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SANGSUES ARTIFICIELLES

exercer une compressionassez forte, il faut toujours les surveiller activement, car la peau gorgée de sang, couverte de solutions de continuité, est susceptible de se gangréner beaucoup plus facilement que lorsqu'elle est saine.

Bdellomèlre. — Sarlaridière a imaginé de placer au sommet de la ventouse à pompe une espèce de scarificateur communiquant à l'extérieur par une tige qui glisse à frottement dans la tubulure ; il fait de celte manière des scarifications dans le vide. La tubulure qui doit donner passage à l'air que l'on veut retirer de la ventouse se trouve placée sur les parties latérales de la cloche ; il a même imaginé une troisième tubulure située à la parlie inférieure de la cloche, atinde permettre au sang de s'écouler.

Cet instrument est beaucoup trop compliqué pour pouvoir être employé avec avantage. En général, la cloche qui doit contenir un scarificateur est trop grande pour pouvoir être utilisée dans un grand nombre de cas; la tige, entrant à frottement, permet trop souvent l'entrée de l'air dans la ventouse ; enfin la tubulure ne laisse guère le sang sortir au dehors, puisque, pour ouvrir le robinet, il faut attendre que le niveau du sang soit au-dessus de la tubulure. De plus le sang, la plupart du temps coagulé, ne pourra pas s'écouler par une ouverture qui doit toujours être assez étroite.

Sangsues arlificielles. — C'est d'après le principe posé par Sarlandière qu'ont été construits les appareils désignés sous le nom de sangsues artificielles. Un grand nombre d'appareils de cette nature ont été imaginés : nous parlerons d'abord des san^^sues artificielles de MM. Knussmann et Georgi, qui ont jadis é'té 1 objet d'un rapport favorable à l'Académie de médecine.

Leur appareil se compose : 1 » d'un scarificateur dont les lames sont disposées de manière à faire une incision triangulaire analogue à une morsure de sangsue; ces lames peuvent cire rendues plus ou moins saillantes à l'aide d'une vis de rappel, de telle sorte que I on peut donner à l'incision une profondeur plus ou moins considérable ; 2° d'un corps de pompe prolongé par un tube de caoutchouc vulcanisé, qui s'adapte sur l'extrémité du scari- ■caleur, de telle manière que l'on peut faire la scarification dans le vide ; 3» de plusieurs petites cloches à ventouses munies dune soupape; 1 extrémité du caoutchouc du corps de pompe s adapte sur un petit verre dans lequel on fait le vide

^./nlrTu °" P''«Pose d'agi'- ayant

été préalablement mouillée, on y applique l'extrémité inférieure

82G SAIGNÉE LOCALIi.

(In scarificaleur, on fait joner le piston de la pompe ; l'air se raréfie clans le scarificateur, la peau soulevée, et en môme temps

FiG. 384. — Sangsue arlificielle d'Hcurleloup.

rouffie par l'afflux du sang dans les capillaires, fait saillie dans la cavité hémisphérique du scarificateur; alors la main, portée a l'extrémité du levier, fait mouvoir rapidnnenl les lames. Les

SANGStJES AHTIFICIELLES.

incisions laites, on enlève aussitôt le scarificateur et la pompe, et on les remplace par une petite ventouse de verre dont l'extrémité supérieure entre à frottement dans le cylindre de caoutchouc de la pompe ; on donue quelques coups de piston, et bientôt on voit le sang sourdre des incisions faites 5 la peau, et s'élever peu à peu dans la ventouse. Au besoin, au peut réappliquer la pompe sur la ventouse pour raréfier de nouveau l'air intérieur, de telle sorte que la petite ventouse s'emplisse presque entièrement. Le sang que contient la ventouse est facilement recuedli dans une éprouvette graduée, de m'anière à pouvoir être évalué exactement, » (1 )

Parmi les nombreuses variétés de sangsues artificielles imaginées dans ces dernières années, il nous faut signaler ici celle qui a été inventée par Heurteloup, et dont l'usage a été surtout préconisé pour le traitement des maladies des yeux.

Cet instrument se compose de deux parties principales, un scarificateur et une pompe destinée à faire le vidé (fig. 38i). Au centre du scarificateur est une lame D, ayant la forme d'un emporte -pièce; celle lame est montée sur un tube A, fixé à l'aide d'une vis B, dans une coulisse. Cette lame est mise en mouvement à l'aide d'une ganse C.

La pompe est un cylindre de cristal dans lequel est un bouchon B, remplissant le rôle de piston, et qui est mû à l'aide d'un pas de vis A .

Pour se servir de l'instrument, on fait saillir la petite lame D, de i à 3 millimètres, selon l'épaisseur de la peau qu'on veut sectionner. Le .scarificateur appliqué contre les téguments, on tire sur le fil qui fait tourner la coulisse, à laquelle est assujettie la lame, et l'on pratique ainsi une incision linéaire, ayant à peu près 5 millimètres de diamètre.

Cette section faite, on applique le cylindre, dont le boucbon a^éte préalablement ramolli par de l'eau tiède, et on fait le vide d'abord assez vite, au moins pour les premiers tours de vis puis peu à peu, et à mesure que le sang qui afflue dans le cvlindre remplit l'espace qui existe enire le piston et la peau En général, cet espace contient une bulle d'air, qui doit autant que pjssihie garder les mêmes dimensions; ce qui ne peut s'obtenir qu'en tournant très-lentement la vis de la tige du piston

On peut retirer ainsi j usqu'à 30 grammes dJ san^- par ventouse; et l'application peut être répétée deux et trois Ibis.

(1) Bulletin de l'Académie de médecine, t. XVI, j). ii25.

SAIGNÉE LOCALK.

On conçoit que pour pratiquer cette aspiration il faille faire grande attention à bien appliquer les bords du cylindre sur les légumenls, et à les maintenir ainsi, sans exercer une trop grande pression sur la peau, ce qui pourrait arrêter Tafflux du sang.

L'appareil enlevé, la plaie est nettoyée avec un peu d'eau, et une légère pression du doigt suffit pour faire rentrer la petite hernie, qui s'est produite à son niveau, et pour arrêter le sang.

Cet appareil a été'très-heureusement modifié par MM. Robert et Collin, comme on le voit dans la figure 385 :

FiG. 385. — Sangsue artificielle de MM. Robert et.Collin.

Un curseur C sert à limiter la profondeur de la scarification ; ce même curseur, taillé en biseau, permet de pratiquer une scarification circulaire ou demi-circulaire. Pour cela il suffit de erm r brusquement la main, en tenant l'instrument par les anneaux- la lame incise les tissus en tournant sur elle-même Torsaù'on a appliqué la ventouse, et que le sang t.re paraît être en sulûsante quantité, on dévisse le bouton 0 d un demfour et l'air pénètre aussitôt dans 1 appareil.

U^e bonne précaution à prendre lorsqu'on s'est servi de l'appareil c'esUe pousser le piston de liège de manière qu il asse hernie en dehors du tube, afin qu'il puisse se dilater e renouvelé^ un vide parfait lorsqu'on fera une autre application de

la sangsue.

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