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des formules pour que, sans autres recher ches, on puisse faire de suite l’application des principes généraux à la préparation de chaque médicament; mais je n’ai pas voulu faire une pharmacopée, et je me suis contenté de rapporter les formules du Codex , bien qu’elles ne soient pas toujours les meilleures possibles. Le formulaire n’est ici qu’un accessoire qu’il sera commode de rencontrer, et qui pourrait, sans un grand inconvénient, être retranché du corps principal de l’on vrage.
La nécessité des classifications ne saurait être révoquée en doute, dans un grand nombre de circonstances très-différentes, et souvent, on ne pourrait les négliger sans qn’il en résultât de graves inconvéniens. Nous les voyons conduire avec certitude et facilité a faire connaître le nom des individus. D autres fois, on se propose, par leur moyen, de classer les corps de manière à indiquer les rapports plus ou moins nombreux qu'ils
peuvent avoir entre eux. Enün, elles peuvent avoir pour but de soulager la mémoire, en réunissant, sous une marche invariable, et dans le cadre le plus resserré possible, une masse de faits que, sans cet aide, l’on aurait peine à retenir. Ainsi, dans une science aussi vaste que la chimie, on facilite extrêmement l’étude, en disposant, sous une marche toujours la même , les faits nombreux relatifs à l’histoire de chaque corps en particulier, et l’on diminue la sécheresse de l’étude, en réunissant en principes généraux tous les faits qui s’accordent entre eux, pour en faire l’histoire générale de chaque groupe décomposés. Les classifications ont un objet d’une bien plus grande importance dans les sciences naturelles. Elles servent à faciliter l’étude, et elles ont , en outre , le grand avantage , quand elles ont été faites d’une manière rationnelle, d’indiquer non -seulement quels sont les êtres auxquels on a affaire , mais encore quels sont les rapports et les diffé-
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rences qui existent entre eux; et lois menu que les classifications sont réduites a de sim pies systèmes, propres seulement à conduit < au nom de chaque individu, elles rendent encore de grands services. Mais de quelle utilité peut-il être d’établir une classification pour la préparation des médicamens? U nombre des groupes que l’on pourrait foimer est assez restreint pour qu’il ne puisse jamais y avoir confusion. Comme, d’ailleurs, on ne peut tracer aucune règle invariable pour la composition des médicamens, pai cela même, il y aura toujours du vague dam les distinctions. La seule méthode raisonna ble me paraît consister à marcher du simple au composé. C’est celle que j’ai cru devoir adopter, en me conformant assez exactement aux divisions tracées par le Codex.
Avant de commencer l’étude de la pharmacie proprement dite, j’ai juge à propos de décrire certaines opérations qui se représenteront souvent dans le cours de cet ou-
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vrage, et qui en auraient retardé ia marche naturelle, en obligeant d’interrompre une sérié de faits, par des descriptions hors de saison. Ainsi, la manière de faire une décoction est toujours la mémo ; l’ayant décrite à l'avance, je n’ai pas été obligé d’y revenir chaque fois qu’il en a été de nouveau question.
Quant à la nomenclature, je pie suis servi île celle qui est connue île tout le monde. Je ne suis pas persuadé qu’il soit nécessaire de la remplacer par une nouvelle. Lorsque Linné établit le système de nomenclature actuellement en usage dans l’histoire naturelle, il rendit à cette science un immense service; et quand ce grand génie n’aurait d’autres titres à la gloire que celte seule créa lion, il marcherait encore un îles premiers parmi les naturalistes , tant cette grande pensée a été riche en résultats. L’établissement du langage linnéen est, sans contredit , la principale cause qui a fait faire aux scieu-
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ces naturelles d’aussi grands progrès. C’est qu’il y avait nécessité de donner à chaque être un nom facile à retenir, qui pût servir à le faire reconnaître, et défendît de le confondre avec tout autre individu voisin. Ce nom, une fois établi, devait rester invariable , parce que les caractères propres à chaque être sont toujours les mêmes, et se présenteront aux naturalistes des siècles futurs tels qu’ils ont été observés par les naturalistes de nos jours. Ce fut également une idée heureuse et féconde en résultats que celle qui inspira à Guyton-Morveau de dénommer les corps chimiques d’après la nature des élémens auxquels ils doivent leur origine. Les variations mêmes que l’on a reprochées comme un défaut à la nomenclature chimique ne sont pas sans avantages ; car énoncer la synonymie d’un corps, c’est rappeler les travaux dont il a été l’objet, c’est annoncer les idées que les chimis tes ont eues successivement sur sa na-
tare. Ainsi, les mots d’acide muriatique dephlogistiqué, d’acide muriati((ue oxigéné, de chlore, rappellent les opinions successivement émises par Schceie, Berthollet, et les chimistes actuels. Mais de ce que l’établissement d’une nomenclature a rendu de grands services en chimie et en histoire naturelle, est-ce une raison pour vouloir en créer partout indistinctement, là même où elles ne sont d’aucune utilité? Est-il donc bien nécessaire d’établir une nouvelle nomenclature pharmaceutique? Les noms dont on a fait usage jusqu’à présent ne peuvent-ils donc plus suffire à nos besoins, et fallait-il en introduire de nouveaux? Si je ne me fais pas illusion, la première condition est de s’entendre : or, est-il possible d’établir des noms dont la signification soit plus claire, et laisse moins de vague dans l’esprit que la plupart des noms génériques anciens, qui appartiennent au langage ordinaire, et auxquels on ne peut reprocher d’autres défauts que d’ètre entendus
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de tout le monde. Certainement, tous le-> noms que l’on pourra créer ne présenteront jamais à l’esprit une définition plus nette que celle qu’il se forme des mots pilules, sucs, poudres, sirops, cataplasmes, tisanes, etc.
Il est une autre considération qui aurait dû détourner de l’idée de faire une nouvellenomenclature pharmaceutique; c’est que les médicamens peuvent varier à l’infini. Aucune loi ne pouvant présider à leur prescription, il en résulte qu’il ne sera jamais possible de prévoir toutes les anomalies qui pourraient se présenter; aussi, vaut-il mieux se servir des noms anciens , quoique peu convenables, que d’en inventer de nouveaux qui ne le seraient pas davantage. Quel moyen aurait-on, par exemple, de dénommer les pilules ? Sera-ce d’après la nature des matières qui en font la base? Mais ce peut êtrt une poudre, un extrait, une résine, un corps gras, un sel, etc., ou un mélange de toutes ces substances. Se servira- t-on de l’exci-
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picnt ? Mais il peut varier tout autant, et même il arrive souvent qu’il n’est pas nécessai re.
Ces considérations m’ont engagé à ne faire usage que de la nomenclature ordinaire. J’ai cependant rapporté ici le tableau de nomenclature nouvelle, que nous a donné M. Chereau, et auquel M. Henri a cru devoir faire quelques changemens. On pourra le consulter au besoin.