P^^-^- ^-^^ d«

SAIGNÉE LOCALE

11 est très-facile de raréfier l'air contenu dans ces divers récipients; on y arrive en faisant brûler, clans la ventouse ou dans le vase qui doit en tenir lieu, un morceau d'étoupe ou de charpie imbibé d'alcool, ou plus simplement en enflammant de l'alcool ou de l'éther, mis en petite quantité dans ce vase; ou bien enfin, en y plaçant un petit morceau de papier fin préalablement allumé. Mais ces différents procédés ont l'inconvénient d'échauffer les bords de la ventouse, ce qui pourrait brûler les téguments et produire des eschares. 11 vaut donc mieux placer l'ouverture de la ventouse sur une lampe à alcool (fig. 376), laisser la flamme pénétrer dans l'intérieur du vase pendant

PiG. 376. — Lampe à alcool pour appliquer les ventouses.

quelques secondes : de cette façon l'air se trouve suffisamment raréfié. Dès que le vide est fait, il faut appliquer la ventouse sur les téguments, ayant surtout soin que les bords soient parfaitement en contact avec la peau, car l'air pénétrerait dans l'intérieur du vase et l'on serait obligé de recommencer : aussi est-il bon, avant de raréfier l'air de l'appareil, de le poser sur les téguments, afin d'être certain qu'il est possible de les mettre parfaitement en contact. Aussitôt la ventouse appliquée, la peau s'élève dans son intérieur, se congestionne, devient violette. On laisse le verre deux ou trois minutes en place, et pour le retirer il suffit de déprimer les téguments sur un des côtés pendant que de l'autre main on fait basculer le vase en sens inverse. L anpénètre ainsi dans la cloche, et la ventouse se détache aussitôt ; la peau reprend son niveau primitif, mais elle reste violette, et au bout de quelques jours cette coloration ecchymolique a complètement disparu. * a •

Nous devons mentionner ici une espèce de ventouse, ires-ingénieuse, imaginée par M. Blatin. Elle consiste en un petit vase hémisphérique très-épais, de caoutchouc vulcanisé, et dont 1 on-

VENTOUSES SÈCHES. 813 fice est maintenu écarté par un fil métallique flexible, contenu dans

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manière à mettre les parois du vase en contact, puis on l'applique ainsi sur les téguments ; l'élasticité du caoutchouc étant assez grande pour triompher de la pression atmosphérique, le vide se fait naturellement (fig. 378). Nous reprochons à cet instrument de n'être pas transparent ; on ne peut apprécier le degré de turgescence de la peau, et l'on ne peut connaître la quantité de liquide qui se serait écoulé par les scarifications si l'on voulait user de ce moyen pour tirer une certaine quantité de sang. Toutefois nous conseillons aux médecins qui pratiquent loin des grands centres de population, où ils ne pourraient se procurer à l'instant même des appareils convenables, d'avoir toujours à leur disposition quelques-unes de ces ventouses, afio de s'en servir dans les cas où leurs appareils de verre, nécessairement fragiles, viendraient à être brisés.

Les ventouses ne peuvent pas être appliquées indiiïéremment sur toutes les régions du corps : il est impossible de les employer partout oti il existe des saillies osseuses, partout oti il n'y a pas une surface assez large pour que l'orifice du vase soit en contact parfait avec les téguments. Ainsi, chez les sujets amaigris, les ventouses ne peuvent pas être appliquées sur les parois thoraciques à cause de la saiUie des côtes. 11 est souvent fort difficile de les poser sur les parois du crâne, à cause de la forme des parties.

Ajoutons qu'à la cloche de verre ordinaire on peut adapter une poche de caoutchouc destinée à faire le vide (Mathieu).

Cependant les perfectionnements qui ont été apportés dans la confection des appareils ont permis de poser des ventouses sur des points où l'application a été longtemps considérée comme impraticable. M. Bondu, par exemple, a fait connaître une trèsheureuse addition aux verres à ventouses. C'est un tube de caoutchouc très-court, épais à l'une de ses extrémités, beaucoup plus mince à l'autre, qui s'adapte par son extrémité la plus épaisse à la partie inférieure du vase où il se trouve soliaement fixé par l'élasticité même du caoutchouc , tandis que par l'extrémité la plus mince il est appliqué sur les parties, dont H peut facilement prendre la forme en raison de sa souplesse.

Venlouse à pompe (fig. 379). - Cet instrument se compose de la ventouse ordinaire surmontée d'une tubulure garnie d un robinet de cuivre que l'on peut ouvrir et fermer à volonté; d un corps de pompe aspirante (lig. 379, A, B) qui s adapte a la tubulure, soit au moyen d'un pas de vis, soit à frottement. Pour appliquer cet instrument, il est inutile de raréfier 1 au' au moyen de la

Ventouses sèshes.

chaleur ; il suffit de placer la ventouse sur la peau, et de faire jouer le piston pour opérer le vide. Lorsqu'on veut enlever la ventouse, on ouvre le robinet ; l'air entre par la partie supérieure et rétablit l'équilibre, et la cloche se détache facilement. Lorsqu'on se sert de cette ventouse pour tirer le sang des scariflcations, on fait le vide au fur et à mesure que le sang pénètre dans la cloche,

et lorsqu'elle est presque pleine, on la détache en ouvrant le robmel, on la nettoie et on la réapplique de nouveau

Il est inutile d'avoir plusieurs corps de pompe lorsqu'on a besomd appliquer plusieurs ventouses, un seul suffit : il faut seu lement que celui-ci puisse s adapter à toutes les tubulures dès c oches dont on veut faire usage; le robinet de la tubulme d i . être fermé quand on enlève lo corps de pompe

Cet instrument est commode, d'un emploi facile mais il r^m cher et se dérange facilement; c'est pourquoi son usa" es peu répandu, malgré les nbmbieux perfeclionnemenls que^li! Clla "

816 SAIGNÉIÎ LOCALE. 1

Hère y a apportés, soit dans la confection des soupapes, soit dans celle des pistons.

Un autre inconvénient attaché aux anciennes ventouses à pompe tenait à ce que les soupapes étaient adhérentes aux verres ou à un ajutage métallique cimenté sur les verres; aussi, lorsqu'il fallait nettoyer le sang contenu dans les verres, il arrivait souvent . que la soupape éprouvait des avaries. Cette imperfection a encore été corrigée par M. Charrière; il perfore le sommet du verre et place à l'intérieur une soupape que l'on monte à frottement.

Les verres étant indépendants de toute garniture, on peut facilement les nettoyer : on peut encore les remplacer, car le rodage intérieur étant uniforme, les soupapes et les robinets peuvent toujours s'y ajouter indistinctement à frottement, quelle que soit la forme ou la grandeur des verres.

Au lieu d'appliquer directement le corps delà pompe aspirante sur le verre à ventouses, on a imaginé de faire préalablement le vide dans un vase métallique d'une capacité assez considérable. Lorsque le vide est fait, on établit une communication entre ce vase, désigné par les fabricants sous le nom assez bizarre de réservoir du vide, et le verre à ventouses, à l'aide d'un tube de caoutchouc muni d'un robinet ; aussitôt que le robinet est ouvert, l'air contenu dans la ventouse se précipite dans le vase et la turgescence des tissus est instantanée. Cet instrument prévient les ébranlements que les coups de piston pourraient communiquer aux parties sur lesquelles on veut appliquer des ventouses.

Térabdelle. — Récemmenl, M. le docteur Damoiseau (d'Alençon) a fait construire un instrument spécial, qu'il désigne sous le nom ie Térabdelle, et qui n'est, en somme, qu'une petite machine pneumatique destiiïâe à faire un vide plus conlmu et plus exact aue celui qu'on obtient à l'aide des appareils précédents. ^ Cette térabdelle (llg. 380) se compose : r de deux corps de nomopA A fixés sur un piédestal destiné a reposer sur le sol. Tercorps d^ pompe commiiniquent par deux longs tubes flexibles F F avec deux verres à ventouses E, b.

' 2» De Seux pistons B, B. montés aux deux" bouts d'une tige métallique, et ajustés dans les deux corps de Pp'^PJ-

30 D'un levier à main vertical en forme de 1^' ^ ^; ' 'tournant d'un bout sur un pivot fixé au piédes al, et de 1 autre ^^s en mouvement par les deux mains de l'opérateur ou de son aide II sert à imprimer aux deux pistons le mouvement de va et vient nécessaire à la marche de l'appareil.

VENTOUSES SÈCHES

Chaque corps de pompe est muni de deux soupapes, D, G; ' l'une est destinée à l'aspiration D, et couvre l'extrémité du tul)e I en caoutchouc qui communique avec la ventouse, l'autre, G, évacue l'air aspiré à l'extérieur.

FiG. 380. - Terabdelle do M. Damoise.iu.

de rair"et di^nnï"P'Pf' 'f'''' ^'^^'"^ ' réintroduction de I air et dispose en forme de vis échancrée, a, est placé sur la garnuure en cmvre du tube qui se rend aux ;errerï ven-

Ces derniers sont assez larges, et offrent des hords repliés à a man.ère des rebords de chapeau, afin d'éviter une Dre sion trop douloureuse sur les tissus. ^viier une piession

lAUAW. Pelito chir., 5* ëdit.

818 SAIGNÉE LOCALK.

On conçoit que la fome de ces verres doit varier avec celle des parties sur lesquelles on veut les appliquer.

11 est évident que cet appareil est fort compliqué, d'un eiii-

FlC. 381. — Aiipai'cil Je M. llaiium.

ploi difficile et d'un prix élevé, ce qui en limite l^«uP filage. Aussi a-t-on cherché à le rendre plus peUl, plus porlal.f, et Dar conséquent, moins coûteux.

Tel est le but que s'est proposé d'atlemdre M. Ilamon, et ajoutons que cet habile praticien paraît avoir as^cz bien roussi.

VENTOUSES SÈCHES

« Au lieu de deux corps de pompe que réunit l'appareil de M. Damoiseau, le mien, dit-il, n'en a plus qu'un seul, dont la puissance d'aspiration, cependant, ne semble nullement inférieure à celle de l'instrument qui m'a servi de modèle.

c Au lieu de reposer sur le sol, ainsi que ce dernier, le mien, par le moyen d'un système très-simple, se fixe, par un crampon à vis, sur le bord d'une table, au besoin même, sur le rebord du siège de la première chaise.

» Cet appareil est si peu volumineux, que ses diverses pièces, une fois démontées, peuvent trouver place dans les poches de nos vêtements (tig. SSI).

Ventouses à succion. — Nous avons déjà dit quelques mots de

FiG. 382. — Ventouse à succion.

la ventouse de caoutchouc de M. Blalin; nous avons sic^nalé les avantages et les inconvénients de cet instrument. Depuis l'invention de cet appareil, les fabricants ont cherché à utiliser les propriétés du caoutchouc pour faire le vide : à l'exposition de 1 855 figuraient dans les vitrines de MM. Charriéreet Capron des verres

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à ventouses dans lesquels on faisait le vide à l'aide d'une bulle de caoutchouc. M. Capron s'est beaucoup appliqué à perfectionner ce petit instrument très-portatif, et qui n'est pas susceptible de se déranger comme la pompe que nous venons de décrire. Voici en quoi il consiste : Une boule de caoutchouc munie de deux soupapes, l'une aspirante, l'autre foulante, est adaptée à un verre à ventouses muni d'un robinet. Quand on veut se servir de cet appareil, on saisit la boule à pleine main, et on la presse en y plongeant les doigts de manière à mettre les deux faces internes en contact. Le verre est alors appliqué sur les téguments. L'élasticité du caoutchouc permet à la boule de reprendre son volume primitif, par conséquent le vide'sefait sous la cloche (fig. 382).

La disposition des soupapes est telle, qu'il n'est pas besoin de retirer la cloche pour faire de nouveau le vide. En effet, la soupape inférieure ferme la cloche, tandis que la soupape supérieure permet à l'air contenu dans la bulle élastique de s'échapper au dehors ; de cette manière on peut presser la bulle à plusieurs reprises et faire un vide aussi complet que possible.

Ventouses Junod. — Depuis longtemps déjà on emploie des ventouses que l'on peut appliquer à une surface très-étendue, à tout un membre, par exemple. Ces ventouses, dues à M. Junod, sont constituées par un cylindre de cuivre dans lequel on peut emprisonner un ou même plusieurs membres ; une manchette de caoutchouc très-souple occupe l'extrémité supérieure du cylindre, et doit être appliquée autour du membre, de manière que la cavité de la ventouse n'ait aucune communication avec l'extérieur. L'air de cette cavité est raréfié au moyen d'une pompe aspirante, et le degré de la raréfaction est mesuré par un manomètre.

Ces ventouses, agissant sur une large surface, produisent une révulsion puissante. Si la raréfaction est trop prompte, ou portée trop loin, elle est rapidement suivie de syncope; aussi doit-on ne faire le vide que graduellement, et consulter souvent le manomètre qui, par la hauteur de la colonne de mercure, permettra de connaître exactement le degré de raréfaction de l'air. Si, malgré ces précautions, il survenait quelques accidents, on rétablirait l'équilibre en ouvrant un robinet placé sur les parties latérales du cylindre. 11 va sans dire qu'il ne faut laisser entrer l'air que lentement, car un changement trop rapide dans l'état du^ malade pourrait déterminer l'accident qu'on veut éviter, c'esl-à-du-e la syncope.

Ventouses de M. Toirac. — M. Toirac a imaginé de remplacer

VENTOUSES SCARIFIÉES

les sangsues au moyen de petits verres fusiformes, à l'extrémité desquels on place un long tube flexible de gomme élastique, auquel est adapté un corps de pompe qui puisse faire le vide dans le tube ; la longueur du tube permet l'introduction des ventouses à une très-grande distance, et au fond des cavités. Cette espèce de ventouse n'est autre chose que la ventouse à pompe, à cloche plus étroite. Au moyen de cet instrument on peut facilement faire le vide sur une surface étroite, c'est-à-dire sur une région où les verres à ventouses ordinaires ne pourraient pas être placés.

ARTICLE IV

VENTOUSES SCARIFIÉES

Les veiUouses scarifiées s'appliquent exactement de la même manière que les ventouses sèches ; elles ne diffèrent des précédentes que par les solutions de continuité qui ont été faites aux téguments.

Gomme nous l'avons déjà dit, on place quelquefois des ventouses sur les morsures de sangsues, afin de faciliter l'écoulement du sang; mais, ainsi que nous l'avons fait remarquer, il est souvent inutile d'employer ce procédé, car les piqûres saignent habituellement bien. D'ailleurs, à moins de cas tout à fait particuliers, il est assez difficile de bien disposer les ventouses pour que le sang puisse couler d'une manière convenable, et cela à cause de l'espace qu'occupent les morsures de sangsues, et à cause de l'irrégularité que présentent en général les surfaces sur lesquelles les sangsues sont appliquées. En résumé, lorsjiu'au moyen d'une ou de plusieurs ventouses on veut pratiquer une saignée capillaire, il fandra les mettre sur les scarifications.

Pour appliquer des ventouses scarifiées, on place le vase sur les téguments, ainsi qu'il a été dit en décrivant les ventouses sèches; on l'enlève lorsque la peau est congestionnée : c'est alors qu'il convient de faire des scarifications. L'avantage qu'on retire de l'application préalable de la ventouse est celui-ci : d'abord la peau est congestionnée, engourdie par l'afflux de liquides que la raréfaction de l'air a appelés dans son tissu ; par conséquent, les incisions sont moins douloureuses; mais on a surtout limité parfaitement le siège des scarifications, et l'on n'a aucune crainte de faire des incisions inutiles.

Les scarifications peuvent être faites avec le bistouri, la lan-

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celte ou le rasoir, ou bien avec des instrumenis spéciaux auxquels on a donné le nom de scarificateurs.

Lorsqu'on se sert d'un des trois premiers instruments, on doit le tenir comme un archet, en cinquième position, le promener sur la surface de la peau congestionnée, et l'enfoncer au plus de i à ^ millimètres ; chaque incision doit être séparée de l'incision voisine par une distance de 3 millimèires environ. Elles doivent être toutes parallèles; il vaut mieux ne pas faire d'incisions qui coupent perpendiculairement les premières, car s'il survenait de l'inflammation autour des solutions de continuité, la gangrène des téguments serait beaucoup plus à craindre. Les scaritications faites avec le bistouri, la lancette ou le rasoir, sont plus douloureuses que celles qui sont pratiquées avec le scarificateur ; mais ces instruments ont l'avantage de permettre aux incisions d'êire

Fio. 383. — Scarificaleurs.

aussi longues, aussi nombreuses et aussi profondes que le mal l'exige. A la vérité, l'opération est plus longue, cependant avec un peu d'habitude on parvient à les exécuter presque aussi rapidement qu'avec le scarificateur.

Le scarificaLenr (fig. 383) dont on fait le plus souvent' usage est formé d'une boîte de cuivre contenant un nombre variable de lames, de dix à vingt environ. Toutes les lames sont placées sur un axe, à l'aide duquel on peut, au moyen d'un ressort, leur faire exécuter rapidement un mouvement de demicercle. Ce ressort en barillet de pendule a été imaginé par M. Charrière. En passant d'un côté à l'autre de la caisse, elles traversent des fentes pratiquées sur une des faces de l'instrument. Si donc le scariticaleur est armé, c'est-à-dire que toutes les lames soient d'un côté, en pressant sur un petit bouton B, qui permet au ressort de se détendre, elles passent rapidement du côté opposé. Si l'on a appliqué sur les téguments Ja face de l'iO'

VENTOUSES SCARIFIÉES

striiment à travers les fentes de laquelle les lames doivent passer, celles-ci entament la peau dans une épaisseur qui varie avec la partie saillante de la lame. Lorsqu'on veut armer une seconde fois le scarificateur, il suffit de fendre le ressort en pressant sur lui au moyen d'une espèce de levier A, situé sur la face de l'instrument qui est opposée à celle à travers laquelle les lames font, saillie.

La surface de l'insfrument qui doit donner passage. aux lames est mobile, c'est-à-dire qu'au moyen d'une vis de rappel, on peut la rapprocher ou l'éloigner du ressort, de telle sorte qu'on peut faire saillir les lames autant qu'il est nécessaire.

A l'aide d'un mécanisme très-simple, M. Charrière est parvenu à donner au ressort des scarificateurs un grand degré de solidité et de souplesse. Il a remplacé les deux ressorfs ordinaires par deux lames d'acier, roulées sur elles-mêmes à la manière d'un ressort de pendule ; de telle sorte que ces deux ressorts occupent un très-petit espace et qu'on peut leur donner tout le degré d'élasticité désirable. A l'aide de ce moyen, il n'est plus nécessaire d'employer de l'huile pour faire fonctionner l'appareil ; le ressort a une force constante, et les scari[icateurs sont plus faciles à armer. La course des laiues est très-rapide, et leur action est aussi puissante à la fin de la course qu'au point de départ.

Pour nettoyer les scarificateurs, on dévisse le couvercle. Cela fait, on arme à moitié course les lames, et l'on ouvre une petite porte située sur une des parois de la caisse de l'instrument; dès lors, on peut retirer librement les deux arbres sur lesquels les 'lames sont placées.

Pour nettoyer les lames, on passe sur elles à plusieurs reprises un morceau de moelle de sureau, qui a la propriété d'enlever tout le sang sans endommager leur tranchant. On pourrait" à la rigueur, faire ce nettoyage sans retirer les lames de la' caisse il suffirait alors de les faire saillir au plus haut degré en ayant soin d inchner un peu le scarificateur pour que les débris de la moelle ne s introduisent pas dans la caisse de l'instrument.

Les scarifications se font par ce moyen avec une telle rapidité qu a peine si le malade a le temps de sentir la doulenr- aus-^i' ci moins d'indications spéciales, doit-on toujours préférer le scarificateur a 1 instrument tranchant.

M. Bondu a inventé un scarificateur fort simple et fort in^émeux. Ul instrument se compose d'une lame circulaire mue par un mecanisnie qui, a 1 extérieur ressemblerait beaucoup à un robinet. Lins rumen na pas besoin d'être armé, il suffit de tpurner le robinet, set de gauche à droite, soit de dro te à gauche,

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pour faire saillir les lames qui coupent les téguments circulairement. La lame de l'instrument peut être facilement nettoyée avec un morceau de moelle de sureau. Ce scarificateur offre encore l'avantage de pouvoir agir dans le vide. Toutefois, la section circulaire de la peau pouvait faire craindre la gangrène des téguments; il est vrai que l'expérience n'a pas justifié celte crainte. Malheureusement, la section de la peau est plus douloureuse que par le scarificateur à ressort^ ce qui se conçoit, puisqu'elle est moins rapide.

Parmi les autres scarificateurs qu'on peut encore utiliser, nous pouvons citer ceux de MM. Gama, Gigen Krantz, Pasquier, etc.

Quel que soit le procédé que l'on ait employé pour pratiquer les scarifications, le sang coule en nappe et en petite quantité ; il s'arrête bientôt par suite de la coagulation ; il faut donc réappliquer la ventouse s'il est besoin d'en tirer une quantité un peu notable. Cette application se fait exactement comme nous l'avons dit précédemment; on doit autant que possible faire attention à recouvrir toutes les scarifications, ce qui est toujours facile si l'on a pris soin de ne les faire que partout où la peau avait changé de couleur par l'application de la première ventouse. Aussitôt que la cloche est placée sur les plaies, le sang s'y introduit avec rapidité; mais bientôt, l'équilibre se rétablissant, il cesse de couler; il faut alors retirer la ventouse, laver la surface des plaies avec un peu d'eau tiède, afin de détacher le sang coagulé qui, s'opposerait à l'écoulement d'une nouvelle quantité de liquide sanguin, et réappliquer une seconde fois la ventouse s'il est nécessaire.

Dans certaines circonstances, les ventouses scarifiées doivent être appliquées en nombre considérable; ceci est d'ailleurs subordonné à la nature et à l'étendue de la maladie, quelquefois à la quantité de sang que l'on veut obtenir ; mais il est en général facile d'obtenir beaucoup de sang avec peu de ventouses, lorsque les scarifications sont assez profondes et que l'on a su bien faire le vide dans les ventouses.

Les plaies qui succèdent aux scarifications ne présentent pas de gravité et se cicatrisent presque toujours très-rapidement II suffit de les panser avec un linge ou un papier brouillard enduit de cérat ; si cependant elles étaient très-douloureuses , on les couvrirait d'un cataplasme émollient. U est rare que 1 on ait a redouter l'inflammation et la gangrène des téguments.

Lorsijue les ventouses sont appliquées sur un point ou 1 on doit

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