COUSSINS
§ 3. — Coussins.
Les coussins sont des sacs de toile, étroits, allongés; leur largeur est de 8 cenlimèlres environ; leur lonoueur est proportionnée à la longueur du membre sur lequel ils doivent être appliqués (fig. 146, B). Les coussins doivent être remplis d'une substance molle qui puisse se déplacer facilement. La balle d'avoine est celle qui est le plus souvent employée; elle échauffe peu le malade, se déplace avec une grande facilité, de telle sorte qu'elle permet de donner au coussin une forme convenable. Le coussin doit êire plus épais dans les points où le membre présente des dépressions ; plus mince, au contraire, partout ovi il offre des saillies; de celte manière, l'attelle qui est en contact avec le coussin presse à peu près également sur toute la longueur du membre. Le crin, la plume, la laine, ne présentent pas l'avantage de se déplacer aussi facilement que la balle d'avoine ; le son se déplace bien, mais il est souvent altéré par l'humidité.
Il est d'autres coussins beaucoup plus épais et plus larges, que l'on place au-dessous du membre malade pour le tenir plus élevé, ou dont on fait des plans inclinés ; ils sont constitués de la même manière que les précédents, dont ils ne diffèrent que par le volume.
Dans quelques cas le chirurgien manque de coussins ; on peut alors les remplacer par des linges plies en plusieurs doubles. On a désigné ces appareils sous le nom de faux fanons. Du reste les coussins peuvent être remplacés momentanément par toute espèce de corps souple qui se moule facilement sur les parties, par exemple par du coton, de la filasse, de la mousse, du foin, etc.
On a encore construit des coussins en caoutchouc vulcanisé et remplis d'air. Ces coussins sont souples, ne s'échauffent pas, ne sont pas altérés par l'humidité, enfin ils peuvent être nettoyés avec la plus grande facilité sans qu'il soit besoin de lever enlièrement l'appareil ((ig. 1 48). Dans le cas où l'appareil serait trop serré, on souhigcrait imiriédialement le malade en ouvrant un robinet qui, laissant échapiier une certaine quantité d'air, fait diminuer aussilôt le volume du coussin.
M. Gariel a fait exécuter plusieurs variétés de ces coussins : les uns sont fixés à une planchette qui fait l'office d'attelle; d'autres présentent sur une de leurs faces des anneaux de caoutchouc destinés à maintenir une attelle mobile; enfin, les planchettes
APPAREILS DE FRACTURES
qui supportent les coussins sont réunies entre elles par des charnières, de telle sorte que la réunion de trois de ces coussins forme une espèce de boîte ouverte à ses deux extrémités et à sa partie supérieure. Le membre, entouré de bandelettes de linge,
FlU. 148. — Coussins en caoutchouc.
est placé dans cette boîte, dont les coussins sont vides, puis ces derniers sont insufflés jusqu'à ce que le membre soit suffisam-
FiG. 149. — Boîte de M. Gariel.
ment comprimé (fig. 1 49). L'appareil peut être fermé après que l'on a vidé les coussins.
Fig. 150. — Coussins multiples do M. Gariel.
Au lieu d'un seul grand coussin rempli d'air pour supporter le membre. M, Gariel conseille de placer plusieurs coussins les uns à côté des autres. Grâce à cet appareil, on peut, en insufflant les coussins inégalement, obtenir des dépressions qui per-