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G2 LA CRITIQUE D’ART

riginalité du génie des Grecs et la grandeur de leur rôle dans l’histoire de l’art1.

La critique d’art chez les Anciens 2. — Il ne reste presque rien de la littérature artistique des anciens. Nous savons que Théod. de Samos avait écrit sur le temple de Junon à Samos, Chersiphron et Métagène sur le temple de Diane, Ictinus et Carpion sur le Parthénon , Philon sur la construction des temples, Varron sur l'architecture (dans son Encyclopédie) ; Silanion, Euphranor, Apelles, sur les proportions du corps humain; Adéus de Mitylène, Artémon, Pamphile, Juha (roi de Mauritanie), sur Phist. générale de l’art. D’autre part, les Périégètes, auteurs de Guides à l’usage des voyageurs, avaient décrit sur les anciens monuments. Outre Pausanias 5, que nous avons, on cite Pasitélcs (50 avant J.-G . ) , dont Pline a consulté le livre sur les Œuvres d'art du monde entier., et Polémon dit Stélocopas (200 avant J.-C.), qui écrivit sur l’Acropole, les tableaux des Propylées, les trésors de Delphes, etc. 4.

1. On n’explique rien en attribuant ces qualités au milieu où elles se sont développées. Par ex. on répète que les Grecs ont été de grands sculpteurs parce qu’ils voyaient deséphèbes nus dans les gymnases; mais il est des peuples d’Afrique chez qui le vêtement est chose inconnue, et qui n’ont pas produit de Phidias. Des trois conditions de l’art, le milieu , la race et le moment, la plus importante est la seconde, qu’a pourtant exagérée Otfr. Millier; Taine exagère la première; D. Nisard a mis en relief la troisième ( théorie (lu pcrinl précis). — « Le caractère qui rend les œuvres humaines chères et précieuses à tous, qui par là les défend de l’oubli et les fait immortelles, c’est la beauté. Or l’antiquité (grecque) fut par excellence le temps de la beauté. » (Ravaisson.) Élien parle d’une loi des Béotiens qui frappait d’une amende le peintre convaincu d’avoir enlaidi son modèle. C’est un conte fondé sur une idée vraie.

2. Chez les modernes, Millier distingue trois périodes : La période artistique , 1450-1600; découvertes des antiques, imitations enthousiastes; la période des antiquaires, 1610-1750 la période savante ou critique, Winckelmann, Millin, Millingen.

Les premiers qui firent connaître exactement les monuments d’Athènes furent Spon et Wheler (1675). Caylus, dans son Recueil d’anliq., donna l’exemple, brillamment suivi par Winckelmann, de la méthode historique appliquée aux œuvres d’art. Celles de la Grèce furent surtout révélées (Winck. ne cite guère que des œuvres romaines) par les Anglais Stuart et Revett, Antiq. d’Atli., 1762-1816. Un nouveau voyage fait aux frais de la Société des dilettantes de Londres par Revett et Chandler, donna de très beaux résultats {Antiq. Ioniennes, 1769-97 ; Attiques, 1817). Les voyages de Brônstedt, Cockerell et Stackelberg, 1811, surtout l’expédit. fr. de Morée (relat. par Blouct, 1831-8); les recherches de Leakc, Ulrichs, Ross, Conze et des membres de notre École d’Athènes (Heuzey, Renié, Foucart, Perrot, Mézières, de la Coulonche, Bertrand, etc.), ont achevé de faire connaître la stirface du sol grec dans ses moindres détails. (Bon résumé dans Isambert, Guide en Orient, 1873). — La Sicile a été étudiée par Serra di Falco et Hittorf; l’Asie Mineure par Texier, FeJlovvs, Newton, Perrot, Guillaume, Wood, Rayet, etc.

3. Pausanias est très méthodique et complet, ce qui se voit en le suivant sur l’Acropole, où il décrit les monuments dans l’ordre où ils se présentent. Mais 1° par sentiment national, il néglige souvent de nommer les monuments d’époque romaine; 2° comme il est surtout préoccupé de signaler des statues et des tableaux, il lui arrive de faire des omissions qui semblent à peine croyables : il n’a pas parlé du Pnyx.

4. Les sources antiques dont nous disposons sont : 1° Le guide en Grèce de Pausanias, en dix livres; Pausanias est plus archéologue qu’arliste. 2° Les cinq derniers livres de YHist. nat. de Pline, compilation d’une importance capitale. 5° L’ouvrage de Vilruvc (50 av. J. C.?) sur l’architecture, en 10 livres, difficiles à comprendre à cause de la perte des figures. Ce livre a été l’objet d’un véritable culte jusqu’au jour où l’on a pu étudier l’art grec sur place. On s’est aperçu alors que l’auteur parle presque toujours de ce qu’il

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