‹ Manuel de philologie classiqueChapitre 123 sur 591 · POLYCLÈTE · texte numérisé non relu

POLYCLÈTE

on 451 1 , le plus grand sculpteur de l’antiquité. Ses œuvres capitales sont le Jupiter d'Olympie, une Minerve en inarbre et en bois doré (Platées), la Minerve Promachos à l’Acropole 2, rappelant les victoires d’Athènes sur les Perses ; l’Aphrodite Uranie, d’Élis, en or et ivoire; 13 statues de bronze représentant Miltiade entouré des héros et des dieux d’Athènes, offrande des Athéniens au temple de Delphes après Marathon ; une Amazone appuyée sur une épée; beaucoup de petites ciselures très estimées, représentant des poissons, des cigales, des abeilles.

2. Polyclète, de Sicyone, travailla à Argos. On vantait surtout sa Junon d’Argos, en or et ivoire; une Amazone à Ephèse, réputée supérieure à celle de Phidias ; deux fameuses figures d’adolescents, le Diadumène, qui s’attache un bandeau autour de la tête, et le Doryphore tenant une épée3; YApoxyomène, athlète secouant la poussière de la lutte; et deux Enfants jouant auxTIesq que Pline admirait dans Y atrium du palais de Titus.

5. Myron, élève d’Agéladas, comme Phidias et Polyclète, mais plus âgé qu’eux, et d’un art plus archaïque. On vantait de lui un Bacchus à Orchomène, le Discobole., souvent reproduit, et une Vache fameuse, célébrée par les poètes.

4. Polygnote, le plus grand peintre4 grec avant Apelles, né à Thasos, fds d’Aglaophon, vint à Athènes où il fut l’ami de Cimon. Son plus fameux tableau représentait la prise de Troie et l’Enfer dans la Lesché ou galerie3 de Delphes, travail commandé parle Conseil ampliictyonique. On y voyait la descente d’Ulysse aux Enfers et sa rencontre avec Tirésias ( Ocl. , 11). Dans le Portique d’Athènes, il avait peint, ou fait peindre sous sa direction, des compositions représentant la prise de Troie, la bataille de Marathon, celle d’Œnoë en Argolide,

1. Brunn pense que Phidias n’est pas mort en 451, mais que, banni d’Athènes, il est venu à Olympie, où il aurait fait alors le Jupiter.

2. Citadelle d’Athènes, inhabitée depuis la guerre Médique, et servant à la fois de forteresse, de sanctuaire et de musée. On admet généralement que ce fut le premier point habité à Athènes, mais Curtius pense que les collines du S. 0. (Pnyx, mont des Nymphes) furent peuplées antérieurement. Il croit reconnaître les restes d’une cité primitive, qu’il appelle ville Cranaenne, dans environ 800 fondations de maisons explorées par Burnouf (Arch. des Missions, Y, 64), sortes de grottes creusées dans le roc, parmi lesquelles se trouve, au N.E. du musée, en face de l’Acropole, ce qu’on appelle (bien à tort) la « Prison de Socrate ». Eschyle ( Prorn ., 449) fait allusion au temps où les Athéniens habitaient dans des cavernes « comme des fourmis ».

3. Le Doryphore était le canon, figure modèle qui donnait les proportions restées classiques. On en a beaucoup de copies.

4. Technique. — Les anciens tenaient surtout à la précision du dessin, et, dans les écoles, les élèves dessinaient pendant des années avec le poinçon (yfa«iç) ou le pinceau trempé dans une seule couleur. Jusqu'à Apelles, on employa 4 couleurs seulement (colores austeri), le blanc, le jaune, le rouge et le noir, que les peintres dissolvaient dans l’eau additionnée de colle ou de gomme, peut-être de blanc, d’œuf ou même d’huile (?). Ils peignaient surtout sur bois, sur les murs des temples et des appartements (à fresque, c’est-à-dire sur l’enduit frais d’un mur, qui fixe la peinture en séchant, ou à la détrempe, c’est-à-dire avec des couleurs broyées dans l’eau gommée) — et, à l’époque romaine, sur toile. — L’encaustique ou peinture à la cire , a été surtout en usage pour la peinture des animaux, des vaisseaux, etc. Gaylus (Mém. de l'Acad., t. XXVIII) a cru retrouver, en 1755, le procédé des anciens, qui aurait consisté à délayer des couleurs au moyen de cire fondue, puis à les appliquer à chaud. La question n’est pas considérée comme résolue.

5. Mot à mot parloir (li-pa). La description de Pausanias (10, 25, 1) est assez complète pour permettre de reconstituer la série de ces peintures. Voy. Lenorinant, 1864.

A LC AMÈNE.

entre les Athéniens et les Spartiates. On connaissait aussi des statues de Polygnole (Pline, 34, 83).

5. Alcamène de Lemnos, le meilleur élève de Phidias, florissait à l’époque de la guerre du Péloponnèse. On vantait son Aphrodite dans les Jardins (au sud-est d’Athènes) -, une Minerve faite en concurrence avec Phidias, un Vuleain debout1; Minerve et Hercule, statues de marbre colossales, placées par Thrasybule dans le temple d’Hercule à Thèbes, parce que ses compagnons et lui étaient partis de Thèbes pour délivrer leur patrie; — surtout le Combat des Centaures et des Lapithes, sur le fronton postérieur du temple de Jupiter à Qlympie, dont l’expédition allemande (1873 sqq.) a retrouvé des parties. C’est un artiste d'un grand style, une « nature eschyléenne )) , dit Curtius, que l’on prenait à tort pour un représentant de l’art aimable.

G. Paeonios de Mendé (Thrace), auteur, avec Alcamène, des cé.èbres frontons du temple d’Olympie, nous estconnu, depuis 1875, par son admirable Victoire retrouvée le 15 décembre dans les premières fouilles, la seule œuvre du cinquième siècle dont l’authenticité soit certaine2 3.

7. Agoracrite de Paros, l’élève favori de Phidias, qui lui permit souvent de signer avec lui.

8. Micon, peintre contemporain de Polvgnote, habile surtout à peindre les chevaux, travailla au portique Pœcile.

9. Panaenos d’Athènes, neveu de Phidias, décora le Pœcile avec Micon et Polygnote : il peignit les vêtements du Jupiter d’Olympie.

Œuvres conservées ou célèbres. — I. Le Théséion5, périptère dorique, construit sous Cimon au nord de l’Aréopage, après qu’on eût ramené de Scyros, en 469, les ossements (présumés) de Thésée. 11 est fort probable que le temple subsistant aujourd’hui n’est pas le Théséion de Cimon, mais un Amazonéion4.

II. Le Parthénon5, c’est-à-dire la demeure de la jeune fille (Minerve, dont la statue occupait la cella du temple). Ce monument, le chef-d’œuvre de l’architecture antique, est bâti sur l’Acropole, à la place de l’ancien temple brûlé par les Perses, en marbre pen-

1. In quo stante.... apparet claudicalio non deformis. (Cic., denat. Deor., 1, 30.)

2. Otfr. Muller croyait Paeonios un novateur, cherchant les mouvements violents et outrés. 11 faut reconnaître en lui un élève de Phidias, et dans le fronton d'Olympie (voy. infra) l’œuvre de sculpteurs provinciaux , ses élèves.

3. Ce monument, parfaitement conservé, servit au moyen âge d’église (clc Saint-Georges) et a récemment été converti en musée. Sur les métopes, les exploits d’Ilercule, de Thésée, le combat des Centaures et des Lapithes, rappellent, mais de loin, le style des frises du Parthénon.

4. byer, Ancienne Athènes ; un Héracléion, selon Curtius. La tradition n’en fait nullement un Théséion, et Cyriaque (1437) le nomme temple de Mars. L’identification avec le Théséion

;est une idée du jésuite Babin, en 1372.

1 5. Brunn, les Sculptures du Parthénon, 1874 (ail.) ; surtout la belle monogr. de Michaë-

lis, 1870-71. On est loin d’être d’accord sur l’interprétation dos sculptures. (Voy. Mus. rhén., 1877 ; consultez aussi Beulé, l'Acropole, et Dyer, op. laud., 1873.) La beauté simple et chaste du Parthénon a servi et sert de prétexte à des déclamations sentimentales dont les Grecs eussent bien ri.

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