II. Manuel opératoire . — Nous ne traiterons que du cathé
(1) Annuaire de médecine el de chirurgie pratiques, 1850.
(2) Pour plus de détails, voy. les Traités spéciaux ; A. DésormeauX, Nouv. Dicl. deméd. et de chirurgie, t. V, p. 432, 1866; et Voillemier, Dicl. encycl. des sciences méd., t. X, p. 280, 1869.
1)U CATHÉTÉRiSME CHEZ L'HOMME.
térisme évacuatif, c'est-à-dire celui qui est destiné à vider la vessie distendue par de l'urine.
Nous n'avons pas à étudier ici les causes et les signes de la rétention d'urine; a cet égard, nous renvoyons le lecteur aux traités classiques et à notre Manuel de pathologie, 2" éd., t. II.
Le cathétérisme est une opération délicate ; aussi pour la bien faire, le chirurgien a-f-il besoin de beaucoup d'exercice , car ce n'est que par ce moyen qu'il peut espérer pénétrer sûrement dans la vessie.
Si le cathétérisme est pratiqué de telle sorle que le chirurgien ne fasse aucun effort pour introduire la sonde, on le désigne sous le nom de cathétérisme simple. Lorsqu'au contraire il existe dans l'urèthre des rétrécissements que l'on se propose de franchir à l'aide d'efforts plus ou moins violents, cette opération est désignée sous le nom de cathétérisme forcé; nous ne nous en occuperons pas ici.
Le cathétérisme simple peut se faire avec une sonde courbe ou avec une sonde droite. Lorsqu'on se sert de la sonde courbe, on peut pénétrer dans la vessie par le procédé ordinaire, par celui du tour de maître, par celui à'Abernethy. Nous décrirons le cathétérisme droit sous le nom de procédé d'Amussat, vt nous termmerons par un procédé assez ingénieux, que l'on doit à M. Maisonneuve.
Quel que soit le procédé dont on veuille faire usage on choisit 1 mstrumenl qui paraît être le plus convenable. Si c'est une sonde métallique, on la graisse d'huile ou de cérat, afin qu'elle glisse mieux dans l'urèthre : il est même bon de l'échauffer un peu, alin que I impression du froid ne cause pas une contraction spasmodique des parois du canal, contraction qui deviendrait un obstacle a I introduction de l'instrument.
Si l'on faisait usage d'une sonde de gomme élastique, on introduirait dans sa cavité un mandrin d'un volume convenable - on s assurerait qu il y glisse facilement et que son extrémité pénètre bien jusqu a I extrémitédu bec de l'instrument et ne sort pas par les yeux. La sonde sera aussi graissée avec du cérat ou de l'huile Uuand on emploie la première de ces deux substances, il faut vérifier si elle n est pas accumulée à l'extrémité de là sonde et SI elle n en bouche pas les ouvertures; ce qui empêcherait lunne de pénétrer dans la sonde et de 's'écou'ler au' dehors
on npn."/^'"f inconvénient doit toujours être préférée ;
on peut aussi faire usage de blanc d'œuf.
CATHÉTÉRISMlî.
A Procédé ordinaire, — Le malade est couché sur le bord gauche de son lit, la tête soutenue par des oreillers et les cuisses légèrement fléchies; le chirurgien, placé du même côte, embrasse la verge entre l'annulaire et le médius de la mamgauche, leur face dorsale tournée en bas ; puis, portant ses doigts vers la racine de l'organe, il entraîne les téguments de ce côle, découvre le gland, qu'il prend entre le pouce et l'indicateur. Saisissant alors la sonde de la main droite, par le pavillon, la concavité tournée vers l'abdomen (fig. 395), il en présente le bec au canal
FiG. 395. — Premier temps du cathétérisme simple.
de l'urèthre ; pendant ce mouvement, la verge est dirigée aussi r la sonde':'alors on introduit doucement ImstrumeiU dan^^ le canal. On fait glisser la sonde parallèlement au venf e d ma lade, en ne la poussant que très-légèrement, P^n^^nt que de l'autre main on fait avancer la verge vers le P^^;
Lorsque l'instrument est arrivé "'^-^«i;/^ i'^ ^""'^T % l'urèthre, on porte en ba. la verge et le pavillon Je f so"d. de manière à faire pénétrer le bec dans le ^"^^^ flL, Dans ce mouvement, chacune des fvln h
un arc de cercle en ;ens inverse. Ainsi, lorsque le pa Ion d^ sonde est dirigé en haut, le bec est dirige d\recten ent en a r, au fur et à mesure que l'on abaisse le pavillon, le bec est dirige
DU CATHÉTÉRISME CHEZ L'HOMME
; il passe alors sous les pubis en s'appliquant conlre ]
854 CATHÉTÉKlSMt;.
saire de lirer la sonde un peu en arrière, alin de dégager le bec (les plis formés par le froncement de la muqueuse urétlirale. Enlin, lorsque le pavillon est dirigé en bas, le bec de la sonde est porté en haut, et il est souvent assez facile de le sentir à travers les téguments de l'abdomen. On peut ainsi diviser en trois temps les mouvements du cathétérisme :
Premier temps. — La sonde est glissée parallèlement au ventre; elle pénètre dans l'urètbre jusqu'au niveau du pubis.
Deuxième temps. — Le pavillon de la sonde est porté en avant jusqu'à ce qu'il soit perpendiculaire à l'abdomen ; le bec de la sonde passe sous les pubis et pénètre dans le col de la vessie.
Troisième temps. — Le pavillon de la sonde est abaisse entre les cuisses du malade ; la sonde pénètre dans le réservoir de l'urine.
La sonde a quelquefois plus ou moins de peine à pénétrer dans la vessie : c'est ainsi que chez divers individus et aux différents âo-es la partie de l'urèthre qui s'étend depuis la symphyse du pubis jusqu'au col delà vessie est inégalement recourbée. Aussi le chirurgien devra-t-il faire attention à la sonde qu il veut introduire : il choisira une courbure plus grande chez les vieillards moindre chez l'adulte, et encore plus petite chez les enfants ; et s'il n'avait pas le choix des instruments, il se rappellera que io mouvement en arc de cercle sera d'autant plus considérable que la courbure sera moins grande et qu'elle devrait 1 être davan-
''^On reconnaît que la sonde est dans la vessie par le défaut de résistance perçue àson extrémité, par la facilité de faire execu tei au b c des mouvements à droite et à gauche, enfin par 1 écoulement de l'urine: aussi le chirurgien doit-il avoir som, orsqu il p^nïtre dansla vessie, de placer - doigt sur e pavi l^^^^^^^^^ sonde, afin que le lit, les vêtements du malade ne soient pas
"Ï'atïvlso'ttque l'on éprouve de la difficulté à introduire la n e 11 ne faudrait pas, POUf vaincre la résistance ab.^^^^^^^ violemment le pavillon, car on s'exposerait a d hn ei le can de l'urèthre ; au contraire, on agira avec douceur, on pou im ou oulevir ia sonde, afin d'éviter les brides for" postérieure du canal, ou bien en f g^g^, j^^f ' ^^^^^^^^^^^
DU CATHÉTÉRISMK CHEZ L'HOMME
était trop avancé, un doigt serait introduit dans le rectum et conduirait son bec dans l'ouverture du col de la vessie. Le troisième temps ne devant être exécuté que lorsque la sonde a franchi la prostate, il faut toujours éviter de diriger le pavillon en bas lorsque l'on éprouve de la résistance : car le bec n'est plus conduit dans la direction de l'urèthre comme dans les deux cas précédents, et c'est alors qu'une imprudence deviendrait trèsfuneste au malade.
Difficultés du calhétérisme. — Il existe des difiîcuités normales dans les voies urinaires qui empêchent la sonde de péné- . trer facilement dans la vessie , surtout lorsqu'on n'a pas acquis une certaine habitude de manier cet instrument.
L'habitude est la chose principale dans les opérations manuelles ; on ne peutfaire naître à volonté les occasions de l'acquérir; aussi nous avons cru être utile en rapportant les remarques pratiques développées jadis par M. Phillips dans ses cours sur les maladies des voies urinaires.
Nous avons dit plus haut, comme on le conseille généralement, de faire coucher le malade sur le bord gauche du lit, afin que le chirurgien puisse plus librement agir de ce côté. Il est vrai que dans cette position l'opération est plus facile à exécuter, mais, dans certaines circonstances, on doit se résoudre à opérer de quelque côté que le malade soit couché.
S'il s'agit d'un cathétérisme exploratif, on peut placer le malade de la manière la plus avantageuse au chirurgien ; mais lorsqu'il y a rétention d'urine, lorsque le malade est en proie depuis longtemps à de vives douleurs, il y aurait de l'inhumanité à le aire déplacer, afin de rendre plus faciles les manœuvres de i opération. Il faut donc le laisser dans la position qu'il occupe
On doit chercher à oublier les descriptions données sur la manière de tenir la sonde; on n'aura pas toujours en vue la plume a écrire, parce que, si l'instrument était tenu de cette manière Il ne pourrait pas entrer dans le canal. On n'allongera pas non plus la verge, afin de lui faire former un angle droit avec l'axe du corps, parce que le canal trop tendu augmentera la résistance en multipliant les points de frottement sur la sonde On s'inquietera peu d'écarter le prépuce avec le pouce et l'index plutôt qu avec le pouce et le médius. Mais l'opérateur, tenant h sonde de a mamere qui lui est le plus commode, écartant le prépuce
imîodLfr'''', "'™P«^^^ avec quels doigts,
uitrodu pa la sonde d une manière moins classique, moins chi^ rurgitale peut-être, mais certainement plus facile. En commeu-
CATHÉTfiRlSME.
çant, la sonde ne doit pas être posée dans la ligne médiane; quelques sujets ont le ventre saillant ou la courbure antérieure de l'urèthre est très-forte, la sonde produit des frottements sur la paroi supérieure de l'urèthre, et son passage est douloureux. La fig. 395 , qui montre le premier temps du cathétérisme tel qu'il est décrit dans les ouvrages classiques, ne saurait représenter fidèlement la position que l'on doit donner à la sonde, quand la saillie du ventre nécessite la modification du manuel opératoire que nous indiquons ici. On se donne de grandes facilités en plaçant la sonde dans le pli de l'aine, et en la maintenant ainsi jusqu'à ce que son bec ait accroché la symphyse des pubis.
On ne peut trop insister sur cette recommandation d'agir trèslentement ; on est trop persuadé que cette opération n'est qu'un tour demain; mais si elle donne des résultats heureux lorsqu'elle est bien faite, elle produit très -rapidement des accidents bien graves lorsqu'une main inexpérimentée n'a pas su éviter les obstacles mturels qui existent dans les voies urinaires.
Au nombre de ces obstacles, il faut mentionner d'abord la symphyse des pubis. Lorsqu'on a à sonder un sujet gras, on rie parviendra pas à faire passer le bec de la sonde sous les pubis, si d'abord on la place dans une ligne parallèle à l'axe du corps, le pavillon étant poussé en avant par la saillie de l'abdomen, tient le bec de l'instrument trop relevé contre la paroi supérieure du canal, ce qui l'empêche d'atteindre le bulbe ; si l'on a baissé le pavillon, le bec vient buter contre la symphyse, et la sonde est arrêtée dans sa marche. Alors, si l'instrument n'est pas tenu solidement entre les doigts, il pivote sur lui-même, et le pavillon se renverse : c'est ce qui a souvent été pris pour l'effet d'un rétrécissement spasmodique.
Gela a peu d'importance , lorsque l'opérateur a agi lentement ; mais, au contraire, si, dominé par des idées de force, de cathétérisme forcé, il a mis une certaine énergie à faire marcher la sonde, il fera certainement une déchirure à la paroi supérieure de l'urèthre à l'endroit où le bec de la sonde était arrêté.
Pour éviter cet obstacle, il suffit de placer le cathéter dans la direction du pli de l'aine et de l'y maintenir jusqu'à ce que son bec soit engage sous les pubis et ait pénétré jusqu'au bulbe.
Le cnl-de-sac du bulbe est encore un autre obstacle naturel, et il augmente en raison des efforts qu'on fait pour le franchir, si l'on n'est pas dans la bonne direction. Il dépend de l'extrême élasticité de ces tissus et de la position fixe du bulbe par rapport à l'aponévrose moyenne du périnée.
)L,orsque l'extrémité du cathéter est arrivée dans le bulbe,
DU CATHÉTÈRISME CHEZ L'HOMME
il faut la retirer un peu vers soi et abaisser irès-lenlement le pavillon. Si l'on continue à presser sur tout l'instrument, lorsque son bec est arrêté à la paroi inférieure du bulbe, on peut le perforer et faire une fausse route jusqu'au rectum.
C'est lorsqu'ils sont arrêtés par cet obstacle qu'on voif des opérateurs chercher à diriger le manche du cathéter en pressant sur le périnée ou en introduisant le doigt dans l'anus. Ces manœuvres sont inutiles et nuisibles : il est presque impossible de préciser avec les doigts, à travers l'épaisseur du périnée , la direction que va prendre le cathéter; quant à celle qu'il a prise, si on la reconnaît, on constate un fait accompli: par exemple, si une fausse route est faite, on en reconnaît l'existence, maison n'a pas su la prévenir, on n'a pas su l'empêcher.
Si la pression faite par le périnée sur la courbure du cathéter est forte, le bec de l'instrument porté en avant peut contondre et perforer la paroi correspondante du canal. C'est donc une manœuvre dont on doit toujours s'abstenir, parce qu'elle ne peut pas aider ceux qui n'ont pas la grande habitude du cathétérisme, et parce qu'elle peut être la cause d'accidents graves.
Chez quelques sujets et surtout chez les vieillards, on rencontre encore un obstacle naturel dans la région prostatique. Le sillon de la paroi postérieure de la prostate est quelquefois très-profond, de sorte que son extrémité vésicale , en se recourbant en haut , forme en avant du col de la vessie une saillie qui empêche la sonde de passer. Lorsque le bec est arrêté à ce point, il faut amener à soi le pavillon et l'abaisser avec lenteur jusque entre les cuisses du maladie et dans la direction d'une ligne presque parallèle à l'axe du corps. Cette inclinaison exagérée est douloureuse, et c'est afm de (hminuer la douleur qu'il faut agir avec une extrême lenteur.
On s'est aussi préoccupé des courbures à donner aux sondes. 11 ne s'agit ici que de l'instrument employé pour le cathétérisme dans les voies normales, sans altérations, sans déviations. La courbure la plus généralement applicable est celle qui occupe le tiers de l'instrument et qui représente une portion de cercle dont le rayon a 6 centimètres de longueur.
Kn prenant les précautions qui viennent d'être exposées en agissant avec lenteur, on évitera toujours les obstacles naturels du canal, et le cathétérisme h travers les voies urinaires à l'état normal sera une opération facile à exécuter et à l'abri de lout danger (1).
rh^iJu^''f'' J'. "''"^f "' <=hirurgie pratiques, 1849.-
avec y? iig., p. /117 et suiv. ' '
CATHÉTÉRISME.
B. Procédé dit le tour de maître. — Ce procédé est beaucoup plus difficile et plus douloureux que le précédent, aussi nous ne nous y arrêterons pas longtemps.
Il diffère du procédé ordinaire en ce qu'au lieu de tourner la concavité de la sonde vers le ventre, on tourne sa convexité ; et lorsque le bec de l'instrument est ainsi au niveau de la symphyse des pubis, on fait exécuter à la verge et à la sonde un demi-tour qui ramène son pavillon vers l'aine droite et en haut, et l'on achève l'opération comme il a été dit précédemment. On pratiquait le cathétérisme de cette manière lorsque le ventre était trop volumineux pour que le procédé ordinaire fût praticable. Le procédé de M. Philipps est beaucoup plus commode et sans danger; il peut remplacer toujours le (our de maître dans les cas où ce dernier pourrait être utile.
G. Procédé d'Abernethy. — Le malade est couché en travers sur le bord de son lit. Le chirurgien, placé entre les cuisses, saisit de la main gauche la verge, comme il a été dit dans le procédé ordinaire : de la main droite il présente à l'urèthre le bec de la sonde, le pavillon tourné contre soi et la convexité tournée vers l'abdomen, la concavité en bas. Il fait pénétrer l'instrument en relevant le pavillon jusqu'à ce qu'il soit arrivé au niveau de la courbure du canal ; alors il abaisse fortement le pavillon de la sonde en le portant vers l'anus ; le bec est ensuite engagé sous le pubis, et, en le poussant, on lui fait suivre la face antérieure de l'urèthre, et il pénètre facilement dans la vessie. Le pavillon est alors ramené vers le ventre par un demi-tour, comme dans le tour de maître ; mais celte manœuvre ne présente plus de danger, puisqu'elle n'est exécutée que lorsque l'instrument est dans la vessie.
D. Cathétérisme avec la sonde de Gély {de Nantes). — Le premier temps de l'introduction de cette sonde est le même que pour les sondes ordinaires ; cependant, vu la grande courbure de l'instrument, on doit placer la verge dans la direction du pli de l'aine, et introduire la sonde de côté jusqu'à la partie la plus profonde de l'urèthre. On la ramène ensuite dans le plan vertical, de cette façon le bec arrive sans difficulté jusqu'au bulbe ; alors, pour pénétrerdans la portion membraneuse, on tiraille légèrement la verge, on soulève ainsi la paroi inférieure de l'urèthre, et le bec de la sonde est porté en haut vers le point où il doit s'engager.
« A partir de ce moment, l'instrument devra être poussé vers la vessie par un mouvement qui diffère beaucoup de celui qu on
DU CATHÉTÉRISME CHEZ L'HOMME
exécute habituellement. Il arrive même, à cet égard, que l'usage de la nouvelle sonde présente au premier abord quelques difficullés, spécialement aux praticiens qui veulent encore, dans ce cas, exécuter les mouvements d'abaissement de la manière ordinaire. ^
» Les médecins peu habitués au cathétérisme, et surtout les malades, réussissent en général mieux que tout autre à l'introduire du premier coup avec facilité.
» Cette hésitation disparaît, du reste, aussitôt que l'on a saisi le véritable mécanisme de son introduction. 11 consiste à faire cheminer l'instrument en lui communiquant une impulsion curviligne en rapport avec le cercle sur lequel a été modelée sa courbure. C'est un mouvement en tout semblable à celui qu'on imprime à la lame d'un sabre courbe pour la replacer dans le fourreau. Le mouvement d'abaissement doit complètement disparaître comme mouvement isolé. 11 doit se confondre, se lier si bien avec celui de propulsion qu'on ne saurait jamais les distinguer l'un de l'autre, l'impulsion curviligne ne pouvant être réalisée qu'à l'aide de cette fusion complète. En tous cas, l'abaissement du pavillon de la sonde ne saurait jamais être porté aussi lom qu'avec l'algalie ordinaire. 11 suffit, en général, de la pousser doucement vers la vessie par ce mouvement circulaire. Dans beaucoup de circonstances, elle y pénètre d'elle-même par son propre poids, tant il y a de concordance entre sa forme et celle de l'urèthre (1). »
E,^ Cathélèrismeavec la sonde droite, procédé d'Amussat. Ce
procédé de cathétérisme a été imaginé surtout afin de permettre I mtroduction des instruments de lithotritie dans la vessie Ces instruments étaient jadis droits; mais depuis on leur a donné une courbure semblable à celle des sondes ; le cathétérisme droit est bien plus rarement employé; cependant il pourrait être encore utile dans les cas où il existe des fausses routes dans le canal delurethre. En effet, le bec de la sonde se trouvant toujours leMnal" ''''"'"'^ fait la fausse roule dans
Ce procédé est simple et rapide. La verge est tenue entre le pouce et le doigt indicateur de la main gauche dans une direclon telle, qu elle soit perpendiculaire au plan antérieur du tronc
ca'r nrr^''' T""^'"' '''-«''^ dans le
canal jusque dans la vessie; mais il arrive quelquefois que le col
(1) Gély, loc. cit., p. 151.
CATHÉTÉRISMK.
de cet organe est un peu plus élevé, il suffit alors de faire exécuter au pavillon un léger mouvement de bascule en bas ; le bec remonte un peu plus haut et pénètre ainsi dans la vessie (1).
* F. CalhétMsme avec les sondes flexibles. — Les sondes métalliques que nous avons vu employer ne sont guère en usage que pour évacuer l'urine ou pour explorer la vessie. Les sondes de gomme élastique peuvent bien servir à évacuer l'urine ; mais s'il est besoin de laisser en permanence un instrument dans le canal de l'urèthre, elles deviennent indispensables ; car, bien que leur séjour puisse causer des accidents, ceux-ci deviendront beaucoup plus graves si l'on fait usage de sondes métalliques. Nous allons tout à l'heure revenir sur quelques-uns de ces accidents.
La sonde sera garnie d'un mandrin d'un volume aussi gros que possible, eu égard au diamètre de la sonde. On enduit l'instrument d'un corps gras, et on l'mlroduit dans la vessie de la même manière qu'une sonde métallique. On retire ensuite le mandrin d'une main, tandis que de l'autre on tient la sonde solidement fixée, si même on ne la repousse pas un peu, car souvent on ne l'a pas introduite tout de suite assez profondément. Quelques malades éprouvent une douleur vive quand on retire le mandrin; il faut donc procéder doucement à ce temps de l'opération.
On peut encore se servir d'une sonde sans mandrin; mais il faut,, ou que la voie soit très-libre, ou qu'il soit nécessaire de franchir un rétrécissement : alors on emploie une sonde d'un trèspetit calibre. Enfin, lorsqu'on fait usage d'instruments fabriqués de telle sorte qu'ils aient la courbure des instruments métalliques, les mandrins sont inutiles : c'est au moyen de ces derniers que les malades peuvent se sonder eux-mêmes.
G. Procédé de M. Maisonneuve. — Ce procédé est basé sur ce fait qu'une bougie fine et flexible, terminée par une petite olive, pénètre toujours avec facilité dans un urèthre libre, quelles que soient les déviations qu'il présente. En effet, l'extrémité mousse et flexible de l'instrument se prêle à toutes les sinuosités du canal, et parvient toujours à pénétrer dans la vessie, sans que le chirurgien ait autre chose à faire que de pousser la bougie avec
(1) Amussat, Leçons sur les rétentions d'urine causées par les rélréci'isemenls du canal de l'urèthre, et sur les maladies de la glande prostate, publiées par M. le docteur Petit, 1832, 1 vol. .n-8, tiguros p. 56. •
DU CATHÉTÉRISME CHEZ L'HOMME
lenteur. Quand, par hasard, la pointe mousse vient à s'arrêter momentanément dans le cul-de-sac d'une déviation trop brusque, la flexibilité de l'instrument met à l'abri de toute crainte de fausse route, et permet à celui-ci de se recourber dans le canal pour en suivre les inflexions, de sorte qu'avec un peu de tâtonnement on est toujours sûr d'arriver dans la vessie. — Du moment qu'une bougie a pénétré, on s'en sert comme d'un conducteur pour diriger la sonde qui doit donner issue à l'urine.
L'appareil employé à cet efi"et se compose :
D'une bougie, d'un fll et d'une sonde.
La bougie (n" 9) a 3 millimèlres environ de diamètre ; elle est souple et terminée par un bout olivaire. A son extrémité supérieure est fixé le fil qui doit être très-fort, et avoir trois fois la longueur de la bougie. — Ce fil est, à son extrémité libre, muni d'un bouton.
La sonde, de 6 millimètres et demi de diamètre {n° 20), est d'un tissu élastique très-souple, courbe et percée à ses deux extrémités.
Disposition de l'appareil. — Au moment de se servir de cet appareil, on le dispose de la manière suivante : la bougie, armée de son fil, est introduite par l'extrémité supérieure de ia sonde et en est retirée par l'extrémité inférieure, de sorte que le fil, entraîné avec elle, se trouve introduit dans la sonde.
Premier temps : introduction de la bougie. — Le malade étant couché horizontalement sur le dos, les cuisses écartées, le chirurgien, placé comme pour l'opération ordinaire du cathétérisme, saisit de la main gauche la verge du malade, et de la main droite mtroduit dans l'urèthre la bougie olivaire. Cette introduction doit être faite avec lenteur ; elle ne rencontre ordinairement aucun obstacle jusqu'au niveau de la prostate ; mais à ce point du canal, la bougie éprouve parfois un moment d'arrêt. Il faut alors un peu de tâtonnement et une légère pression pour la faire pénétrer dans la vessie. On saura qu'on est arrivé dans cet organe lorsque la bougie tout entière est introduite dans le canal et qu elle y joue librenîent.
Deuxième temps : introduction de la sonde. — Quand la bouo-ie est introduite, on confie au malade ou à un aide le bouton fixé à extrémité du fil, lequel doit être tenu dans un état de tension légère. Le chirurgien, alors, soutenant de nouveau la vero-e du malade avec la main ga.iche, saisit de la main droite tenue en supination la sonde qu .1 fait glisser doucement de haut en bas, sur le II d abord, puis sur la bougie, qui sert ainsi de mandrin conducteur, et par une pression douce la fait arriver lentement
CATHÉTÉRISME.
jusque dans la vessie. Cette dernière partie de l'opération serait toujours d'une extrême simplicité.
II. Évacuation de l'urine. — Quel que soit le procédé que l'on ait mis en pratique, l'urine sort parles ouvertures pratiquées au voisinage du bec de la sonde. Le pavillon doit être maintenu plus bas que le col de la vessie :*aussi doit-on avoir soin, lorsqu'on sonde un malade dans son lit, de choisir un bassin assez plat pour que le pavillon de la sonde puisse s'abaisser suffisamment. Si le vase n'était pas assez grand, le doigt serait appliqué sur le pavillon jusqu'à ce que le vase eût été vidé ou qu'on en eût replacé un autre.
Pendant que l'urine coule, il est bon^de faciliter sa sortie par de légères pressions sur la région hypogastriqiie ; cette précaution devient nécessaire lorsque le cathétéri^me est pratiqué pour une paralysie de la vessie, ou lorsque l'urine, ayant distendu considérablement cet organe, lui a fait perdre sa contractilité.
Ordinairement l'urine s'écoule entièrement, mais il peut survenir une interruption brusque, quoiqu'il en reste encore une assez grande quantité. Ce phénomène peut tenir à plusieurs causes : des caillots, des mucosités, de petits graviers viennent s'appliquer aux ouvertures de la sonde ; d'autres fois la membrane muqueuse, revenant sur elle-même par suite de l'évacuation du liquide, peut aussi l'empêcher de passer dans la sonde. Dans le premier cas, il est facile de déboucher la sonde, soit avec un stylet introduit dans sa cavité, soit en poussant une légère injeclion d'eau tiède ; ce dernier précepte doit être mis en pratique toutes les fois que des mucosités existent en grande abondance et qu'on veut en faciliter la sortie. Dans le second cas, il suffit de ramener la sonde en avant, c'est-à-dire de la placer dans une partie de la vessie encore distendue par l'urine.
La quantité d'urine que l'on évacue de cette manière est extrêmement variable. Tantôt le cathétérisme est pratiqué chez des individus ayant des envies fréquentes d'uriner sans qu'il y ait plus de quelques gouttes d'urine dans la vessie, chez les brûlés par exemple ; tantôt, au contraire, la vessie est considérablement distendue : on trouve souvent deux ou trois litres, quelquefois vingt à trente litres de liquide. Marjolin rapporte que dans un cas, la quantité d'urine a été assez considérable pour que, le liquide étant évacué, le malade soit mort subitement. La mort aurait pu être prévenue si l'on n'avaitdonné cours à l'urine que graduellement, et c'est le conseil qu'il donne, si pareil cas se présentait. Lorsque l'urine est entièrement évacuée, on retire la sonde.
DU CATHÉTÉRlSMb; CHEZ L'HOMME. 863
Cette manœuvre est très-simple ; il suffit d'imprimer à l'instrument un arc de cercle en sens inverse de celui qu'on lui a fait décrire pour le faire pénétrer. Souvent aussi on laisse la sonde à demeure dans la vessie : nous allons nous occuper de celte particularité.
III. Des SONDES a demeure. — Lorsque l'on éprouve de grandes difficultés pour pénétrer dans la vessie, et que l'on suppose que le malade aura bientôt besoin d'être sondé de nouveau, si l'on veut dilater un rétrécissement, ou si l'on veut détourner le cours de l'urine, afin d'empêcher le liquide de passer par une plaie de la vessie ou du canal de l'urèthre, on est obligé de laisser une sonde à demeure.
Les sondes dégomme élastique, de caoutchouc vulcanisé, sont celles dont on doit spécialement faire usage ; ce n'est qu'excep-
^^..^^ uvj.i jj^^comiciiidui idue usdge ; ce n est qu excep-
tionnellement, lorsqu'on n'a à sa disposition que des sondes métalliques, que ces dernières peuvent être employées.
Les sondes que l'on introduit dans la vessie doivent être renouvelées tous les huit ou dix jours au moins. En effet, si la sonde est laissée à demeure pour un rétrécissement, outre qu'il est besomd'en augmenter le calibre, une sonde laissée trop lon-nemps s altérerait ; sa .surface, de polie qu'elle était, deviendrait rugueuse, on la retirerait plus difficilement, elle serait plus cassante, et SI une partie de l'instrument restait dans la vessie elle formerait un noyau autour duquel les sels de l'urine se déposeraient, et bientôt on trouverait un véritable calcul. Enfin toute la partie de la sonde qui serait dans la cavité de la vessie se couvrirait de sels calcaires qui rendraient l'extraction de la sonde Ires-penible, déchireraient le canal de l'urèthre, pourraient même tomber dans la vessie et devenir également des novaux de calcul
Les accidents qui peuvent survenir du séjour des sondes sont assez nombreux ce sont : 1 <> La formation d'abcès dans l'épaisseur de 1 urethre et la perforation de ce canal. 2" Vinltammation d'un ou des deux testicules, qu'on fera cesser rapidement en retirant la sonde, et en prescrivant un traitement anliphlogislinue en r^n ' port avec l'intensité de l'inflammalion. 3" LuriMtion de la IL «i^-, qui peut être quelquefois assez grande pour faire cesser l'emploi des sondes a demeure. 4" Vlématurie. 5" U perforation de la vessre par la gangrène de ses parois, causée par a pre sion de la sonde. Cet accident, le plus grave de tous, est as éz rTre chez les adultes, plus fréquent chez les vieill ds o " Te P Viendrait en n'enfonçant pas trop la sonde. 6" La son e lel se
CATHÈTÉRISME.
briser, soit dans le canal de l'urèlhre, soit dans la vessie. .Alais le dernier cas présente une gravité toute spéciale; car, ainsi qu'il a été dit plus haut, ce corps étranger devient le noyau d'un calcul pour lequel il sera tôt ou tard nécessaire d'opérer. Lorsque la sonde est brisée dans l'urèthre, on peut espérer la retirer, soit au moyen de pinces introduites dans le canal, soit en pratiquant une boutonnière au pénis sur le canal de l'urèthre. 1° Enfin des érections peuvent rendre l'usage des sondes excessivement pénible aux malades, et si au bout de quelques jours ils ne s'y accoutument pas, ce qui est rare, on est obhgé d'en cesser l'emploi.
IV. Appareils contentifs des sondes. — Lorsque les sondes sont introduites dans la vessie et doivent y rester à demeure, elles
FiG. 398. — Manière de fixer les sondes.
seront fixées de telle façon qu'elles ne sorlentpas de la vessie e( qu'elles ne renlrenl i^as dans cet organe, car leur extrémité ne
bu CATHÊtÉRISME CHEZ L'HOMME. ac5 doit jamais dépasser le col de plus de 3 à 5 centimèfres Hn grand nombre de moyens ont été imaginés pour fixe ™s onde!
verge de chaque côté. Sur Im part e nïnv. f^'^'^è sur la place une pet/te compresse ass'ronre' " iWo' tour de cette compresse on enroule en sens n verse ërd'' dons, que Ton a soin de ne pas entasser .nr > n ' que l'on dispose de manière à cornS L T''^ '"^^^ assez considérable, afin Te la uZlnV"'^' ""^ ^^^"due lement ne cause pas de douleur f nT "'^f ""P°"^' cotonsont épuisés', on^les^n^;: eL°eX^5?o.^^3"9V;^^
s'il est très-flexible, s'iîteï ZJt fil '''' tant, Il pourra se dévier à droitP n, à i ''^ ''«'^O"''il finira par sortir tout 1 fak de l v.t ^J^^'^'^e^'ois même
de fixer un second cord n c e la ^7 ' '''-'^ P^'^férable des deux chefs qui onu l i t™! "''f? ^^"^ ''^^'ervalle encore supprimer la pe?i e omC J P°""-«'t
être enroulée autourK ve'r SsTr"' '^'"^ '^^^ ^--"'^ plus aussi uniforme. ^ ' ' 'Compression ne serait
Ce moyen est fort simple, très-farilp À m.», rouve toujours à la portée d^c .itten On^li" <° de rendre l'érection, déjà très i ^'eP'-oché :
introduite dans l'urèlhre beauconn ni «''^qu'une sonde est
striction que ce bandage' e ce suf l '''' 1 écoulement des quelques gores dWin ^'^"^Pê^^er soumis à l'usage contiLuel de sondes T '^l'' '"^'^'dus et les parois de Turèthre. Aussi non nhv ^''f ^"^«"'re la sonde a-t-on conseillé de fixer les I n's'sT u^T " ^^^.'"'^«"vénien.s, duquel on aurait fait deux œi lels , . ''.^ 'r"" ' ^ '""^^'"'"^^ 1^'en encore de fixer les liens su un lai in '''7 ^''''^ ' aurait engagé la verge, et qui lui-mêmp ! '^'"^ '^^^el on
lure au moyen de itcs pla é's 2 '"'^'"^ ^ ^einamere. D autres, enfin, ont in'.ag é d mit??'' '''''''
'AMAtN. - Petite chir., 5o édit. ^ 'PP'""''' 1"'' Par
ggg CATHÉTÉRISME.
leur élasticité, peuvent se dilater et se laisser allonger au moment de l'érection du pénis, et se resserrer ensuite.
Mais les accidents qui résultent de l'en.ploi du procède que nous avons décrit sont tellement rares, celui-ci est si commode, au'il est presque le seul en usage. »v,„ ^ Lorsque le bandage contentif est appliqué, afin d empêcher l'écoulement incessant de l'urine, on ferme le pavillon de la soude nar un petit fosset; on le retire toutes les fois que e malade a be 1 d'uriner. Ce n'est pas ici le lieu de décnre les cas dans Sels il est nécessaire d'enlever ce petit bouchon, les diverses mldts pour lesquelles on laisse les sondes à demeure nccess tant d s'^îndications différentes. Il est même des circonstances dans lesquelles il faut bien se garder de boucher le pavillon d la sonde - c'est lorsque l'on veut empêcher l'unne de passer pai de solutions de continuité de la vessie : car si l'unne s accumuf.it dans ce réservoir, elle ne tarderait pas à sortir par la plaie. Dtnfces circoTsLnce's on a conseillé, d'adapter au P^^^^^^^^^^^ sondes un long tube en caoutchouc qui fait 1 office d un véritable syphon.
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