‹ Manuel de pharmacie theorique et pratiqueChapitre 17 sur 93 · IO · texte numérisé non relu

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des plus blanc, on fait tremper les amandes pendant quelques inslans dans l’eau bouillante , pour ramollir leur pellicule , qui s’enlève ensuite aisément, en faisant glisser les amandes entre le* doigts. Ce procédé doit être exclu du laboratoire du pharmacien, parce que la chaleur à laquelle les amandes sont exposées les dispose à rancir plus vite.

Les amandes amères fournissent, par l’expression ù froid, une huile tout-à-lait semblable à celle des amandes douces, et qui n’a comme elle ni odeur ni saveur forte. Mais, si on a mondé les semences de leur pellicule, par l’eau bouillante, l’huile obtenue a une forte odeur d’amandes amères. Ce résultat paraît être produit par la réaction que la chaleur détermine entre les èlémens qui composent l’huile volatile d’amandes amères.

Lorsqu’une huile se trouve alliée à un parenchyme très-mucilagineux , on doit préalablement, par une pratique particulière, diviser ou détruire le mucilage, pour faciliter l’écoulement de l’buile. C’est ainsi qu’on extrait les huiles de lin, d’anis, de carvi, d’anelh : on pulvérise ces matières ; on les expose pendant un demi-quart d’heure à la vapeur de l’eau bouillante, sur un tamis au-dessus d’une chaudière, puis on les exprime promptement entre deux plaques de fer chauffées. Par ce procédé, on retire de la semence de lin, une huile fort douce , et bien différente de celle dont on fait usage dans les arts. Celle-ci est extraite par un autre moyen : on commence par torréfierja graine;

la chaleur rend la gomme extrêmement soluble , île sorte que l’eau la divise complètement, et que l’huile s’écoule avec facilité ; mais elle contracte une odeur et une saveur désagréables, provenant de l’altération causée par l’élévation de température.

L’huile, dans le jaune d’œuf, forme, avec l’albumine, une sorte de combinaison qu’il faut détruire pour que l’huile puisse s’écouler. Le meilleur moyeu d’y parvenir est celui que nous a donné M. Henry. On prend des jaunes d’œufs récens , on les fait évaporer dans un poêlon d’argent, en agitant sans cesse, jusqu’à ce qu’en exprimant entre les doigts on voie l’huile ressortir. Alors, on enferme dans un sac de coutil, et l’on exprime promptement entre des plaques chauffées. On filtre à chaud.

L’huile ainsi préparée est très-douce. Comme elle rancit très-facilement, on la renferme dans des bouteilles d’une petite capacité, que l’on bouche exactement , et que l’on tient à la cave.

Morelot avait proposé de délayer les jaunes d’œufs dans un peu d’eau , et d’y ajouter une suffisante quantité d’alcool, qui précipite l’albumine, et sépare l’huile, qui vient surnager. Mais il est de lait que l’huile reste mêlée à l’albumine, et que ce procédé n’est pas praticable.

.M. C haussier a donné la méthode suivante. On prend cinq cents grammes de jaunes d’œufs crus,

< t le double de leur poids d’alcool à ô.ï" ; on délaie les jaunes dans l’alcool; on chauffe pendant une demi-heure à 5o° ou (>o“ ; on filtre; on sépare.

parla distillation, les trois quarts de l’alcool, et on chaude le résidu pour chasser le reste de l’alcool.

M. Henry a reconnu que le mélange d’alcool d’huile et d’albumine forme un magma qu’on ne peut filtrer. Il faut mettre à la presse, et l’albumine retient de l’huile.

Lorsqu’une huile est solide, comme celles du cacao, du laurier, de la muscade , etc., on l’extrait par l’intermède de la chaleur. Cet agent, en la fluidifiant, la met dans les mêmes conditions qu’une huile naturellement liquide. Le moyen d’appliquer la chaleur n’est pas toujours le même , ainsi que nous allons le voir.

La première condition à remplir est de diviser suffisamment la substance qui renferme l’huile. A cet effet, quand elle n’est pas mêlée à des corps etrangers, on la pile dans un mortier échauffé , pour ramollir le corps gras, et former une pâte, que l’on achève de broyer sur une pierre à chocolat chaude. Le cacao reçoit une opération préliminaire. C’est une torréfaction qui dessèche , altère et détache l’enveloppe, en même temps qu’il se produit d’autres changement dans l’intérieur. On torréfie le cacao dans un brûloir à café ou dans une poêle de fer. On le verse sur une table, et on le froisse avec un rouleau pour détacher l’épisperinc , que l’on sépare au moyen d’un van. On choisit de préférence le cacao des îles, qui est à un prix plus bas dans le commerce. Il fournit plus d’huile que lu cacao caraque , et elle est d’aussi bonne qualité.

Le procédé le plus simple pour l’extraction des huiles solides consiste, après que la matière a été réduite en pâte , à l’exprimer promptement entre des plaques de fer ctamées échaudées dans l’eau bouillante. On obtient cependant peu de produit , parce qu’une partie du corps gras reste engagée dans la masse. On facilite sa sortie en mêlant à la pâle une certaine quantité d’eau bouillante. C’est le procédé de Josse, pour extraire le beurre de cacao, üemachy conseillait d’exposer le cacao à la vapeur de l’eau, comme on le fait pour l'huile de lin, et d’exprimer entre des plaques chauffées. MM. Henry et Guibourt ont fait voir que le procédé de Josse donne un produit plus abondant.

On peut encore, après avoir broyé les matières, les faire bouillir avec de l’eau. Le corps gras vient nager à la surface. Ou laisse refroidir, et on le sépare. C’est ainsi qu’on se procurait autrefois l’huile de laurier, et que l’on extrait la cire du uiyrica, et l’huile de palme.

Quand une huile solide a été extraite par l’un des procédés ci-dessus, il est nécessaire de la séparer des matières étrangères qu’elle a entraînées. On peut la tenir fondue au bain-marie , pour laisser déposer les lèces. On préfère ordinairement la filtrer à travers un papier, dans un entonnoir à double fond , échauffé par la vapeur ou l’eau bouillante.

Nous terminerons ce que nous avons à dire sur l’extraction des huiles par quelques mots sur l’huile de ricin. Le meilleur mode de préparation est l’ex-

pression à froid des ricins réduits en pâle, et places dans une toile de coutil. L'huile coule , il est vrai , avec lenteur, niais elle est douce et incolore. On la filtre dans une étuve.

On a proposé successivement plusieurs procédés.

On torréfie les ricins dans un moulin a café , -jusqu’à ce qu’ils soient assez chauds pour qu’on ne puisse les tenir dans la main ; on sépare l’enveloppe ; on les réduit en poudre , et on exprime dans des sacs de coutil. L’huile ne coule que lentement , mais elle est peu colorée. On y ajoute un peu d’eau, et on la fait bouillir dans une bas-ine jusqu’à consomption de l’humidité. On la passe à travers une chausse de laine, et on la conserve dans des vases bien bouchés. L’ébullition avait pour objet de dissiper un principe âcre volatile qui existe , dit-on , dans les licins. La chaleur, pendant la torréfaction et pendant l’évaporation, altère l'huile , et l’on doit rejeter cette méthode.

Un autre procédé semblable à l’un de ceux par lesquels nous avons extrait les huiles solides, en employant l’intermède del’eau. Aprcsavoir mondé les ricins, on les met en pâte , et on les fait chauffer dans une bassine étamée , avec beaucoup d’eau, jusqu'à ce que la matière entre en ébullition. Alors, on laisse tomber le feu , et bientôt ou séparé une écume blanchâtre qui s’est formée à la surface. On porte de nouveau à l’ébullition, en agitant jusqu’à ce qu’elle ait lieu. On laisse tomber le feu , et l’on écume encore. On renouvelle cette opération jus-

qu’à ce qu’il ne se forme plus d’écume. Celle-ci est formée d’eau , d’huile et d’albumine ; on la met dans une bassine d’argent, et on fait bouillir jusqu’à consomption de l’bumidilé ; on passe à travers une chausse pour séparer l’albumine coagulée, et les débris du parenchyme.

Par un autre procédé, on réduit en pâle les ricins séparés de leur enveloppe. On y mêle quatre onces d’alcool à 56 degrés, par livre, et l’on exprime. On retire, par distillation au bain-marie, la moitié de l’alcool dont on s’est servi; on lave l’huile à plusieurs eaux, et on la fait sécher, dans une bassine, sur un feu doux. Ce procédé, que nous devons à M. Fagucr, est bon et expéditif. L’alcool, en se mêlant à l’huile, augmente sa lluidilé, et facilite son écoulement. On doit préférer, cependant, l’expression simple , qui donne l’huile dans toute sa pureté.

Les huiles doivent être conservées dans un lieu frais, et surtout à l’abri du contact de l’air. Les observations de M. de Saussure nous ont appris qu’elles absorbent l’oxigène de l’air, s’épaississent, et prennent une saveur et une odeur désagréables. On dit alors qu’elles ont ranci , et il faut les rejeter de l’emploi médical.

11 est bon de ne préparer les huiles qu’à mesure du besoin , et de les conserver dans des vases bien remplis et qui ferment exactement.

Les huiles solides se conservent bien par lu procédé de MM. Henry et Cuibourt. On les coule dans des lioles à médecine , que l’on en remplit entière-

ment , et où elles se congèlent; on bouche ce» fioles , et on les conserve à la cave.

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§ ix.

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