HAC1NES AMYLACÉES
Jalap.
Rhubarbe.
Rhapontic.
Pivoine.
Ellébore blanc.
Valériane.
Aristoloche.
Fougère mâle.
Galanga.
Iris.
Fraisier.
Nénuphar.
Chou.
Oseille.
Renoîte.
Gingembre.
Turbith.
Ipécacuanba.
Zk doairc.
Colombo.
Calamus aromalicus.
Iris nostras.
Persil.
Ortie.
Belladone.
Serpentaire de Virginie.
Carotte.
Capucine.
Patience,
Tulipe.
Mauve,
Réglisse.
Raifort.
Guimauve.
Squine.
Salsepareille.
Sassafras.
Houblon,
Arrête-bœuf.
RACINES NOS AMYLACEE
Consoudc.
Bourrache.
Chicorée.
Pissenlit.
Aunée.
Angélique.
Oignon.
Scille.
Moutarde.
4° La chaleur doit encore être très-modérée , quand aux principes solubles et médicamenteux se trouvent joints d’autres principes que l’on a intérêt ii rejeter. Ainsi, pour préparer la tisane de casse , on se contente de délayer la pulpe dans l’eau froide , et de passer ; par ce moyen , on ne dissout rien du principe astringent contenu dans le parenchyme. La racine de réglisse donne par infusion une tisane sucrée et agréable; la décoction entraîne une portion de l’huile âcre qui est contenue dans la racine, et altère la qualité du produit.
5° Il arrive que la partie la plus active d’un médicament est insoluble dans l’eau, et ne peut s’y trouver qu’à la faveur d’autres principes, et en quelque sorte en opposition avec scs propriétés propres ; on doit alors soumettre les corps à une décoction prolongée. C’est par elle seulement que l’on parviendra à dissoudre quelques parcelles de principes médicamenteux. En avant égard à leur composition chimique , ou soumettra à la décoction les racines de polygala , de jalap, de serpentaire, le bois de gayac, etc., bien entendu que les corps qui sont chargés de parties volatiles, comme, par exemple, la serpentaire et la valériane , devront être traités en vases clos.
6° Outre les principes que nous venons d’énoncer, il est des précautions particulières à prendre, dépendantes de la nature des corps que l’on emploie. Aussi, on rejètera la première décoction de l’orge entière, qui a de l’àcrcté, parce que l’eau dissout une matière âcre et extractive qui réside dans
le péricarpe ; on fera de même pour le chiendent, après une première décoction , on l’écrasera dans un mortier de marbre, et on le fera bouillir de nouveau.
7° Enlin, la nature chimique des corps ne suffira pas toujours pour guider sur la manière la plus cou Tenable de préparer une tisane. L’indication thérapeutique pourra souvent faire modifier le procédé de préparation , tout en s’appuyant encore sur la nature chimique de la matière médicamenteuse. En effet , pour les substances qui contiennent en môme temps des principes solubles à des températures différentes, il sera possible de les obtenir isolés ou réunis suivant que l’indication morbide le demandera, cl que l’on opérera de telle ou de telle manière. Que l’un traite de la racine de colombu par infusion , on en retirera un principe amer sans aslriclion qui sera employé avec succès comme tonique, mais dont l’emploi contre les diarrhées sera presque toujours contre-indiqué : qu’au contraire, on fasse une forte décoction decolombo, la liqueur contiendra encore le même principe amer, mais il sera enveloppé dans une masse de mucilage, et il ne sera plus qu’un auxiliaire puissant qui pourra seconder merveilleusement les effets du principe émollient.
Si l’on fait une légère décoction ou une infusion de lichen d’Islande, la tisane sera très-amère et peu mucilagineuse. Si, au contraire, on prolonge beaucoup l’ébullition , la tisane sera moins amère et très-mucilagineuse , 1" parce qu’une partie du principe amer aura été détruit, suivant l’observa-
lion do M. Berzelius; 2° parce que toule la fécule du lichen se sera dissoute, ainsi que la gomme, et même une portion du squelette amylacé. On pourra même, en rejetant la première décoction du lichen , avoir un médicament purement gélatineux. On y parviendrait plus sûrement encore en faisant macérer, suivant le procédé de MM. Bo-rzelius et Westrumb, le lichen pendant vingtquatre heures dans de l’eau chargée de carbonate de soude ou de potasse , et en le lavant bien avant de le soumettre à l’action de l’eau. Cet exemple fait voir comment les propriétés d’un médicament peuvent varier suivant la manière dont il est administré.
Que l’on traite du quinquina par l’eau froide , elle dissoudra le kinale de chaux , la matière colorante rouge soluble, la matière colorante jaune et à peine des traces de rouge cinchonique, et des sels û base alcaline végétale. Une forte décoction dissoudra, outre les principes précédons , beaucoup de rouge cinchonique , les sels de quinine et de cinchonine , et l’amidon. La liqueur se troublera parle refroidissement, parce que l’amidon forme un composé insoluble avec une partie du tannin, et surtout, parce que le rouge cinchonique, beaucoup moins suluble à froid qu’à chaud , se précipite en presque totalité.
On pourrait citer encore un grand nombre d’exemples de cc genre. Ainsi, la racine de guimauve cède à l’eau par infusion , un mucilage jaunâtre, et la tisane est limpide et agréable. Inc
forte décoction dissout l’amidon , et le produit enl épais, louche, et ne convient plus que pour les usages extérieurs. Ainsi , l'absinthe fournit par infusion un médicament excitant. La décoction prolongée en volatilisant l’huile volatile, ne laisse plus qu’une matière amère et tonique.
<SU Lorsque dans une tisane on fait entrer des sels, des acides, des sirops, il est convenable de ne les ajouter qu’aprés que la liqueur a été passée. Ces additions ne doivent pas contrarier la nature chimique connue des principes médicamenteux. Ainsi, l’acétate de plomb précipitera presque tous les principes immédiats des végétaux; il en sera de même de la plupart des sels métalliques. L’addition d’un acide facilitera la dissolution des principes actifs du quinqutna ; un alcali en séparerait les bases alcalines végétales. L’emploi de l’acide acétique, dans la décoction de ratanhia, proposé par le docteur llurlado, est nuisible en cela, que cet acide précipite une partie de matière tannante en un composé insoluble. Les considérations de ce genre doivent être soigneusement pesées par le médecin : l’oubli des réactions chimiques , l’exposerait à annuler entièrement les elfels des nrédica mens sur lesquels il aurait cru pouvoir compter.
q" Si souvent on ne fait entrer qu’un seul corps dans la composition d’une tisane, il arrive assez fréquemment qu’on en emploie plusieurs à la lois, il faudra se conformer de meme aux régies indiquées ci-dessus; c’est ainsi que dans toutes les tisanes édulcorées avec la racine de réglisse, après
avoir traité, par décoction, les matières qui ri sisten t davantage à l’action de l’eau , on fait seulement infuser celte racine; il est inutile que nous nous étendions davantage sur ce sujet. Ce que nous avons dit des tisanes simples doit suffire pour servir de règles dans la préparation des tisanes plus composées.
A la suite des tisanes, se trouve naturellement placé le petit lait , qui n’a pu rentrer dans les diverses séries que nous avons tracées , à cause de la manipulation particulière employée pour sa préparation. L’objet que l’on se propose en préparant le petit lait est de séparer du lait la matière caséeuse et la matière butyreuse, pour n’y conserver que le sucre de lait , ainsi qte les sels et les acides qui l’accompagnent dans le sérum. A cet effet, on verse sur le lait chaud uu acide qui forme une combinaison insoluble avec la matière caséeuse. Ce nouveau composé se sépare eu entraînant la matière butyreuse du lait. Peu importe quel acide on emploie pour la coagulation ; car il n’en reste pas dans la liqueur , â moins que l’on en ait mis un excès; et c’est parce qu’il est presque impossible d’atteindre le point justement convenable que l’on a donné la préférence à l’acide acétique ; il y a en effet peu d’inconvéniens à ce qu’il en reste dans la liqueur.
Quand ce petit lait artificiel a été bien prépare . il est préférable au petit lait naturel, c’est-à-dire, à celui qui s’est formé par la coagulation spontanée du lait, en ce qu’il est moins acide.
Pour faire du petit lait, on porte le lait à l’ébullition, et l’un y ajoute la quantité de vinaigre suffisante pour le faire tourner. On y arrive assez exactement en n’employant pas d’abord toute la quantité de vinaigre, et l’ajoutant petit à petit jusqu’à ce que le coaguluni soit bien tranché, cl qu’il nage dans une liqueur claire. Un excès d’acide s’opposerait à la clarification, en dissolvant imparfaitement une portion de matière caséeuse.
Le lait étant coagulé, on le passe sans expression à travers une étamine claire.
D’autre part , on bat, dans un poêlon , un blanc d’œuf avec un peu d’eau froide , de manière à le dissoudre ; on y mêle , portions par portions , le sérum, et l’on porte à l’ébullition, pour coaguler l’albumine. Elle entraîne avec elles toutes les parties de fromage qui étaient tenues en suspension. On jète, sur le liquide bouillant, un filet d’eau froide pour faciliter la séparation de l’albumine; on passe à travers un papier non collé.
Le filtre doit avoir été lavé à l’eau bouillante, pour lui laire perdre quelques principes solubles qui communiqueraient au petit lait une saveur désagréable.