MYCÈNES — CHYPRE
à Myeènes1, celles de Chypre2 et de Santoriii3, ont fait connaître beaucoup d’objets de la période préhistorique, appartenant à un
dit de Priam. — Le nombre des objets qu’il recueillit dans les couches inférieures d’IIissarlik dépasse 20 000. Les instruments sont en pierre, terre cuite, os, corne, cristal de roche ; le trésor renfermait 8000 perles d’or fondu, des bracelets et des vases d’or et d’argent, du cuivre, du plomb, mais nulle trace de fer. Les vases sont en terre argileuse, rouge, grise ou jaunâtre, faits à la main (les plus anciens vases grecs sont faits au tour) et polis avec le lissoir. Les ornements sont des lignes sinueuses. Notons encore, d’après Burnouf (R. D-M., 1874), des coupes amphikupella, des vases figurant des torses de femme avec des ailes de chouette (vases de Minerve, selon Schl. ; glaukôpis signifierait aux yeux de chouette ) ; des amulettes, des milliers de fusaïoles (pesons coniques comme des glands de passementerie, dont on ignore l’usage) portant des objets symboliques, des croix, etc. Aucune trace d’écriture, sauf sur deux petits vases où Burnouf a cru lire du chinois (!). — L’époque de l’incendie d’Hissarlik est celle du cuivre pur, des fusaïoles (trouvées aussi dans les habitations lacustres des environs de Bologne) et de la poterie lisse (objets analogues à Santorin). Si, comme le croit Longpérier, les vases de Santorin sont représentés parmi les objets offerts à Thoutmès 111 sur une peinture égyptienne, l’incendie d’Hissarlik serait du dix-seplième siècle avant J. -G. — Schliemann, dont la vie est un bel exemple de persévérance et de noble ambition, a été fort maltraité par les savants allemands pour ses identifications hasardées. On croit que la ville qu’il a trouvée est plus ancienne que la Troie homérique, et n’est autre que la cité des Dardaniens, mentionnée par les vieux textes égyptiens. D’Eichlhal et Perrot maintiennent l’opinion de Lechevalier. Voy. Vivien de Saint-Martin contre Schliemann, Acad, lnscr., juin 1879, et R. C., XVII, 56b.
1. Schliemann, Myeènes, tr. fr. par Girardin. — Une tradition mentionnée par Pausanias plaçait à Myeènes le tombeau d’Agamemnon et de ses compagnons. En 1874, Schl. commença des fouilles au pied de la Porte des Lions ; il déblaya l’agora et, au-dessous, il découvrit une grande salle funéraire contenant des cadavres qui tombèrent en poussière. Chaque cadavre avait sur la poitrine une large plaque et sur le visage un masque métallique d’un travail grossier (Schl. a prétendu reconnaître le masque d’Agamemnon). Beaucoup d’armes, de plaques ornementées ou gravées, de vases, de hagues, de diadèmes et de Boucles d’oreilles en or, surtout une grande coupe d’or avec deux anses portant des colombes, qui ressemble à la coupe de Nestor décrite par Homère. Les animaux sont mieux représentés que les figures humaines, trait caractéristique d’un art barbare. Le fer est complètement absent : on trouve les métaux de Lydie et de Phénicie, l’or, le cuivre (de Chypre), le bronze. Or le fer, qui est connu d’Homère, est encore un objet de luxe dans ['Iliade. Certains rapprochements peu décisifs (dans la peinture murale de Thèbes représentant les tributaires de Thoutmès III, l’une des offrandes a la forme d’une tête de bœuf semblable à la tête de bœuf en argent du trésor de Myeènes) ont fait assigner une antiquité extrêmement reculée à ces objets, de provenance évidemment orientale. Schl., qui les croit purement grecs, en conclut à l’existence d’une école florissante d’artistes grecs longtemps avant Périclès, et avance qu’Homère, qui appelle Myeènes uo kù^uvo;, vivait du temps de la prospérité de cette ville, à l’époque environ du meurtre d’Agamemnon. Il n’est pas même sûr que ce qu’il a retrouvé soient les tombes des rois achéens mentionnées par Pausanias. (Cf. Rev. d’Edimbourg, janvier 1878; R. D-M., 1878, art. de Cogordan; Athenæum, décembre 1877.)
2. Le général Palma de Cesnola, consul des États-Unis à Chypre, a fait en 1867-72 de premières fouilles très fructueuses. (R. C., XX, 43.) Des fouilles subséquentes à Kourium l’ont amené dans des chambres souterraines renfermant un immense trésor d’objets en or massif et en argent, d’anneaux, de scarabées (style égyptien), de pierres gravées égyptiennes et assyriennes, de vases, de candélabres, etc. Tous ces objets ont été achetés parle musée de New-York. L’or seul de la collection valait 500 000 francs. (V. Perrot, R. D-M., 1878-79.)
5. Gorceix et Mamet, élèves de l’École d’Athènes, ont découvert en 1871 à Santorin îles objets préhistoriques (x\e siècle selon Burnouf, vi* ou vu" siècle selon Waddington) ressernblant aux objets de Troie, des fusaïoles, des boules mystiques (?) au monogramme de la chouette (?), des vases de l’époque lisse, etc. Voy., sur Santorin ( Théra ), R. D-M., 15 oct. 1869 et l*r sept. 1871.
MUIIS CYCLOl'EENS, LABYRINTHES.
art moitié oriental nommé gréco-phcnicien. 2° Avant Schliemann, on connaissait déjà, à Mycènes, la Porte des Lions, auj. Léontari ; les têtes des deux lions, sculptées dans le style oriental, sont brisées1 2 3 4. 5° On y voyait aussi le Trésor d'Atrée, appelé auj. Tombeau d' Agamemnon* , grande crypte dont les murs étaient autrefois revêtus de plaques de métal5, comme l’atteste la trace des clous4; 4° Les murs cyclopéens de Tirynthe , dont parle déjà Homère, composés d’énormes blocs de pierre juxtaposés sans ciment, genre de construction que l’on rencontre [aussi en Asie et en Étrurie8. 5° Les labyrinthes , dont on voit un spécimen à Gortys en Crète, sont aussi des tombeaux de rois : celui de Glusium, en Étrurie, était appelé le tombeau dePorsenna. 6° Au sud de l’Eubée, trois temples archaïques 6 en ruines, construits par les Dryopes, anciens habitants de Pile. 7° La Niobé du mont Sipyle , en Lydie, immense figure en relief, sculptée dans le roc, assise, les mains jointes, la tète inclinée en signe de deuil. Du haut du rocher, l’eau dégoutte sur son visage, et, d’après la légende7, la Niobé du Sipyle distille éternellement des pleurs8.