EXTRAITS AM ARIDES
Ils doivent leurs propriétés à un principe tantôt simplement amer, tantôt purgatif, et quelquefois tannant; de là, trois sous-sections , les amaridés proprement dits , les cathartinés et les tannidés. Dans ces sections se trouvent les extraits de rhubarbe, de séné, de geutiane , de centaurée, d’ecorce de chêne, etc.
4° EXTRAITS SACCII ARIDES.
Ils contiennent un principe doux et sucre : tels sont les extraits de réglisse, de casse, de genièvre.
5° EXTRAITS OSMAZOMÉS.
Cette section ne contient qu’un seul extrait , celui des viandes ou tablettes de bouillons.
Celte section renferme tous les extraits qui n’ont pu rentrer dans les classes précédentes. Tels sont ceux de bourrache , de salsepareille , d’ellébore , etc.
Toutes ces classifications sont bien loin d’être satisfaisantes, nous connaissons trop imparfaitement la nature chimique des extraits, et elle est d’ailleurs trop complexe pour qu’il soit possible d’établir une classification basée sur leur nature chimique. 1 1 est préférable de la former d’après le procédé qui serti» leur préparation , ainsique nous le ferons par la suite.
C’est, à peu de chose près, la méthode qui est adoptée par le professeur Henry, et dont voici l’exposé :
()u EXTRAITS l'OLYÜlOTÉS.
/ avec sucs.
aqueux. .
Kxtraits
végétaux
alcooliques.
éthérés.
Extraits aqueux, animaux alcooliques.
Avant de traiter de la préparation des extrait? en particulier, établissons quelques principes généraux applicables à la plupart d’entre eux.
11 n’est pas indifférent d’employer à la préparation des extraits des plantes sèches ou fraîches; la dessication produit dans les plantes un changement marqué : plusieurs substances volatiles se dissipent ; l’albumine végétale devient en partie insoluble ; le mucilage paraît être en partie détruit ou modifié: aussi, est-il beaucoup plus avantageux de préparer avec des substances sèches les extraits des végétaux mucilagineux ; on obtient un produit moins visqueux et d’une meilleure conservation.
On a remarqué que les extraits faits avec les plantes peu âgées sont plus riches en mucilage, et se conservent moins bien. Il faudra donc emplover à la préparation des extraits des plantes dans toute la force de la végétation ; en cet état, leurs vertus médicinales sont plus développées.
Les principes qui entrent dans la composition des extraits sont susceptibles d’éprouver des modifications par l’action prolongée de la chaleur. Ainsi , le principe mucilagineux s’altère ; l'acide gallique se volatilise, et laisse déposer le tannatc d’albumine qu’il tenait dissout; la matière extractive surtout éprouve une altération très-marquée; il paraîtrait, d’après les expériences de M. de Saussure, que l’oxigène de l’air est absorbé par elle, et
qu’il se forme du gaz acide carbonique à ses dépens. Cependant la proportion élu carbone augmente dans la matière extractive, par la soustraction d’une partie de son oxigène et de son hydrogène, qui se combinent pour former de l’eau. La quantité de carbone qui est enlevée par l’oxigène de l’air est proportionnellement moins grande que la soustraction d’oxigène et d’hydrogène transformés en eau.
En se basant sur ces résultats, on devra , dans la préparation des extraits, éviter de laisser les liqueurs en contact avec l’air autant qu’il sera possible. Les moyens que l’on a proposés pour y parvenir, sont d’employer à l’extraction des matières solubles la moins grande quantité de liquide possible, savoir: de ne pas trop étendre les décoctions et les infusions, et d’extraire, autant que possible, les sucs sans l’intermède de l’eau ; de ne pas trop prolonger les décoctions; d’éviter que les liqueurs ne soient exposées à une haute température. L’évaporation au bain-marie sera donc préférable; comme elle est extrêmement longue, on se contente souvent d’évaporer aux trois quarts à feu nu, et d’achever l’évaporation au bain-marie. Le meilleur moyen est l’évaporation totale de la liqueur au bain-marie. On se sert, avec grand avantage, de l’appareil que M. Henry a fait établir à la pharmacie centrale des hôpitaux , il est composé [Fox. pl. a, lig. 1) d’une série de vases communiquant les uns avec les autres au moyen de tuyaux de cuivre ; le premier vase est une chaudière destinée à foui
zo.
nir de la vapeur d’eau bouillante; les antres vases sont des portions de sphère en cuivre qui ont un double fond intérieur en étain, de manière que la vapeur d’eau puisse circuler librement entre les deux fonds, et servir à l’évaporation des extraits. A la partie inférieure de chacun de ces vases se trouve un robinet destiné à livrer, de temps en temps, passage à l’eau qui s’est condensée. L’appareil est terminé par un tube qui plonge dans un vase qui contient de l’eau: c’est afin de gêner la libre sortie de la vapeur, et de prolonger son contact avec le vase évaporatoire.
Quelques précautions que l’on prenne , on ne peut éviter qu’il se fasse un dépôt dans la liqueur : on doit, après qu’elle a été évaporée aux trois quarts, la passer au travers d’un Manchet, et achever son évaporation au bain-marie.
On reconnaît qu’un extrait est suffisamment cuit en en faisant refroidir une partie; ou bien à ce qu’il se forme une espèce d’épiderme à sa surface, de manière qu’en en prenant une certaine quantité sur la spatule, et frappant sur la main , celle-ci n’y adhère pas. 11 est cependant quelques extraits que l’on cuit moins, comme l’extrait de genièvre; il» n est, au contraire, que l’on dessèche toul-à-fait; pour ces derniers, après que la liqueur a etc eva porée en consistance syrupeusc , on en met une couche légère sur des assiettes à l’aide d’un pinceau, et l’on fait sécher à I’étuvc; après quoi l’on détache l’extrait par parcelles avec une lame luiousséc.
Quelquefois les extraits contiennent des sels on
des matières résineuses qui leur donnent un aspect gruuielé, quoique cependant ils aient été bien préparés. Les sels appartiennent à la nature même des extraits, et il est bien difficile de les diviser davantage.
Pour en diminuer autant que possible la quantité, ou, pour mieux dire, pour ne pas l’augmenter par l’addition de sels étrangers, i! faut toujours se servir d’eau distillée ou de pluie pour préparer les extraits.
Le grumelage est le résultat de la cristallisation des sels ou de la séparation des parties résineuses.
Parmentier conseille avec raison, pour retarder la séparation des résines, d’ajouter quelques cuillerées d’alcool à 220 à l’extrait quand il est sur le point d’être achevé. 11 en devient plus homogène, et se conserve mieux.
Les extraits attirent, pour la plupart, l’humidité de l’air, soit parce que la matière extractive jouit elle-même de cette propriété, soit parce qu’ils contiennent des sels déliquescens : il faut les conserver dans un endroit parfaitement sec. On les visite souvent pour s’assurer qu’ils ne s’altèrent pas.
Les extraits divisés par rapport à leur mode de préparation peuvent former quatre classes :
i° Les extraits préparés avec les sues de végétaux ;
2° Les extraits dont le véhicule d’extraction < si l’eau ;
5" Les extraits préparés avec le vin ;
4“ Les extraits préparés avec l’alcool.
EXTRAITS PRÉPARÉS AVEC LES Sl'CS DES VÉGÉTAL'!.
On peut les subdiviser en trois séries : la première comprend les extraits de sucs de fruits, ou robs; la seconde, les extraits préparés avec les sucs dépurés de plantes; dans la troisième, se trouvent tous les extraits faits avec des sucs non dépurés.
Pour obtenir les robs, souvent on se contente d’extraire les sucs, de les passer à travers un linge, et d’évaporer en consistance de miel : c’e-t ainsi que se préparent les robs de groseilles, de sureau, de raisins. Après avoir concentré le suc de ces derniers fruits, il est avantageux de l’abandonner à lui-même pour séparer la majeure partie du tartre dont la saveur aigre nuit à la qualité de l’extrait.
D’autres fois on laisse fermenter le suc du fruit avec ses enveloppes avant de l’extraire. C’est ce que l’on fait pour le nerprun ; c’est ce que quelques praticiens conseillent pour le sureau ( T'oyez extraction des sucs). Quand le suc est devenu vineux, on l’exprime, on le décante, et on l’évapore en extrait. On peut, après avoir exprimé, délayer le marc dans un peu d’eau chaude, et mêler la nouvelle liqueur au suc fourni par la première manipulation.
Les extraits laits avec des sucs dépurés se préparent en exprimant la plante seule ou avec un peu d’eau si sou tissu est très-sec, en chauffant le
suc pour coaguler l’albumine végétale, filtrant pour séparer cette matière , et évaporant à la chaleur du bain-marie. Nous avons déjà eu l’occasion défaire connaître les changemens que la clarification par la chaleur fait éprouver aux sucs. Ici elle est inévitable, puisque, sans celte condition, il resterait dans le suc la matière albumineuse , qui est concrétée par la chaleur.
On prépare, par le procédé que nous venons de décrire, les extraits de fumeterre, de trèfle d’eau, de cerfeuil, de ciguë, de chicorée, de digitale, de bourrache, etc. 11 est cependant préférable de préparer l’extrait de bourrache par décoction de la plante sèche. L’extrait est moins mueilagineux. Les racines de chicorée donnent aussi un extrait plus abondant et plus amer.
Le Codex prescrit, pour la préparation des extraits avec des sucs non dépurés, d’extraire le suc, de le passer à travers une toile, de le porter à l’ébullition, de le passer de nouveau au travers d’une chausse de laine , et de conserver la matière féculente verte qui reste sur le filtre. Elle est composée principalement d’albumine végétale unie à la chlorophylle et à quelque substance extractive.
On évapore le suc clarifié jusqu’en consistance de miel, on y ajoute la fécule humide, et on achève l’évaporation en consistance pilulaire.
Storck, qui a fait un grand usage de ces sortes d’extraits, ne. séparait pas la fécule. Parmentier avait conseillé de la sécher, et de la mêler à l’extrait quand il aurait acquis une consistance
syrupeuse. Un procédé bien préférable est celui de M. Henry. Il consiste à mettre le suc non dépuré sur des assiettes, et à procéder à son évaporation à la chaleur de l’étuve.
On prépare avec les sucs non dépurés les extraits de ciguë, d’aconit, de jusquiame, de belladone, de rhus radicans : quelquefois, on ajoute nn peu d’eau pour extraire les sucs. Cette pratique est indispensable pour le rhus radicans. Il faut, en outre, avoir la précaution de se couvrir les mains et le visage, pour ne pas être exposés aux aecidecs qui peuvent résulter du contact de son suc avec la peau. Quelquefois on prépare également cet extrait par infusion ; mais il est infiniment moins actif.
On peut placer ici, par appendice aux extraits préparés avec des sucs , l’extrait de fiel de boeuf. Sa préparation est bien simple : on délaie le fiel frais dans une égale quantité d’eau; on le fait bouillir, on écume, on passe à travers un linge, et on évapore en remuant légèrement; car, par l’agitation , la liqueur se recouvre d’une écume abondante. Le produit contient tous les élémens de la bile, savoir, le picromel, la matière résineuse , la matière jaune , la soude et les sels.
EXTRAIT DONT LE VEHICULE d’kXTRACTIO.X EST l’kAC.
Les extraits dont le véhicule d’extraction est l’eau doivent être préparés diversement, suivant la nature chimique des principes immédiats que l’on veut obtenir.
i° Si la matière médicamenteuse est soluble dans l’eau , et ne se trouve mélangée à aucune substance que l’on ait intérêt à rejeter, on opère à froid ou è chaud, suivant la texture des plantes. Souvent , la macération, plus souvent encore l’infusion seraient les procédés préférables. On devra, autant que possible , s’abstenir de faire usage de la décoction , en se rappelant avec quelle facilité les matières extractives s’altèrent par la chaleur. Son emploi a d’ailleurs un autre inconvénient qui a été signalé par M. Guibourt : on obtient moins d’extrait , parce que la libre végétale ramollie, en quelque sorte, par l’action prolongée de la chaleur, se combine à une partie de la matière extractive, absolument de la même manière que le ferait un t issu.
On prépare ainsi qu’il vient d’être dit les extraits :
De quassia,
— simarouba,
— séné ,
— trèfle d’eau
— centaurée ,
— - safran ,
— polypode,
— uva ursi.
C’est dans cette classe que doivent rentrer les extraits de cachou , de myrrhe et d’aloës. La dissolution que l’on fait subir à ces sucs n’a pour objet que d’en séparer les corps étrangers qui y sont mécaniquement mêlés.
Ou traite le cachou par l’eau lièd"; on passe la dissolution', et on l’évapore.
La myrrhe doit être divisée par l’action prolongée de l’eau chaude : on obtient une liqueur laiteuse qui tient la résilie en suspension, dans un état extrême de division ; on passe au travers d’un linge serj-é , et l’on évapore au bain-marie , jusqu’qn consistance d’extrait.
L’aloës doit être tenu en digestion au bain-marie avec de l’eau. Quand on juge qu’il est dissout, on passe, et l’on évapore eu consistance d’extrait. Dans cette opération, on sépare les impuretés qui pourraient souiller la pureté de l’aloës. L’emploi delà chaleur est indispensable; car le principe qu° M. Braconnot a reconnu former la presque totalité de l’aloës est peu soluble à froid. Il se dissout, au contraire, très-bien dans l’eau chaude, dont il se précipite, en grande partie, par le refroidissement.
2° Quand les matières qui doivent constituer l’extrait sont solubles dans l’eau, et qu’elles se trouvent naturellement mélangées avec de l’amidon, il est absolument indispensable d’employer la macération. On divise convenablement la substance , pour qu’elle soit plus facilement attaquée, et on la traite à plusieurs reprises par l’eau froide. L’emploi d’une.plus forte chaleur aurait de graves inconvéniens : le premier, c’est que la fécule, matière inerte, se dissoudrait par la chaleur; et, en même temps qu’elle donnerait un extrait mucilagineux et moins actif, elle le rendrait plus altéra-
ble ; le second inconvénient, c’est que l’amidon est souvent uni, dans les végétaux , à des matières tannantes qui jouissent de la propriété de former avec lui des composés insolubles au-dessous de 5o degrés; de telle sorte que l’extrait se trouverait encore alfaibli par l’anihilation de l’un de ses principes actifs, qui se précipiterait en combinaison avec la fécule amylacée.
Pour ces causes, on préparera par macération , dans l’eau froide , les extraits suivons :
Extraits de Colombo,
tormentille , fraisier, batdane.
année , bistorte , rhubarbe , saisi pareille , patience , etc.
5° Le principe soluble médicamenteux peut être mêlé d’autres principes insolubles, qui se dissoudraient cependant par l’action prolongée de la cba leur, et qu’il est important de ne pas avoir dans le produit, qui en acquérerait des proprié tés fâcheuses. On parvient aisément à ce résultat en opérant à une température basse qui n’augmente pas l’énergie dissolvante de l’eau.
C’est dans ce but que l’on prépare par macération , dans l’eau froide, les extraits :
De saponaire ,
— agaric ,
— coloquinte ,
— réglisse ,
— genièvre,
— casse ,
— quinquina (sec),
— opium , etc.
Le principe actif de la saponaire (saponine . celui de l’agaric et de la coloquinte se dissolvent . dans l’eau froide, sans entraîner avec eus de parties résineuses. La macération ou une infusion légère n’enlève, à la réglisse, que le principe sucre (glycyrrhyzine ) , sans toucher à l’huile âcre et a l’amidon. La pulpe de casse délayée dans l’eau froide, et passée à la chausse, donne un extrait sucré qui ne participe pas du principe astringent contenu dans le parenchyme. Les haies de genièvre entières, traitées à froid ou par infusion, fournissent un produit homogène d’une saveur douce et sucrée, légèrement aromatique. Une chaleur forte dissoudrait de la résine qui rendrait l’extrait âcre, et le grumelcrail en se précipitant. L’cati froide n’extrait du quinquina que le kinate de chaux, de la gomme, la matière colorante rouge soluble, la matière colorante jaune, et très-peu de rouge inso lubie et de sel cinchonique: aussi , cet extrait est ii à peine fébrifuge. On est dans l’usage de l’évaporer à siccité sur des assiettes. Il est connu sous les noms d’extrait sec de quinquina, sel essentiel de quinquina.
L’opium est une substance très -composée , formée de la réunion de principes dont les uns sont
solubles dans l’eau , et les autres y sont insolubles. Les premiers doivent seuls l'aire partie de l’extrait d’opium.
On prend de l’opium brut, on le coupe par ti anches minces, et on le fait macérer dans l’eau froide ; on passe la liqueur à travers une chausse de laine; on épuise le marc, par de nouvelles macérations; on réunit les liqueurs, et on les évapore au bainmarie jusqu’aux trois quarts; on passe de nouveau au blanchet, et l’on achève l’évaporation jusqu’en consistance pilulaire.
L’eau , par son action à froid sur l’opium , dissout le méconate de morphine, la matière extractive, le mucilage, un peu de résine, de matière huileuse, et de narcotine. La proportion de ces trois principes, dans l’extrait, est peu considérable : ils sont entraînés à la faveur des autres matières. Par suite de l’évaporation , la résine se sépare en partie, et entraîne avec elle de la narcotine.
4" Il arrive que le principe auquel l’extrait doit ses principales propriétés est insoluble dans l’eau, au moins par lui-même, et qu’il ne peut se trouver, dans la liqueur, qu’entraîné par quelque autre principe qui se trouvait simultanément avec lui dans le végétal. 11 est indispensable, dans ce cas, de préparer l’extrait par décoction. C’est le seul mode rationnel, quand on veut que le produit possède les propriétés des végétaux qui l’ont fourni.
Cette matière active insoluble peut être de na-
turc diverse : c’est une huile dans l'ellébore et la valériane, une résine dans le gayac et le jalap. un principe de nature particulière dans la gentiane et le polygala. Ils sont mêlés dans la plante à d’autres corps qui facilitent leur dissolution. Mais elle se fait toujours avec peine, et une décoction prolongée ne les sépare même pas tout entiers.
En se basant sur les analyses connues, on devra préparer par décoc tion les extraits :
D’ellébore noir,
— polygala,
— gayac ,
— valériane,
— gentiane ,
— jalap,
— serpentaire ,
— quinquina , etc.
Quelques-uns des médioamcns ci-dessus coulit nlient de l’amidon: tels sont la serpentaire, la valériane. Cependant, lorsqu’on prépare leurs cxtraits avec l’eau, il est indispensable, sous peine d’avoir un médicament inerte, d’employer ia décoction . puisque leurs principes actifs ne sont pas solubles par eux-mêmes. Il serait plus rationnel de traite, res plantes par de l’alcool faible, qui n'altaqiicrai: pas l’amidon , et qui dissoudrait tous les autres principes extractifs huileux ou resmoïdes.
L’extrait de quinquina préparé par décoction i st de fort bonne qualité ; il est infiniment plus charge de principes actifs de quinquina que l'extrait fait a
froid. Un sc basant sur les expériences de MM. Pci lctier et Caventou , on préparera cet extrait par le procédé suivant.
Après avoir concassé le quinquina , on le fera bouillir à plusieurs reprises dans l’eau jusqu’à ec qu’il soit épuisé; on laissera refroidir les liqueurs, et on b s filtrera, après quoi l’on procédera à leur concentration. Quand elles seront réduites des trois quarts et plus, on les passera de nouveau , et l’on évaporera en consistance d’extrait.
Par la décoction , l’eau dissout les sels de quinine et de cinchoninn, la matière colorante jaune, le tannin, le rouge cinehonique , la gomme, l’amidon et une partie de matière grasse. L’amidon se combine à une partie de tannin, et forme avec lui un composé soluble à chaud, et qui se précipite à froid ; on le sépare par la filtration ; mais il est important qu’il se précipite dans des liqueurs trèsétendues : autrement, il entraînerait avec lui une quantité notable de sel cinehonique. La seconde filtration, quand les liqueurs sont déjà évaporées , est nécessaire pour séparer le rouge cinehonique qui ( tait dissout, et qui se précipite à mesure que la quantité de véhicule vient à diminuer.
KXTRAITS l’flliPAliÉS AVIiC LE VIN.
Les anciens préparaient une assez grande quantité d’extraits avec le vin. Maintenant, il ne nous reste plus de ec genre que l’extrait d’opium au vin, ou laudanum opiatum , et l’extrait d’ellébore noir de Bâcher.
L 'extrait t/'opium au vin se fait en coupant de l’opium par tranches, et le faisant dissoudre dans le vin blanc à la chaleur du bain-marie ; on passe, on exprime, on laisse déposer, et l’on évapore au bain-marie en consistance d’extrait.
Ce médicament doit contenir plus de narcotinr et de résine que l’extrait ordinaire. 11 s’v trouve en même temps touslesélémensdu vin, moins l’alcool.
L’extrait d’ellébore noir, suivant la méthode de Bâcher, se prépare ainsi qu’il suit :
Ellébore noir
Carbonate de potasse
Alcool à 22° 1 I).
Ou fait digérer pendant douze heures; on filtr- : on verse sur le résidu 16 parties de vin blanc généreux; on fait digérer pendant vingt-quatre heures; ou filtre; on mêle les liqueurs, et l’on fait évaporer en consistance d’extrait. On peut retirer, par la distillation , l’alcool dont on s’est servi ; il répand une odeur ammoniacale, et verdit le sirop de violettes, ce qui atteste l’action du carbonate de potasse sur les élétnens de l’ellébore.
Si nous r.ousen rapporlonsà l’analyse de M M. Fendille et Capron , cet extrait doit contenir l’Imib grasse (principe arliT de l’ellébore), la matière résineuse, h- principe amer, le mucilage et les si Is. Celui à base d’ammoniaque est décomposé par le carbonate de potasse, et cela explique l’odeur am rnoniacale dont nous avons parlé, elle est due au carbonate d’ammoniaque qui s’est formé. Aj.'U-
( 2ii7 )
Inns que l’excès d’acide du tarin: du vin Idane est salure par la potasse, et que l’extrait contient du tartrale neutre de potasse.