‹ Manuel de petite chirurgie [electronic resource]Chapitre 66 sur 256 · APPAREILS A DOUBLE PLAN INCLINÉ · texte numérisé non relu

APPAREILS A DOUBLE PLAN INCLINÉ

ture. Il est maintenu au degré d'inclinaison jugé convenable par deux boulons à vis qui sont reçus dans une coulisse pratiquée à travers la pièce latérale.

» Les moyens d'extension consistent en deux altelles latérales G, G, assemblées entre elles par trois demi-cercles d'acier H, H qui les maintiennent à un degré d'écartement nécessaire pour que le membre ne soit pas comprimé. Elles sont articulées à la hauteur du genou, pour permettre la flexion à tous les degrés. L'angle de flexion est fixé au moyen de l'arc de cercle I et de la vis de pression K. La portion fémorale des attelles présente de chaque côté deux gaines de fer LL, destinées à loger la longue attelle FF, à glisser sur elle et par conséquent à servir de curseur à tout le système d'extension. Une large courroie rembourrée M, fixée à la partie supérieure de la portion jambière des attelles, appuie sur le mollet. C'est par elle que s'opère l'extension du membre. A la partie inférieure des attelles se trouve une sorte de sandale N, qui maintient le pied, tout en lui laissant exécuter quelques mouvements de flexion et d'extension. Cette pantoufle est montée sur une semelle de bois, reposant sur une tringle de fer terminée par deux tourillons qui sont reçus et fixés au moyen d'un écrou dans des trous pratiqués à différentes hauteurs à travers les attelles jambières. Toute cette partie de l'appareil est montée à coulisse, à l'aide des gaines de fer de la portion fémorale LL, sur la longue attelle FF. Celle-ci remonte jusqu'à la hauteur de la fosse iliaque externe où elle se fixe sur le petit pont E de l'arc de cercle D : elle se prolonge en avant jusqu'au delà du genou parallèlement à l'axe de la cuisse, pour se terminer par une sorte de T ou de béquillon, Q, sur lequel est lixé l'extrémité de fa corde servant à faire l'extension. Enfin une seconde courroie 00, réfléchie sur les altelles fémorales comme la courroie M l'est sur les attelles jambières, est destinée à supporter la partie moyenne de la cuisse.

T> Pour appliquer cet appareil, on commence par glisser sous le malade la pièce A, supportant le plateau lombaire ; on adapte les pièces B et C à cette première pièce et ou les croise à leur partie antérieure. La ceinture ainsi constituée, on attache les souscuisses, puis on passe à l'application des attelles. La semelle de bois est placée à une hauteur telle, que l'articulation des altelles corresponde à peu près à l'articulation du genou; on maintient le pied à l'aide des brides N. La courroie M est glissée sous le mollet, et les lanières qui la terminent sont réfléchies et fixées sur les allelles jambières. L'altelle FF est introduite de bas en haut sous les gaines LL, jusqu'à ce que son extrémité pelvienne

Al'PARlîlLS DE FRACTIJULS.

arrive à la mortaise E. La jambe est alors fléchie sur la cuisse, et cette flexion est arrêtée à l'aide de l'écrou K. La courroie crurale est placée sous la cuisse, et les lanières réfléchies sur les attelles seront attachées ensemble sur le plein de la courroie. En faisant glisser l'arc de cercle qui reçoit l'attelle F dans la coulisse pratiquée sur la pièce latérale de la ceinture, on peut porter le membre dans l'abduction ou dans l'adduction, ou plutôt dans la rotation en dedans ou en dehors.

» L'extension s'exerce en faisant passer la corde attachée au béquillon Q, sur un taquet R, fixé sur l'une des gaines curseurs de la partie fémorale des attelles, puis on revient sur le bras correspondant du béquillon, pour retourner au taquet et finir par l'enroulement de la corde autour du béquillon. En tirant sur la corde, 4e taquet tend à se rapprocher du béquillon, et par ce fait se produit l'extension. Celle-ci doit être graduelle et ne pas déterminer de vives douleurs, j

Cet appareil peut aussi servir pour les fractures de jambe ; un petit treuil est alors placé transversalement à la partie inférieure des deux attelles jambières et exerce des tractions sur la semelle. La jambe est demi-fléchie sur la cuisse et c'est la courroie fémorale qui est chargée de la contre-extension.

Cet appareil, bien que compliqué et par cela même fort coûteux, présenterait des avantages réels, ce qui fait que nous avons cru devoir le décrire. Toutefois, on doit ajouter que tous ces appareils mécaniques sont souvent très-difficilement supportés par les malades et peuvent donner lieu à des eschares aux divers points où ils s'appuient pour la contre-extension, aussi doivent-ils être surveillés avec grand soin.

§ 5, — .ippni'cils à suspension.

Désignés plus spécialement sous le nom d'appareils hyponar- Ihéciques (Mayor), les appareils à suspension comprennent les planchettes, les gouttières suspendues et les hamacs.

r Appareils de Mayor. — L'appareil à suspension, conseillé par Sauter (de Constance) en 1812, a été appliqué par Mayor a tous les cas de fractures des membres inférieurs et a celles des membres supérieurs, qui sont compliquées de plaies. .Avec cet appareil, dit-il, est résolu ce problème si difficile, quil semble presque un paradoxe, de traiter un membre brisé, même avec les plus fâcheuses complications, par là simple position et sans

APPAREILS A SUSPENSION

aucune attelle, et de permettre en même temps à oe membre iV exécuter sa7is inconvénients ni douleur tous les mouvements parallèles à l'horizon (.1).

Je me contenterai d'exposer sommairement la description de ces appareils ; renvoyant, pour plus de détails, à l'ouvrage cité ci-dessus.

L'appareil de Mayor se compose : a. D'une planchette, ou attelle postérieure, sur laquelle doit reposer le membre; elle le dépasse à chaque extrémité de 7à8 centimètres. Pour la jambe, l'extrémité supérieure doit arriver seulement jusqu'au jarret, afin de permettre la flexion. Aux quatre angles de la planchette

I Fie. 202, — Appareil à suspension de Mayor, appliqué ù la jambe.

sont percés des trous qui donnent passage aux liens qui doivent la suspendre ; de plus ses bords présentent des clous, qui servent à attacher les liens contentifs du membre (fig. 202).

b. D'un épais coussm plaeé sur la planchette, aussi long qu'elle et la dépassant à son extrémité supérieure. Ce coussin est remph déballe d'avoine, de crin, ou de toute autre substance qui

aJ}) ^^yo'"» Bandages et appareils à pansements, p. 250, 3« édition,

APPAREILS DE FRACTURES

puisse être facilement déplacée, afin de pouvoir se t-' ouler sur la forme du membre (fig. 202 et 203).

c. De liens pour fixer le membre sur la planchette, l'un est situé en haut, c'est le lien supérieur ; l'autre en bas du membre, lien inférieur. Enfin, dans l'intervalle, on peut placer un aussi grand nombre de liens qu'il est nécessaire, pour tirer les frag-

ile 203. — Appareil à suspension de Mayor, appliqué à la cuisse.

ments en dehors ou en dedans, dans le but de maintenir les extrémités fracturées en rapport.

d. Be cordes fixées, soit au plalontî, à l'aide d'un crochet, soit au haut du lit, au moyen d'une barre transversale, servant a maintenir l'appareil et le membre suspendus.

Pour la caisse, Mayor se sert du double plan » chne que nous avons figuré plus haut (voy. fig. i05); ^^^^ =^Pf ^« l^»";'. suspendu par six cordes qui entrent dans les trous que nous

APPAREILS A SUSPENSION

avons indiqués sur la figure ; on a donc, réunis, les deuxavajitages du plan incliné et de la suspension (fig. 203).

2° Gouttières. — Il est évident que ces divers appareils doivent être modifiés selon les fractures qu'on a à traiter ; toutefois Mayor ne tarda pas à abandonner les planchettes pour leur substituer les demi-goultières métalliques de fil de fer, ainsi que nous l'avons déjà vu dans le chapitre consacré à l'étude des gouttières.

En '1 833, Munaret(l) préconisa l'emploi des gouttières pleines, revenant ainsi à ce qu'avait fait Ravaton dès 1776 (2). D'ailleurs il est bon de faire remarquer avec M. Gaujot (3), que les appareils à suspension employés par Sauter et Mayor ne différent que très-peu de ceux qui furent imaginés par Loffler vers 1791(4).

3° Hamacs. — L'emploi des hamacs à sangles séparées apparut avec la boîte de J. L. Petit, puis avec le double plan incliné de Delpech; Tober et Eichhemer préconisèrent la suspension et l'emploi d'une sorte de fond sanglé à bandes séparées. D'un autre côté, Posch (devienne), Bell, Faust (1 800), de Graefe, utilisèrent les hamacs pleins. Leur exemple fut suivi par Scoutetten (5) et H. Larrey (6), surtout dans le traitement des lésions du membre inférieur, et particulièrement pour les fractures de jambe.

Enfin, parmi les chirurgiens modernes qui ont employé le hamac plein, nous devons citer en première ligne M Cusco Le hamac-fanon dont il fait un si fréquent usage « est un parallélogramme de toile de largeur unique et de longueur variable selon le membre qu'il supporte. Les bords des grands côtés du parallélogramme sont repliés sur eux-raômes pour former une coulisse dans laquelle doit glisser une baguette de bois appelée attelle. Cette attelle, destinée à donner attache aux lacs suspenseurs, produit encore sur toute la surface du linge une parfaite égalité de tension.

» Pour que ces baguettes ne puissent sortir de leur coulisse et par suite donner lieu à quelque accident, les deux extrémités sont fermées et les attelles ne sont introduites que par une ouverture pratiquée sur les côtés de la coulisse (7) . »

(1) Gazette médicale, 1833.

(2) Pratique moderne de chirurgie, 1776.

(3) Loc. cit., p. 198.

W Malgaigne, toc. cit., t. I, p. 230.

(5) In Gaujot, loc. cit., p. 200.

(0) Ibid., p. 201.

(7; E. Bouyon, thèse de Paris, 1868, p. 36 et suivantes.

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