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GRAVEURS UES MONNAIES

sauce1. Dès le 111e siècle, les Goths de Dacie et de Pannonie frappent des monnaies d’or barbares à l’effigie de l’empereur. Cet exemple fut suivi jusqu’à Théodebert. qui, le premier, frappa de l’or sans l’effigie des princes de Byzance, acte d’indépendance dont s’indigne Procope. A dater de Sigebert Ier et de Gontran, toute trace d’allusion aux empereurs disparaît des monnaies mérovingiennes et wisigothiques.

Graveurs des monnaies. — Les Anciens ne nous ont rien appris touchant ces artistes. Raoul-Rochette a le premier reconnu ( Lettre au duc clc Luynes , 1831, et Lettre à Schorn , 1845) que beaucoup de monnaies grecques portaient des signatures de graveurs, bien que souvent en caractères si fins, qu’on ne peut les lire qu’à la loupe. Ces signatures se trouvent surtout sur des monnaies de Sicile, jamais sur des monnaies romaines, et seulement à l’époque classique de Part grec2 3 *.

Progrès et décadence du monnayage. — Les monnaies grecques sont de véritables œuvres d’art ; leur histoire est étroitement liée à celle de l’art : elles croissent en beauté avec lui, et sont entraînées dans sa décadence5.

Monnaies grecques. — 1 . Les premières monnaies ne portent que des types très simples sur la face convexe. Il faut citer les tortues (xeXwvta) d’Égine, les boucliers de Béolie, les monnaies corinthiennes avec Pégase et le koppa.

2. Entre 580 et 460, on voit apparaître les têtes de divinités. De cette époque, sont les monnaies incuses de la basse Italie ; les fines monnaies de Macédoine et de Chalcidique ; les monnaies athéniennes, où le profil énergique de Minerve, avec la chouette sur le revers, a remplacé le gorcjonéion; les pièces de Ilhège et de Messine avec le lièvre et l’attelage de mules. Les monnaies de Thasos portent un satyre embrassant une nymphe. Les statères d’or de Phocée, Clazoïnène, Samos, Lampsaque et Cyzique, ont des figures d’animaux et de monstres qui témoignent de l’influence orientale.

5. L’époque de l’apogée de l’art grec (460-325) vit frapper les plus belles

1. Sous l’Empire, le droit monétaire des généraux est supprimé. — Le premier soin d’un usurpateur est de battre monnaie. Nous avons jusqu’à seize types monétaires du forgeron Marius, dont le pouvoir dans les Gaules ne dura que quelques jours.

2. Sauf une exception (<t>py sur une monnaie de bronze), on n’a encore rencontré de signatures que sur les monnaies d’argent. — Von Sallet fait observer que tous les graveurs monétaires siciliens ont travaillé entre 490 et 350, et qu’en dehors de la Sicile et de la Grande- Grèce, les signatures sont de la plus grande rareté. Trois de ces graveurs appartiennent à l’histoire de l’art par la perfection de leur travail : les Syracusains Cimon et Événèto, le Phidias de la gravure en monnaies (Lenormant), auteurs des pentécontalitres, et qui se rattachent à l’école dorienne de Polyclète ; et Théodote de Clazomène, qui rappelle le style

des sculpteurs du Mausolée.

3. L’infériorité bien constatée des modernes tient à la différence des procédés. Notre mon¬

naie doit pouvoir être empilée, et nous cherchons surtout que le plan soit un disque bien régulier et bien aplati, tandis que les pentécontalitres de Syracuse, par exemple, sont de forme lenticulaire et ovoïde. En outre, le balancier (inconnu aux anciens qui se servaient

de poinçons mobiles), donne, par la régularité de son jeu, de la dureté et de la sécheresse

aux contours.

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