HUILES VOLATILES PAR EXPRESSION
Ce procédé est rarement employé, On ne s’en sert jamais que pour extraire les huiles contenues
dans l’écorce dn fruit des hespéridées ; on ri\nleur partie jaune extérieure , et on l’exprime dai » un sac de crin, entre deux glaces, pour perdre par imbibition le moins d’essence possible ; on obtient un liquide très-coloré , que l’on abandonne à lui-mème; il se sépare en deux couches, l’une aqueuse inférieure , l’autre supérieure, composée presque entièrement d’huile volatile; elle laisse déposer, par le repos , les fèces qui troublaient sa transparence.
Ainsi obtenue, l’huile est bien plus suave que celle préparée par la distillation, mais elle est moins pure ; elle est mélangée d’autres principes immédiats, entre autres de mucilage et de matière colorante ; aussi, elle fait tache sur la soie , et ne se dissout qu’imparfaitement dans l’alcool.
Les huiles volatiles doivent être conservées dans des vases bien bouchés; au bout de quelque temps, elles absorbent l’oxigène de l’air, et se rapprochent de l’état de lésine; il est même dangereux de conserver dans un endroit peu aéré des quantités considérables d’huile volatile. Quand les vases qui les renferment ne bouchent pas paifai tement , l’oxigène est absorbé , et l’air est vicié , au point de devenir dangereux. L’on a des exemples d’asphyxies instantanées produites par une pareille atmosphère. 11 ne parait pas cependant que le manque d’oxigène ait été la cause de la mort des individus, car l'analyse a fait retrouver , dans cet air, plus d’oxigène qu’il n’en faut pour qu’il soit propre à la respiration.
Quand une huile a été ainsi altérée , un peut, par la distillation, séparer la matière résiniüée de celle qui n’a pas éprouvé d’altération. On y procède de deux manières :
i° On rectifie par la distillation au bain-marie ;
2° On redistillc les huiles, avec des plantes fraîches. On pourrait se contenter de les distiller, a l’eau seulement; cependant, comme leur odeur est devenue moins suave, l’addition de nouvelles plantes ne peut qu’être avantageux.
La lumière concourt aussi à l’altération des huiles volatiles; elle hâte leur épaississement, cl, souvent elle change leur couleur. U faut les garder dans des lieux ubscuis, et dans des flacons couverts de papier nbir.
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DES ALCOOLATS.
On nomme alcoolat de l’alcool qui a été chargé, au moyen de la distillation , des parties aromatiques des végétaux. Les alcoolats étaient désignes autrefois sous une foule de dénominations. On les appelait esprits, gouttes, baumes, eaux, etc. On y substitua , plus tard , le mot alcool que l’on ht suivre du nom de la plante qui lui fournissait
ses principes médicamenteux. Le Codex a nommé toutes ces préparations alcoolats.
Les matières propres à fournir des alcoolats sont celles qui contiennent des parties volatiles qui peuvent passer avec l’alcool à la distillation , et rester en dissolution dans ce véhicule. L’huile essentielle est le principe immédiat qui s’y trouve le plus fréquemment. Quand sa proportion est considérable comme, par exemple, dans l’eau de Cologne , l’esprit de citrons, l’alcoolat blanchit lors de son mélange avec l’eau. La liqueur conserve sa transparence si l’huile volatile n’y existe qu’en très-petite quantité.
Les alcoolats sont simples e,u composés; simples, quand il n’entre qu’une seule substance dans leur préparation ; composés, quand on a distillé l’alcool sur plusieurs substances.
On emploie à la préparation des alcoolats, tantôt des matières fraîches, et tantôt des substances sèclies. Ces dernières doivent macérer quelque temps daus l’alcool , avant que l’on ne procède à la distillation ; il est même convenable de ne pas distiller de suite quand on se sert de substances fraîches. La macération facilite la dissolution des matières huileuses dans l’alcool, et elles passent plus facilement à la distillation.
Les matières qui doivent servir à la préparation des alcoolats ont besoin d’ètre divisées convenablement pour que l’alcool les pénètre plus aisément cl plus complètement. Quelquefois cette division des substances serait nuisible , par exemple , pour
les fruits, qui donneraient un produit moins suave. Cette précaution est applicable, en particulier, aux polachènes des ombellifères , dont l’huile volatile réside à la surface.
Comme l’alcool est très-volatil, on fait la distillation au bain-marie ; on évite ainsi de donner au produit une odeur empyreumalique. 11 n’a cependant jamais, au moment où il vient d’être distillé, toute la suavité qu’il est susceptible d’acquérir plus tard. 11 semble qu’avec le temps l’alcool et les principes aromatiques éprouvent, en quelque sorte, une combinaison [dus intime. On peut produire cet effet, presque instantanément, en plongeant les alcoolats, pendant quelques heures, dans un bain de glace.
Dans la préparation des alcoolats, on ne se sert pas toujours d’alcool au même degré. Le Codex prescrit, pour tous les alcoolats simples, de prendre de l’alcool à 5a degrés, et de retirer, par la distillation, à peu près autant de produit que l’on a employé d’alcool; en outre, on a l’attention d’ajouter un peu d’eau dans le bain-marie, de manière à ce que, au moment où l’on cesse le feu , les matières soient encore humectées. On fait une exception pour les alcoolats de roses et de framboises que l’on distille jusqu’à sic-cité; car les derniers produits sont les plus odorans.
Pour la préparation des alcoolats composés, le degré de l’alcool varie davantage. On se sert d’alcool à 22», pour l’eau de mélisse et l’eau vulnéraire ; d’alcool a Û2" , pour l’esprit de cocbléaria cl
le baume de Fioi'aventi ; d’alcool à 36° , pour l’eau de Cologne.
Quelquefois on ajoute aux matières a distiller une eau aromatique: c’est l’eau de cannelle, dans l’alcool carminatif de Sylvius ; c’est l’eau de fleurs d’oranger, dans l’alcoolat pour l’elixir de Garus.
D’autres fois on emploie des plantes fraîches dont l’eau de végétation remplit le même elTet qu’une addition d’eau distillée ; par exemple, pour l’esprit de cochléaria.
Enfin , dans un grand nombre de cas, on île retire pas , à la distillation , tout l’alcool que l’on a mis dans le vase distillatoire. C’est ce que l’on fait pour l’alcoolat de Garus, l’eau de melisse, l’eau vulnéraire, le baume de Fioravenli. Toutes ces diverses pratiques ont toujours pour efTet de ne pas laisser à sec les matières dans la cueurbite, afin d’obtenir des produits plus suaves.
Il est des fleurs, telles que le jasmin, la tubéreuse, dont l’odeur fugace ne pourrait être communiquée à l’alcool par le procédé ordinaire. On place ces fleurs couches par couches, que l’on sépare les unes des autres avec des morceaux d'étoffes de laine empreignes d’huile d’olives ou de Ben, et l’on comprime légèrement le tout. Toutes les vingt -quatre heures, on renouvelle les fleurs, jusqu’à ce que l’huile fixe soit suffisamment chargée de l’arôme des fleurs; alors, on lave l'étoffe de laine dans l’alcool, et l’on procède à la distillation par les procédés ordinaires.
Ce que nous venons tic dire suffît à la préparation des alcoolats simples.
Vous allons rapporter les formules, saus entrer dans plus de détails sur leur préparation.
Aicoolat d? écorces d'oranges.
^ Ecorces récentes d’oranges i
Alcool à 32 degre's 4-
Eau 2.
Retirez 4 de produit.
On prépare de même l’alcoolat de citrons.
A Icoo lal de coch Ica ria .
Feudles récentes de cochléaria 18.
Alcool h 3 20 12.
Relirez 10 de produit.
Alcoolat de romarin .
Sommités récentes de romarin ï2.
Alcool à 32° 3G.
Eau distillée de romarin 12.
l*our 3 o d’alcoolat.
On prépare de même les alconlals de mélisse, de mentlie, de lavande , etc.
alcoolats composés.
Alcoolat vulnéraire
(Eau vulnéraire spiritueuse).
Sauge
Angélique
Tanaisie
Absinthe. .
Fenouil. ....
Menthe
Hyssope.
Thym. . .
Camomille romaine. .
Origan
Marjolaine.
Mélisse
Lavande.
Alcool
Pour i5o d’alcoolat.
i parc
Alcoolat carminatif de Sylvitts.
Racine d’angélique
— d’impéraloire
— de galanga | ana f .
Feuilles de romarin
— de marjolaine. f
— de rue / ana
— de basilic. .
Baies de laurier.
Semences d’angélique. |
— de Iivèche ana 16.
— d’anis >
Gingembre 1
° ana 6.
Noix muscade )
Cannelle 12.
Girofles )
ir i • . 4-
Ecorces de citrons )
Alcool à 32° i^oo.
Pour j ooo d’alcoolat.
• Alcoolat de cochlcaria .
^4 Feuilles re'cenles de cochléaria i5o.
Racines fraîches de raifort 32.
Alcool à 32° 3oo.
Pour a5o d’alcoolat.
Alcoolat de safran composé .
Aloés succoliin Z20.
Myrrhe 64.
Safran 32.
Cannelle }
Girofles > ana 1 6.
Noix muscades )
Alcool à 220 8000.
Eau de fleurs d’oranger 500
Pour 4ooo d’alcoolat.
En mêlant à cet alcoolat 5ooo de sirop capillaire on a l’elixir de Garus.
sUcoolat aromatique ammonical (Esprit volatil aromatique huileux .
Zestes recens d'oranges (
— — de citrons j ana
Vanille 3
Girofles 2.
Cannelle
Mariale d’ammoniaque 1
Eau de cannelle ; ana 128
Alcool à 3an )
Après Irois jours de macération dans une cornne, ajoolez :
Carbonate de potasse 128.
Distillez, pour retirer 128 de produit.
Dans celte opération , l’hydrochlorate d'ammoniaque et le carbonate de potasse échangent leurs bases, et il se fait de l’hydrochlorate de potnsr-e, qui reste dans la cornue, et du carbonate qui se volatilise; il passe le premier à la distillation: l’alcool passe à son tour, chargé d’huile volatile , et d’une nouvelle quantité de carbonate. 11 redissout celui qui l’avait précède dans le récipient , et il s’en salure: une portion de carbonate d'ammoniaque chargé d’huiles essentielles s’attache au col de la cornue.
La liqueur est incolore au moment oit elle vient d’être préparée; elle se colore peu à peu a la lumière. Pour retarder cet effet, autant que possible, on conserve cet alcoolat dans des vases recouverts de papier noir.
Alcoolat de lavande ammoniacal.
(Gouttes anglaises céphaliques).
^ Esprit volatil ammoniacal, retiré par la distillation de la soie ou de toute autre matière animale 128.
Huile essentielle de lavande 4-
Alcool à 32° 16.
Distillez, en ayant soin d’arrêter la distillation dès que des poulies d’huile volatile nagent h la surface du produit.
Alcoolat de térébenthine composé.
(Baume de Fioraventi).
^ Térébenthine 11 G.
Résine élémi '
Tncamahaca j
Siiccin Una 96.
Galbant! m i
Myrrhe J
Styrax liquide 6
Aloës. 3 2
Baies de laurier 12$
Galanga \
Zédoaire 1
Gingembre f
Cannelle ' ’ ' lni
Girofles 1
Noix muscades J
Feuilles d’origan 3 2
Alcool h 32" 3ooo.
Four 2,5oo d’alcoolat.
Le résidu distillé dans une cornue au bain de sable donne un produit de couleur citrine qui ne contient pas d’alcool, niais des huiles volatiles un peu épaisses. On le nommait baume de Fioraventi huileux. En poussant davantage le feu , on obtient une liqueur noire contenant de l’eau et de l’buil* brune. Celle-ci est le baume de Fioraventi noir. 11 n’est plus d’usage, non plus que le baume huileux. Ce dernier est formé d’huiles volatiles déjà altérées; l’autre est presque entièrement composé d huile empyreumatique.
Alcoolat clc métisse composé.
(Eau de mélisse des Carmes j.
On prépare séparément des alcoolats simples avec
Alcool à 22° t ■
De chacune des matières qui doivent en-
trer dans l’alcoolat composé 9&-
On fait un premier mélange avec :
Alcoolat de cannelle
ana aoo.
— de coriandre ‘
— de êirolles [ana 3oo.
— de muscades )
— d’écorces de citrons. .
On fait un second mélange de , Alcoolat d'angélique
— de romarin
— d’hyssope
— ■ de marjolaine
— de thym
— de sauge
looo.
6oo.
8oo.
ana 700.
On reunit dans la cucurbilc d’un alambic 5oo parties du premier mélangé, 5oo parties du second, et 5oo parties d'alcoolat simple de ine'lisse. On y ajoute le dixième de leur totalité d’eau et un huitième de sucre (lequel, au reste, est inutile), et l’on relire les quatre cinquièmes par la distillation.
Alcoolat de citrons compose .
( Eau de Cologne).
r2p Huile essentielle de bergamotte ]
— de citrons. . . J ana 100.
— de cédrat )
— de romarin 1
— de fleurs d’oranger > ana 5o.
— de lavande. . . ]
— de cannelle 2 5.
Alcool à 36° 12,000.
Alcoolat île mélisse composé. ... i,5oo.
— de romarin i,ooo.
On distille, après une dixainc de jours, pour retirer les quatre cinquièmes dalcooial composé.
«-<• C<- C-C-O-C OOC-O-CHO-fK-t-O