SUBLIMATION
Quand une distillation se fait avec des matériaux secs, et que le produit est solide, elle prend le nom de sublimation , tantôt elle se fait dans des matras dont on chauffe plus fortement le fond que la partie supérieure : c’est ainsi qu’on opère poulie sublimé corrosif, le mercure doux, le sucein. Tantôt on se sert d’une cornue, et c’est dans sa voûte et son cul que le sublimé s’attache. Enfin, quelquefois on place la matière à sublimer dans un creuset que l’on recouvre d’un second creuset dans lequel vient se rendre et se condenser le produit.
KFH.OHESCE.XCE , DÉLIQUESCENCE, DÉCHÉP1TAT10N , FLStON AQUEUSE, FUSION IGNÉE.
Quand un corps cristallise au milieu de sa dissolution aqueuse, il arrive souvent qu’il se dépose sans entraîner d’eau en combinaison. On dit alors
qu’il est anhydre. Mais souvent une portion d’eau se trouve dans les cristaux comme partie chimique constituante. On la nomme eau de cristallisation. Celle-ci n’est pas toujours retenue avec la même force : la tendance de l’eau à se vaporiser suffit quelquefois pour détruire la combinaison. L’eau se dégage peu à peu, et le cristal perd la transparence qu’il lui devait. Tantôt, il se réduit en poussière (le sulfate de soude), tantôt il conserve sa forme (le phosphate de soude). Dans ces deux cas, on dit que le sel s’est cffleuri, et l’on appelle efflorescence le phénomène qu’il présente en s’eflleurissant. Par cela même que cette propriété est le résultat de la destruction d’une combinaison , elle n’appartient pas aux corps qui retiennent l’eau avec quelque énergie. Aussi observe-t-on que les acides cristallisés et un assez grand nombre de sels ne sont pas efflorescens. La plupart des corps cristallisés pourraient même cesser de l’être si l’on changeait les circonstances dans lesquelles ils se trouvent; si, par exemple, on les portait dans une atmosphère saturée d’humidité. Celle-ci ne pourrait se charger d’une plus grande quantité de vapeur, et l’eau de cristallisation du sel resterait en combinaison. On utilise la propriété que certains sels ont de s’effleurir, pour se les procurer secs et pulvérisés.
Quand un corps est très-soluble dans l'eau", et qu’on l’abandonne à l’action d’un air chargé de vapeurs aqueuses, il arrive souvent qu’il s’empare de c<Jles-ei,et qu’elles lui servent de dissolvant. On
appelle déliquescence cette propriété des corps, et ceux qui la possèdent sont dits déliquescens. La déliquescence n’est pas plus absolue dans les corps que l’efflorescence. Elle appartient surtout à ceux qui ont une grande action chimique sur l’eau; mais, dans un air humide, elle est souvent partagée par des corps qui ont peu d’affinité pour ce liquide. C’est ainsi qu’on voit certains sels efflorescens dans un air sec devenir déliquescens dans une atmosphère très-chargée d’humidité. La déliquescence est souvent mise à profit dans les corps qui la possèdent au plus haut degré, pour dessécher l’air, ou faciliter l’évaporation dans le vide. Les anciens s’cn servaient pour préparer le carbonate de potasse en liqueur. Ils abandonnaient du sel de tartre à la cave, et nommaient huile de tartre par défaillance la dissolution de carbonate de potasse qu’ils obtenaient par ce procédé.
Lorsqu’un corps contient de l’eau de cristallisation , et qu’on l’expose à l’action du feu , il se fond dans cette eau , et y reste en solution jusqu’à ce qu’elle soit évaporée. C’est la fusion aqueuse. Quand un corps a été ainsi desséché, en continuant à le chauffer (s’il n’est pas décomposable par le feu), ses molécules sont écartées de plus en plus par le calorique, et il arrive un moment où leur cohésion est assez diminuée pour qu’ils coulent à la manière des liquides. Cette liquéfaction des corps, par le calorique , prend le nom de fusion ignée. Elle appartientà un grand nombre de substances. Quand on veut la faire subir à un cristal anhydre qui
s’est déposé au milieu d’une dissolution aqueuse, elle est presque toujours précédée d’un autre phénomène, c’est la décrépitation, qui consiste dans la séparation avec bruit des lames superposées qui composent les cristaux. C’est le lésultat de la vaporisation subite des particules d’eau interpose» s entre leslamesdes cristaux, d’où résulte la fracture du existai et la projection au loin de ses debris.
Le mot fusion est réservé pour les corps qui exigent pour être fondus une haute température. On nomme liquéfaction la fusion des corps gras.
T0HIÏÉF ACTION-.
C’est une opération qui ne se pratique que sur les matières organiques. Elle consiste à leur enlever, par le moyen du feu , toute l’eau qu’elles contiennent, en même temps qu’on leur fait éprouver un commencement de décomposition qui les colore, et donne naissance à de nouveaux produits. Le café acquiert de nouvelles propriétés; il s’v développe du tannin et une huile colorée amère à laquelle il doit sa propriété excitante. La rhubarbe torréfiée cesse d’ètre purgative et reste tonique. L’amidon éprouve, par l’action modérée du feu , un changement dans sa constitution ; il est transformé en gomme soluble dans l’eau froide.
CSTIOIf OU INCINÉRATION.
Elle diffère de la torréfaction en ce que la chaleur est assez forte, et continuée assez long temps,
pour décomposer toutes les parties altérables par le l’eu. Quand elle se fait à ciel ouvert, il ne reste que les parties salines et terreuses. C’est l’incinération proprement dite. Quand on opère en vases clos, ces matières restent mêlées de charbon. L’opération en vases clos est une véritable distillation dont on ne recueille pas les produits, et dont le dernier résultat est du charbon; tandis que, dans l'incinération à l’air libre, il se fait une combustion dès èlèmens combustibles par l’oxygène de l’air, d’où il résulte principalement de l’eau et de l’acide carbonique. On brûle les os et les éponges dans des creusets fermés, pour avoir le noir animal et l’éponge brûlée. On sépare toute l’eau et la gélatine dans la préparation des os et de la corne de ceif brûlés à blanc. On détruit toute la libre végétale, et presque toutes les parties extractives, dans la fabrication des sels à la manière de Tachenius.
Observons que l’ustion ne s’applique qu’à des matières organiques soit végétales, soit animales.
CALCIXATIOS.
Ce terme exprime la transformation en chaux et, dans le sens le plus exact, il ne devrait être appliqué que dans le cas où un carbonate est privé de son acide carbonique par la chaleur; mais, par extension, on se sert de cette expression dans d’autres circonstances. Ainsi, l’on dit que l’on convertit le sulfate de chaux en plâtre, par la calcination, quoique, dans ce cas, il n’y ait que de
l’eau évaporée. On nomme alun calciné celui qui a perdu , par la chaleur, son eau de cristallisation.
GHILLAGE.
C’est l’opération qui sert à séparer, par la chaleur, sur des grils, le soufre et l’arsenic que contiennent certains minéraux. Dans le laboratoire de pharmacie, on grille le sulfure d’antimoine, pour préparer le crocus ou le verre d’antimoine.