III. — Appareils de M. F. Paquet (de Roubaix
Ce chirurgien a proposé la substitution de la gulta-percha' ferrée a la gutta-percha ordinaire, pour construire des appareils de fracture ou des appareils orthopédiques (1).
D'aprèsM F Paquet, la gulta-percha ferrée aurait la qualité de se ramo hr plus vite et d'une façon plus égale, ce qui la rend plus malléable et, en outre, de se durcir plus vite que la gutlapercha ordinaire. ^
Pour la préparer, on prend de la gulta-percha ordinaire non cassante, on la fait bouillir dans l'eau, et quand elle est bien ramollie, on la retire et on la malaxe avec un tiers de son poids de peroxyde de fer. Puis on la passe un certain nombre de fois au laminoir, afin que l'union du peroxyde et de la gutta soit assez mtime pour que, plongée dans l'eau, la gutta ferrée ne colore pas le liquide.
On comprend que le mode d'emploi des plaques de ^uttapercha ferrée, est tout à fait analigue à celui qui a éîé décrit plus haut, aussi n'y insisterons-nous pas
Ce fut en 1865, que le docteur Michel (de Cavailhonl nrn-
reiL^ aZ niles f '"'^ pour confL.ion^ei les p' .
re.lsinamovib es. La même année, le professeur Such (de Vienne^
iOO APPAREILS DE FRACTURES.
Il est à remarquer que ce moyen facile et élégant de faire les appareils inamovibles fut très-long à s'introduire dans la pratique chirurgicale, et resta confmé quelque temps dans les provinces méridionales. De plus, l'expérimeutalion faite par les chirurgiens autrichiens, pendant la guerre de 1866, donna d'assez mauvais résultats, ce qui tient probablement aux conditions défectueuses dans lesquelles ils ont été fatalement placés. Aujourd'hui, l'emploi du silicate de potasse tend à se vulgariser, et beaucoup de chirurgiens des hôpitaux en font un usage jour- , nalier dans leurs services.
La quantité de substance qu'on emploie pour un appareil quelconque est toujours inférieure à celle qu'on utiliserait pour construire le même appareil en plâtre, en dexlrine, etc., par conséquent, le pansement est léger, ce qui est un grand avantage pour le malade. Malgré cette légèreté, qui lui donne une supériorité marquée sur l'appareil plâtré, le pansement au sihcale est très résistant et immobilise bien les parties ; il serait plus résistant que l'appareil dextriné, amidonné et même plâtré, d après les expériences de M. H. Gaye (1). , , , , •
11 est évident qu'au point de vue de la rapidité de la dessiccation l'appareil silicaté est inférieur à l'appared plâtre, cependant il peut lutter avec avantage, quand on le compare aux appareils faits avec la dextrine, l'amidon ou la gélatine. ^
Nous croyons utile d'indiquer ici le mode de préparation du silicate de potasse, produit qu'on rencontre bien dans le commerce, mais qui est souvent impur, ce qm nuit aux résulta s fournis par son application. Celte préparation, relatée dans la ihèsede M. Sendral (2), est due à M. Ilepp (de Strasbourg)
On fait fondre ensemble 10 parties de carbonate de potasse et 12 parties de quartz pulvérisé, le produit de la f"sioii est c ulé pulvérisé finement, et mêlé avec un peu de carbonate de p omb afin de précipite; le sulfure de potassium qui resuite d fa réd^cUon du sulfate de potasse contenu dans le carbonate
■^^'aiîleurs'pour obtenir du silicate très-pur, on peut employer aul ~onate de potasse de là crème de t-tre ^H^^^ proportions de 2 parties pour 1 de quartz. « ob n^^^^^^^^
pulvérisé et projeté par petites quantités dans de 1 eau bomlla jWà ce qu'il y ait 1 partie do sihcate pour o d eau. Les pa. lies .
(1) Thèse de Paris, 1868, n» 154.
(2) Thèse de Strasbourg, 1868, 3« série, 62.
APPAREILS SILICATÉS, !i01
insolubles se déposent, on décante le liquide, et on le concentre jusqu'à ce qu'il ait une densité égale à 36 ou 37" de l'aréomètre de Baumé. C'est dans cet état que l'on conserve la solulion pour appliquer les appareils inamovibles. •
Le mode d'application des appareils silicalés diffère peu de celui delà plupart des appareils inamovibles que nous venons de passer en revue.
Le membre ou le segment du membre est entouré d'ouale de façon à protéger les saillies osseuses; cette ouate est assujettie à l'aide d'un bandage roulé. Puis on applique les aUelles, et l'on met la bande silicatée.
^ Les attelles de carton peuvent être avantageusement remplacées par des compresses pliées en quatre, imbibées de silicate, ou bien encore par du papier d'emballage préalablement verni avec du silicate.
Quant à la bande, il y a trois manières de l'appliquer ; les uns, déroulent la bande et l'imprègnent de silicate avant de la placer autour du membre, comme on le fait pour la dextrine. D'autres, placent la bande sèche et la vernissent avec un pinceau trempé dans la solution silicatée; mais alors l'appareil manque de solidité, et ce procédé ne peut guère être employé que pour le membre supérieur.
Enlin, M. Gaye propose un troisième procédé : « Pendant que » la bande sèche est appliquée sur le membre, un aide imbibe » cette bande à chaque tour de membre qu'elle fait, non pas 0 avec un pinceau, mais avec la main enduite de silicate ; puis » il beurre uniformément la surface extérieure de l'appareil n ■ Cet appareil ainsi confectionné est très-solide et très-élé"c^ant d une couleur blanc bleuâtre et d'un aspect nacré ; il est lisse' poh et brille à distance comme du verre. Enfm, il est très-propre a appliquer, ce qui n'est pas une qualité à dédaigner pour les praticiens. o i ^
Comme le silicate est soluble dans l'eau chaude, il suffit de placer I appareil dans un bain tiède pour l'enlever avec facilité • av^c iTdettrine''^'^'* '"''''''^ rapproche de celui qui est fait
En résumé, nous croyons que les avantages de l'emploi du silicate sont assez grands pour qu'il finisse par se substituer à presque toutes les autres substances utilisées pour faire des ap-
Connue TT'I '"^'- 'T""' !''''^''' préparation sera bien connue et que le silicate employé sera bien pur.
APPAREILS DE l'IUCTUnES.
§ f«. — 4p|»arcilH modelés en tollo niélnllique.
Les appareils récemment inventés par M. Sarazin peuvent être rangés parmi les appareils amovo-inamovibles, et méiitent . d'attirer ratlenlion des chirurgiens. Voici en quoi ils consistent :
« Deux feuilles ou valves malléables à la main et assez rigides pour former cuirasse, clouées ou fixées à charnière sur une attelle garnie de courroies bouclées : tels sont les éléments de
mon appareil (l) ». . ,
Pour fabriquer les valves de ses appareds, M. Sarazin s est arrêté au choix de la toile métallique ordinaire, dont les mailles ont 2/3 de centimètre et le fd 7 à 8/10" de millimètre. Cette toile doit être galvanisée afin d'éviter la rouille, ou pour mieux dire les fils dont on fait la toile doivent être au préalable galvanisés, afin que celle-ci soit souple et malléable. D'un autre côte, cette 'toile métallique est assez rigide pour conserver la forme qu'on lui fait prendre, et cette solidité est augmentée par la présence de l'attelle à laquelle on la fixe.
Les attelles, auxquelles sont fixées les valves de toile métallique, sont des attelles ordinaires droites et rigides adaptées par leurs dimensions à celles de l'appareil. Par exemple, 1 atlelle du coude est formée de deux pièces réunies à angle, et qui permettent de faire varier la flexion de l'article ; celle de la cuisse peut être allongée à l'aide d'un mécanisme spécial situe au niveau dueenou (fiû-. 235). Des courroies en ruban (3 ou 4 cent, de large), munies de boucles, sont clouées sur l'attelle, à une distance telle, que l'appareil appliqué, la boucle soit toujours située sur la partie la plus accessible du membre, c'est-a-dire en avant. Enfin, l'apoareil est matelassé avec de la ouate, elles valves métalliques peuvent être bordées avec du cuir, ce qui vaut mieux que d arrêter en les tordant chaque extrémité libre des fils métalliques Des clous de tapissier peuvent servir à clouerles valves sur attelle; lorsqu'on veut les fixer à charnière, ce qm est préférable M. Sarazin conseille de prendre des clous repliées en U a double
^Xous ne pouvons décrire longuement ici, chacun des appareils qui ont été construits sur ce principe, et pour lesquels 1 au eur donne en quelque sorte des patrons. Nous renverrons donc le lecteur à rarlicle déjà cité des Archives générales de mode me toutefois nous empruntons à cet auteur deux de ses figures, l une
(1) Archives générales de médecine, 4871, 2'= vol., p. 2C8.