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DES HUILES ESSENTIELLES

Nous avons déjà dit quels caractères différencient les huiles fixes et les huiles essentielles.

'sons ne devons plus nous occuper ici de ces derniers corps, que sous le poin! de vue pharmaceutique, et étudier successivement leur préparation , et la manière la plus convenable de les conserver. Nous laisserons de côté tout ce qui a rapport aux huiles volatiles du commerce; la manière de reconnaître leur pureté doit trouver sa place dans un traité de matière médicale, et ne s’applique , d’ailleurs , qu’à celles qu’il est impossible au pharmacien de préparer lui- même; toutes les autres doivent être extraites dans son laboratoire.

l.e mode de préparation des huiles volatiles est à peu près le même que celui des eaux distillées; la théorie en est absolument semblable , et il est inutile d’y revenir. Nous ferons observer seulement que les huiles volatiles retirées des plantes fraîches sont plus suaves et plus légères que celles qui ont été fournies par des plantes sèches. La manière de procéder à la distillation est celle que nous avons indiquée en parlant des eaux distillées; dans quelques cas, la nature du récipient a besoin d’être modifiée , ainsi que nous le dirons plus bas.

Les huiles volatiles itinl tantôt plus légères, et tantôt plus pesantes que l’eau. On remarque que leur volatilité est en raison inverse rie leur pesanteur; de telle, sorte que les plus denses sont les moins volatiles. Les huiles denses sont contenues dans certaines substances qui croissent

dans des climats très-chauds; les essences indigènes sont toujours plus légères que l’eau.

Ces différences dans la volatilité et dans la pesanteur des huiles exigent des changemens dans le mode de distillation , et dans la nature du récipient. Examinons séparément chaque manière dc distiller.

PRÉPARATION DBS HDILES VOLATILES PLUS LÉGÈRES QUE l’eAO.

On distille à la manière ordinaire. Le récipient dont on se sert est un vase en forme de caraffe dont le col va en se rétrécissant vers le sommet ( Voy. planche 2, fig. 10) ; à la base, se trouve un bec , qui s’élève le long du corps principal du récipient, mais qui ne monte pas aussi haut que son col. Par cette construction , l’huile plus légère que l’eau se rassemble dans le col, et l’eau sort par l’extrémité du bec, à mesure que la distillation avance. On appelle ce récipient , récipient florentin.

11 est avantageux de se servir pour distiller , d’une eau déjà saturée d’huile essentielle par une première opération; elle ne dissout plus aucune portion de l’huile fournie par la plante, et qui passe en même temps qu’elle dans le récipient; celle-ci se sépare tout entière , et vient nager à la surface de l’eau.

Observons que, lorsque les huiles volatiles sont solides, à la température ordinaire de I atmosphère, comme celles d’anis et de roses, etc., il faut

tenir le serpentin tiède , pendant tout le temps c[ue dure la distillation, afin qu’elles ne sc solidifient pas, et qu’elles ne restent pas adhérentes à ses parois internes.

préparation dks huiles volatiles plus pesantes QUE l’eau.

Prenez, par exemple , cannelle concassée , cinquante parties; sel marin, cinq parties ; eau commune, cent parties. Faites macérer pendant deux jours, et distillez jusqu’à cc que le produit ne soit plus laiteux, cc qui annonce qu’il ne passe plus que très-peu d’huile; laissez déposer l’huile essentielle , et reversez dans l’alambic l’eau qui urnage ; redistillez de nouveau , comme ci-dessus. La môme manipulation doit être réitérée trois ou quatre fois ; c’est par ce procédé que l’on se procure les essences de cannelle de Chine , de cannelle de Ceylan , de girolles, de sassafras , etc.

Rappelons- nous que l’addition du sel a pour objet de retarder le terme de l’ébullition de l’eau, de manière à ce que la liqueur, dans l’alambic , n’entre en ébullition qu’au-dessus de cent degrés, et, à ce que , dans un temps donné , il se vaporise une plus forte proportion d’huile essentielle.

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