DES INSTRUMENTS
J. Cliarrièro a apporté dans la disposilion des pincer à anneaux une modificalion innportante : sur une des branches près des anneaux il a rivé un petit clou, sur la branche opposi'e il a percé un Irou pour recevoir ce petit clou ; de sorte que, quand la pince est fermée et que le clou est engagé dans le trou destiné à le recevoir, les deux mors sont dans un contact parfait et la pince à anneaux est changée en une pince à pression continue. On peut alors saisir très-fortement les séquestres, les balles ou tout autre corps étranger dont on veut faire l'extraction; cet instrument peut encore servir à porter profondément des aiguilles à suture. La figure 2 bis représente cette pince fermée et portant une aiguille à suture demi-courbe (18 bis).
Pour fixer les doux branches, il suffit d'engager très-peu le pouce et le doigt médius dans les anneaux, et de luxer légèrement les deux branches, comme on le fait pour les ciseaux, lorsqu'on veut les faire mieux couper quand la vis est desserrée; par celte manœuvre on croise les deux anneaux, on les écarte et l'on engage le point d'arrêt dans le trou.
Pour rendre les branches libres, la manœuvre est analogue, mais se fait en sens inverse.
M. Mathieu a aussi modifié la pince à anneaux, toujours pour pouvoir la transformer en pince à pression continue. Il a ajouté à chaque branche, près des anneaux, des crochets qui, disposés en sens inverse, s'engrènent dès qu'on vient à rapprocher les deux branches. Un léger mouvement de latéralité luxe les deux branches de la pince et les rend libres.
3° Spatule, — La spaiu/e (fig. 22) est une lame métallique
Fio. 22. — Spatule.
dont les deux extrémités sont légèrement relevées en sens contraire. L'une de ces extrémités est élargie, et présente sur le côté convexe une face plane qui sert à étaler certains topiques ; l'autre face, concave, offre au milieu une arête, de chaque côté de laquelle sont deux faces planes : les deux bords, légèrement tranchants, servent u enlever le pus ou les topiques desséchés autour des plaies; la pointe est un peu mousse. L'autre extrémité est plus étroite, plus épaisse, présente des dentelures sur la concavité, et sert, comme levier, à soulever des parties osseuses enfoncées, etc.
SONDE CAÎSINELl'l':. '
M Charriére a fabriqué des spatules tout à fait plaies et arrondies à leur extrémité supérieure (fig. 3). L'extrémité qui sert de levier dans l'iustrument que nous venons de décrire n est plus indispensable au chirurgien, puisque chacune des branches demonlées de la pince à pansement peut servir de levier. Cette spatule, montée sur un manche de bistouri, sert encore d abaisse-langue.
4° Stylet. — Le sUjUt est une petite tige de métal, longue de 15 à 18 centimètres, arrondie, assez flexible pour prendre facilement la forme des trajets que l'on veut explorer ; le stylet d'argent, plus flexible que le stylet d'acier, est préférable. Il est terminé à Tune de ses extrémités par une petite lête arrondie : c'est le sUjlel boulonné (fig. 4). L'autre extrémité présente, ou bien un large chàs, dans lequel on peut introduire la mèche de linge que l'on veut porter à travers les plaies, dans le séton par exemple : c'est le sUjlel aiguillé (fig. 4) ; ou bien sur la moitié de la longueur on trouve une rainure, avec ou sans cul-de-sac, dans laquelle on peut glisser un bistouri : c'est le slylel caimelé (fig. 5), le slylet à panaris.
Il arrive quelquefois que le stylet n'est pas assez long ; on peut alors le remplacer par un instrument composé de deux parties qui se vissent bout à bout; sa longueur est alors de 30 centimètres environ : c'est la sonde de poitrine.
50 Porte-mèche. — Le porle-mèche (fig. 6) est une tige de môme grosseur que le stylet. Elle offre à l'une de ses extrémités une bifurcation sur laquelle on place la partie moyenne de la mèche, dont on rabat les deux extrémités de chaque côté; à l'autre extrémité existe une petite plaque arrondie dont l'axe est perpendiculaire à la tige.
6" Pinces a disséquer, rasoir. — Je crois inutile de décrire les rasoirs et les pinces à disséquer ou pinces à ressort. Ces deux espèces d'instruments sont d'un fréquent usage dans les pansements. Les pinces à disséquer (fig. 7) servent à saisir les objets très-petits ou trop délicats pour qu'on puisse employer les pinces à pansement. L'usage du rasoir (fig. 1 4) est d'enlever les poils aux environs des plaies et sur tous les points où l'on veut pratiquer une opération. Cet instrument sert quelquefois à faire des scarifications (voy. Ventouses scarifiées).
7° Sonde cannelée. — La sonde cannelée (fig. 1 1 ) est une tige
« DES INSTRL'MKNTf-.
métalli,(iie, longue de 15 à 1 8 ceiuimèlres, ayant l'une de ses extrémités terminée par une plaque assez large, fendue sur sa longueur; la tige est arrondie d'un côté; de l'autre elle présente une rainure comme le stylet cannelé, terminée ou non en culde-sac. La sonde cannelée sert d'instrument explorateur, mais plus souvent de conducteur au bistouri et aux ciseaux.
8° Porte-pierre. — Le porle-pierre (fig. 1 2) est un instrument destiné a faciliter l'application de l'azotate d'argent et à le préserver de l'humidité; il se compose : 1° d'un petit porte-crayon d'argent ou mieux de platine, fixé sur un manche ordinairement d ébène, garni d'un pas de vis; 2° d'un étui se vissant sur le manche, et dans lequel entre le porte-crayon avec son nitrate. Dans l'épaisseur du manche se trouve un autre petit étui également à vis et pouvant contenir un crayon de rechange.
M. Charrière a disposé l'extrémité de l'étui du porte-pierre de manière à lui permettre de se visser sur l'extrémité de la pince à verrou : on obtient ainsi une longueur suffisante pour cautériser dans les cavités les plus profondes, sans avoir un instrument trop long pour prendre place dans une trousse ((ig. 4 3 et 21).
Nous décrirons les lancettes avec la saignée et la vaccinadon , les sondes avec le cathétérisme, les bistouris avec les inciswns.
Les divers instruments dont nous venons de parler sont ordinairement d'acier ou de fer. Cependant, pour les stylets, les porte-mèche, les sondes cannelées, on emploie aussi l'argent <U le platine. MM. Robert et CoUin de Paris, et M. Leiser de Vienne (Autriche), ont eu simultanément l'idée de fabriquer des instrument avec le bronze d'aluminium. D'après Morel-Lavallée {Société de chirurgie, 22 juillet '1 863), cet alliage remplacerait parfaitement l'argent, et même le fer, dans la construction d'un certain nombre d'instruments : les stylets, les sondes cannelées, les sondes de Belloc, les sondes urélhrales, etc. Les tubes fabriqués avec le bronze d'aluminium seraient préférables aux tubes d'argent pour faire des injections sulfureuses; ils pourraient môme servir pour les injections iodées, d'après M. Giraldès.