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SAIGNÉE DES NARINES

Saignée de la conjonctive, des narines. — De même que nous avons vu appliquer des ventouses simples sans scarification, de même on peut faire des scarifications sans que Ton applique de ventouse : lorsque, par exemple, les incisions ont été assez profondes pour provoquer un écoulement sanguin considérable comme cela arrive quand, au début d'un plegmon diffus, on pratique sur le membre malade de longues incisions.

Cependant il est des scarifications que nous devons signaler ICI, car ce sont de véritables saignées capillaires, dans lesq°uelles 1 apphcationdes ventouses est impossible à cause de la conformation de la région : telles sont par exemple les scarifications que 1 on fait sur la conjonctive dans le cas de chémosis et celles que 1 on pratique dans les fosses nasales.

Les scarilicalions de la conjonctive sont très-simples • on fixe la paupière généralement tuméfiée et renversée pendant qu'un aide relève l'autre paupière, et l'on promène sur la surface congestionnée le tranchant d'un bistouri très-coavexe ; 4ious nous servons avec avantage, pour cet usage, de la lame d'un petit instrument a tranchant demi-circulaire connu sous le nom de pharyngotome. Des compresses imbibées d'eau tiède favorisent 1 écoulement sanguin ; elles seront imbibées d'eau froide au contraire, quand on voudra faire cesser l'hémorrhagie.

La saignée des narines mérite de nous arrêter un instant •

Seutin a conseillé cette médication dans les cas de céohalalgie tres-mtense, lors de congestion cérébrale, enfin quand il v a une inflammation nasale ou oculaire assez vive

Pour faire cette opération il a imaginé un instrument dont la lame se redresse sur le manche. La lame a 4 centimètres de lon'ueTr elle présente un dos uniformément mousse, une extrémité boutonnée, et n'est tranchante que dans une p'etite portion de 2 à 3 millimètres environ, qui fait une saillie arrondie au voisinage de 1 extrémité. L'instrument ressemble assez à une flaZel V termaire dont le tranchant, au lieu de former une pointe lancéolée, est simplement semi-lunaire. ^

Voici comment se pratique l'opération. La lame est enoaçée dans les osses nasales, le dos de l'instrument appliqué contre la paroi antérieure du nez glisse de bas en hant l« i v . irouve alors lihre dans la'cavité. Lorsque IW^mi.T ?"' de la lame a atteint la voûte nasale 'S men " dedans de telle sorte que le ^r.n^:::'Z::l: ~Z de la cloison: en la retirant vivement, on pratique unHrsion

Jamain. — Petite chir., 5' ëdit.

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sur cette muqueuse. Cette manœuvre peut être répétée des deux côtés. On obtient ainsi une quantité de sang assez considérable. Si l'on veut prolonger la saignée quelque temps, il est bon de faire respirer un peu d'eau tiède par le nez ; pour l'arrêter, il suffit de pincer le nez un instant entre les doigts (1 ). Cette saignée locale est tout à fait exceptionnelle.

Effets thérapeutiques des ventouses sèches et scarifiées. ^ — Les ventouses sèches déterminent une dérivation souvent très-puissante, surtout lorsqu'elles sont appliquées sur une large surface, d'après la méthode Junod. En outre, elles ont été mises en usage dans les plaies empoisonnées, afin d'empêcher le venin d'être absorbé. Si l'on possède de meilleurs procédés pour empêcher l'introduction du virus dans l'économie, il n'en est pas moins vrai que l'apphcation des ventouses peut rendre de grands services, et qu'on doit toujours mettre ce moyen en pratique à titre de ressource provisoire. On se sert encore de ces instruments dans l'engorgement des seins, afin d'évacuer le lait accumulé en trop grande quantité dans la mamelle.

Il n'est pas besoin de dire que la succion des plaies envenimées agit de la même manière que la ventouse.

Tels sont les moyens que l'on emploie pour faire la saignée capillaire. On voit que, quel que soit le procédé qui ait été mis en usage, on ouvre non-seulement des vaisseaux veineux, mais encore des vaisseaux artériels contenant le sang qui doit porter la nutrition dans nos organes. Aussi, partant de ce fait, quelques praticiens ont pensé qu'une saignée capillaire affaiblit plus qu une saignée générale, mais ils n'ont pas fait attention que 1 écoulement de sang étant beaucoup plus rapide dans la saignée gênera e, la réparation ne se fait pas aussi vite que dans la saignée locale, où souvent un long espace de temps est nécessaire pour avoir une quantité notable de sang. 11 va sans dire que, si quelque artère d'un assez gros calibre était blessée, la saignée locale causerait des accidents graves ; mais il n'est ici question que de la saignée capillaire sans aucune complication.

(1) Journal de médecine de Bordeaux, avril 1856.

INJECTIONS SOUS-CUTANÉES

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