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DES INJECTIONS

un moyen pour faire des fumigations dans les bronches. On emploie ainsi, l'arséniate de soude, la belladone, la digitale, la jusquiame, le stramonium, etc., mais il faut faire pénétrer de temps en temps la fumée dans les poumons. On emploie encore pour faire des fumigations , l'alcool , les résines, les plantes aromatiques, les huiles volatiles, le soufre, le cinabre, les acides gazeux, le chlore, l'iode, le camphre, les baies de genièvre, etc.

L'inhalation est une espèce de fumigation, mais ce mot caractérise les fumigations d'éther, de chloroforme, etc., qui doivent agir comme anesthésiques.

Art. XiXYI. — Hes injections.

On a donné le nom ^injections à des liquides destinés à être introduits , à l'aide d'une seringue ou de toute autre manière, dans des cavités naturelles ou artificielles des êtres organisés.

On divise les injections en injections simples ou composées. Les injections sont simples lorsqu'on emploie du vin, des macérés, des infusés, des décoctés, des huiles médicinales, etc. Les injections composées varient suivant l'action qu'on veut produire. Les injections ont pour but, de modifier la nature des sécrétions des cavités dans lesquelles elles sont injectées, de supprimer une sécrétion anormale, etc.

On a longtemps discuté sur Futilité ou l'inutilité des injections dans certaines affections. Beaucoup de personnes pensent encore que les injections sont nuisibles dans les blennorrhagies , mais beaucoup croient au contraire à leur efficacité. Nous, nous ne comprenons pas comment on peut les proscrire. Elles peuvent a elles seules constituer le

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AKï DE FOUMULEK.

traitement de ces maladies lorsqu'elles sont convenablement employées.

De la préparation des injections.

1° Lorsque les substances médicamenteuses sont solides et solublesdans le véhicule, il suffit de les triturer dans un mortier avec de l'eau distillée, etc. Si elles sont liquides et solubles, on les pèse dans la iiole, on ajoute l'eau, etc.

2° Si l'on prescrit de l'huile comme véhicule des injections et qu'on ait à ajouter des liquides, des extraits, etc., on délaie les extraits avec un peu d'eau, et l'on ajoute un peu de céi at simple pour faciliter la suspension de ces principes médicamenteux.

y Si les substances médicamenteuses sont pulvérulentes et insolubles , on fait un mucilage avec de la gomme pour les tenir en suspension.

4° Lorsqu'on prescrit des racines, des feuilles, des fleurs, des semences, on les fait bouillir ou infuser, et l'on se sert de rinfusé, etc Si l'injection est composée, on suit pour la préparer les procédés que nous indiquons.

5" Si l'on prescrit de l'iodure de fer, on calcule ce qu'il faut employer d'iode pour représenter Fiodure prescrit. Ce calcul est facile, car on sait qu'en mettant dans un petit ballon 2 grammes d'iode , un excès de limaille de fer et 7 grammes 29 centigrammes d'eau distillée, k grammes de ce soluté représentent 1 gramme d'iodure ferreux. On pèse l'iode, on l'introduit dans un flacon, on ajoute une partie de l'eau et du fer, on agite, on verse le reste de l'eau dès que l'iodure est devenu incolore et on filtre. On bouche le flacon avec un liège qui a macéré pendant dix heures dans un soluté de sulfate de fer.

6° Lorsqu'on prescrit de l'iode, il faut toujours employer de l'iodure de potassium pour le dissoudre dans l'eau , une

DES LiVEMENTS.

partie d'iode et deux parties d'iodure. On prescrit souvent de mêler de la teinture d iode avec de l'eau pour faire des injections, mais il serait préférable , si l'on ne compte pas sur l'action de l'alcool , de recommander de dissoudre l'iode dans de l'eau avec de l'iodure de potassium. Quelques médecins font bien ajouter, il est vrai , une petite quantité d'iodure de potassium à la teinture d'iode dont ils veulent se servir, mais la quantité qu'ils prescrivent est trop faible. Il est toujours facile de savoir ce qu'il faut ajouter d'iodure, puisqu'on sait que 13 grammes de teinture d'iode du Codex contiennent 1 gramme d'iode. Si Ton employait une teinture au dixième, ce serait 10 grammes qui contiendraient 1 gramme d'iode.

Art. IiXVII. — Des lavements.

Les lavements ou les clystères ne différent des injections que parce qu'ils sont destinés à être introduits dans le gros intestin par l'anus. Les liquides qui sont destinés à cet usage varient par leur température et par leur composition. Le lavement pèse 500 grammes, le demi-lavement 250 et le quart de lavement 125 grammes. Pour les préparer on suit plusieurs procédés :

1° Lorsqu'on doit employer des substances végétales ou animales, on fait bouillir ces substances pêndant vingt minutes, on passe, etc.

2° Lorsqu'ils sont composés avec des gommes résines, on met ces gommes résines dans un mortier de marbre ou de pierre, on ajoute quelques gouttes d'eau pour les diviser et on triture fortement. Les gommes résines adhèrent au mortier et s'émulsionnent facilement : il est inutile d'ajouter un intermède.

3" Lorsqu'on prépare des lavements avec une huile médi-

ART m FORMULER.

camenteuse, du baume de copahu, etc., on délaye un jaune d'œuf avec de Teau, on introduit ce liquide dans un flacon, on pèse l'huile ou le baume, etc. On agite vivement pendant quelques instants, et l'on obtient une préparation parfaitement homogène. Ce procédé est de M. Sauvan.

Lorsqu'on prescrit de l'amidon pour faire un lavement, il faut toujours le faire cuire, à moins qu'on ne prescrive en même temps de l'eau de chaux. Dans ce cas, on double la quantité d'amidon et Ton se contente de le délayer avec l'eau de chaux.

5° Pour préparer des lavements avec du camphre, du musc, des résines solides, etc. , etc. , on emploie ou du jaune d'œuf ou de la gomme et un peu d'alcool.

6° Si les substances médicamenteuses sont entièrement solubles dans l'eau , on se contente de les dissoudre dans une suffisante, quanti té d'eau. Si elles ont besoin d'un peu d'acide pour se dissoudre , on en emploie quelques gouttes.

7° Si les substances prescrites sont pulvérulentes, on les tient en suspension avec un mucilage de gomme arabique,

Art. IiXVIIX. — Des suppositoires.

Les suppositoires sont des préparations destinées à être introduites dans le rectum. On les prépare avec du suif, du beurre de cacao, du savon, etc. On peut les rendre plus ou înoins médicamenteux.

Pour les préparer, on fait fondre la substance désignée, on ajoute les poudres , les extraits délayés avec un * peu d'eau, etc., etc., prescrits; on laisse refroidir le mélange de l'agitant continuellement et on le verse dans des moules en fer-blanc (fig. 19), dès qu'on reconnaît qu'il ne tardera pas à se solidifier. Les mou-

DJÏS CATAPLASMES.

les sont coniques, pointus; ils ont à peu près 7 centimètres

de longueur et 22 millimètres de diamètre à la base.

Suppositoires au beurre de cacao.

Beurre do cacao 20 gr.

Cire blanche 5

Faites fondre à une douce température , laissez refroidir convenablement et coulez dans les moules. On place les moules dans du sable.

Art. IiXIX. — Bes lotions.

Les lotions sor\i des médicaments liquides destinés à laver, nettoyer diverses parties du corps. On fait les lotions avec un linge, une éponge, etc., imprégnés d'une liqueur appropriée au mal.

Art. XiXX. — Des fomentations.

Les fome7itatïons sont des préparations destinées à entretenir de l'humidité sur certaines parties douloureuses du corps : elles sont tantôt froides et tantôt chaudes , tantôt alcooliques, vineuses, huileuses ou aqueuses, etc. Pour employer une fomentation, il faut mouiller un linge ou un morceau de flanelle avec le liquide et étendre cette étoffe sur la partie douloureuse.

Art. IiXXI. — Des cataplasmes.

On donne le nom de cataplasme à une bouillie épaisse destinée à être appliquée sur toutes les parties du corps. On emploie, pour les préparer, des poudres, des farines, des pulpes de plantes fraîches, etc., etc.

On verse souvent sur les cataplasmes de Fhuile camphrée, de l'extrait de Saturne, du laudanum, etc. On frictionne

souvent les parties douloureuses avec une pommade avant de les recouvrir d'un cataplasme.

De toutes les substances qui peuvent être employées à la confection des cataplasmes, c'est, sans contredit, la farine de lin qui est préférée. On la préfère, parce qu'elle contient de l'huile et une grande quantité de matière mucilagineuse. Beaucoup de pharmacologistes regardent l'huile de lin contenue dans la farine de lin comme extrêmement utile, et attribuent à cette huile de grandes propriétés. Malheureusement , ils ne se sont pas occupés de rechercher si leur raisonnement était appuyé sur des faits incontestables.

Nous savons bien que la graine de lin contient beaucoup d'huile, mais nous pensons qu'il est complètement inutile de la laisser dans la farine, puisqu'il est facile de reconnaître que, dans un cataplasme de farine de lin, l'huile est émulsionnée et tellement enveloppée que les linges ne sont jamais gras, que la place sur laquelle est resté un cataplasme n'est jamais grasse, et, par conséquent, que l'huile de cette farine ne peut avoir aucune action, puisqu'elle n'est jamais en contact avec la peau. On pourrait conclure de ce que nous disons que ce n'est pas à l'huile que l'on doit attribuer les éruptions, les ophthalmies, etc., qui sont la suite de l'application des cataplasmes. Eflectivement , l'huile de lin n'a pas la propriété de rancir, elle absorbe une grande quantité d'oxygène, perd sa fluidité et ne devient pas soluble. Mais comme la farine de lin contient des substances qui peuvent s'altérer sous l'influence de l'oxygène humide, il est probable que l'huile qui absorbe une grande quantité d'oxygène met les matières albuminoïdes et les autres substances dans des conditions favorables à leur érémacausie, et que c'est pendant cette modification que les substances irritantes se forment. Si nous ajoutons que 100 grammes de farine de lin pro-

DES DlGESTlt'S.

duisent ^60 graiiniies de cataplasme, tandis que la farine d'orge, la farine de blé et la fécule produisent 500, 540 et 1100 grammes de cataplasme, on reconnaîtra, nous l'espérons du moins, qu'il est avantageux de prescrire aux habitants des campagnes des cataplasmes avec de la farine de blé, puisqu'on peut leur épargner des déplacements plus ou moins onéreux. Quelques pharmaciens repoussent cette proposition, en disant que les cataplasmes préparés avec les farines de céréales s'aigrissent plus vite que les cataplasmes de farine de lin et qu'ils doivent être renouvelés plus souvent. Cette objection ne nous paraît pas sérieuse : nous avons souvent appliqué des cataplasmes de farine de blé et nous n'avons pas remarqué le plus petit inconvénient. D'ailleurs la place qui est couverte d'un cataplasme fait avec de la farine de blé est beaucoup plus humide que la place recouverte d'un cataplasme de farine de lin. La farine de blé nous paraît moins acide que la farine de lin.

On peut employer, pour faire des cataplasmes, les poudres de beaucoup de substances médicamenteuses : on les humecte avec une forte décoction de graine de lin ou bien on les mélange avec des farines, etc.

Art. IiXXII. I>es digestifs.

On a donné ce nom à un mélange de térébenthine, de jaune d'œuf, de styrax liquide, etc., destiné à modifier les plaies de mauvaise nature. Ces préparations s'emploient comme les pommades et doivent en avoir la consistance.

Digestif simple.

Térébenthine 16 gr.

Jaune d'œuf 4

Mêlez.

Digestif laudanisé.

Térébenthine 14.gr.

Jaune d'œuf 4;

Laudanum 2

Mêlez.

1 gramme représente 10 centigrammes de laudanum.

Digestif animé.

Térébenthine 8 gr.

Styrax liquide 8

Jaune d'œuf. » 4

Mêlez.

Digestif animé et laudanisé.

Térébenthine 6 gr.

Styrax liquide • • 8

Jaune d'œuf » • • ^

Laudanum..... 2

Mêlez.

Art. EiXXIIX. I>es caustiques.

On donne ce nom aux corps qui jouissent de la propriété de détruire , de désorganiser plus ou moins profondément les tissus des animaux, lorsqu'on les applique sur ces parties organisées. Les caustiques sont utiles pour détruire certaines excroissances de nature cancéreuse, etc. On les désigne souvent sous le nom de cautères potentiels. Ces caustiques sont des agents chimiques qui agissent à la température ordinaire et déterminent la décomposition de la peau par une action chimique spéciale. La potasse , le chlorure d'antimoine, le nitrate d argent fondu, le chlorure de zinc, la poudre de Vienne, etc., etc., sont des caustiques.

On a donné le nom de cautères actuels aux instruments de fer, etc., dont on se sert pour désorganiser les parties sur lesquelles on les applique : on les fait rougir, ou bien

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