DES LINGES
Les linges qui servent aux pansements doivent êire de toile, de chanvre ou de lin, et même de coton, demi-usés et blancs de lessive ; nous parlerons plus lard de quelques autres substances, brutes ou lissées, utilisées pour les pansements.
Les linges sont employés à l'état de charpie, de compresses, de bandes et de larges pièces, telles que : alèzes, draps fanons, bandages de corps, mouchoirs, etc; ces derniers seront décrits avec les bandages pleins, f
§ 1. — Charpie.
La charpie est une substance spongieuse et souple, préparée avec le linge demi-usé, tantôt à l'élat de fdaments : c'est la charpie briiie ; d'autres fois, à l'état de duvet pulvérulent: c'est la charpie râpée.
•I" Charpie buute. — La charpie brute est formée de filaments retirés du linge qu'on a effilé. Lorsqu'elle est belle et fraîche, elle est souple, douce au toucher, élastique; chaque brin présente des ondulations très-variables, dues à la pression que les lils de la toile tissée exercent les uns sur les autres; elle est hérissée dans tous les sens d'un duvet cotonneux. La bonne charpie est exempte de nœuds, longue de 6 à 4 0 centimètres ; trop courte, elle devient dure au toucher^ noueuse. Elle doit encore être récente, car, en vieillissant, elle s'affaisse, devient plus compacte, jaunit et prend une mauvaise odeur.
Les propriétés de la charpie sont d'exciter légèrement les plaies sans les irriter, de les échauffer, de les maintenir à une température constante, de les garantir du contact des agents extérieurs. Une autre propriété de la charpie serait d'absorber les liquides, par conséquent le pus sécrété à la surface des plaies. D'après les expériences de Gerdy, la charpie absorberait facilement l'eau et le vin, et difficilement l'huile ; la charpie préparée avec le linge neuf aurait une propriété absorbante plus considérable que celle préparée avec le vieux linge.
En somme, l'absorption du pus par la charpie est difficile et cette substance ne s'imbibe guère que du sérum de ce liquide; on voit en effet les plnniasseaux rester secs à l'extérieur, quoique
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la lace opposée soii en contact avec une plaie inondée de pus.
La charpie peut être employée sèche ou enduite de cérat ou de substances médicamenteuses grasses : alors elle ne s'attache pas aux plaies, elle ne les excite pas par elle-même^ elle absorbe très-difficilement les fluides.
Percy a employé la charpie imprégnée de gaz ou de vapeurs, et paraît en avoir retiré quelque avantage.
La charpie sert de remplissage, soit pour combler les vides, soit comme moyen compressif; dans ces deux circonstances on peut employer une charpie même grossière. On conçoit que, dans ces derniers cas, les succédanés de la charpie puissent souvent lui être substitués sans inconvénient.
Pour préparer la charpie, on prend du linge demi-usé, blanc de lessive, autant que possible non blanchi à l'eau de Javelle ou à la chaux; on le déchire par petits morceaux de quatre à cinq travers de doigt, puis on les effile brin à brin. Lorsque le hnge est trop usé, et qu'au lieu d'un seul brin on en prend deux, ceux-ci se cassent et forment, à la partie inférieure du linge, des nœuds qui rendent la charpie peu homogène : cette dernière est mauvaise et doit être rejetée lorsque ces nœuds sont en quantité notable.
2° Charpie râpée. — La charpie râpée est beaucoup plus fine que la brute; elle adhère plus fortement aux plaies, les irrite davantage. La charpie brute doit toujours lui être préférée, à moins qu'on ne veuille exciter la surface d'une plaie dont la vitalité est très-faible.
Celte charpie râpée se prépare en grattant avec un couteau un linsre convenablement tendu.
La charpie doit être conservée dans un endroit sec, parfaitement aéré; elle ne doit pas être entassée. Il faut surtout se garder de la déposer dans des endroits d'où émaneraient des miasmes putrides, qui seraient absorbés par elle, et lui feraient con- Iracler des qualités nuisibles.
L'usage des linges de coton a rendu les linges de toile beaucoup pUrs rares, de plus la charpie exige beaucoup de temps pour être fabriquée ; aussi est-elle d'un prix assez élevé.^ On a donc cherché à la remplacer par d'autres substances qui sont désignées sous le nom de succédanés de la charpie. Tels sont :
A. Tissu-charpie, lint. — Les chirurgiens du nord de l'Europe se servent d'un tissu parliculier, lissu- charpie, inventé par les Anglais : une de ses faces est gommée, sur l'autre face le