HISTOIRE DU MONNAYAGE
monnaies. Jusqu’en 400, elles conservent un caractère archaïque. Telles sont les monnaies d’Athènes, les chimères de Sicyone, les loups d’Argos, les pièces de Sélinonte avec le fleuve Sélinus, de Naxos avec la tète de Bacchus et le satyre, d’Agrigente avec deux aigles et un lièvre. — Vers 360, on trouve les belles monnaies arcadiennes avec les têtes de Jupiter et Pan; vers 376, les pièces d’argent de Chalcis (Apollon et la cithare). La Sicile produisit ses incomparables pentécontalitres à l'époque de Denys; depuis Timoléon, qui rétablit le lien colonial entre Syracuse et Corinthe (352), la Sicile frappa beaucoup d’argent avec la tête de Pallas et le Pégase corinthien
4. Les monnaies de ce temps portent souvent des représentations de scènes héroïques, mythologiques, etc. Par exemple, sur les monnaies de Sélinonte, on voit Apollon et Artémis qui s'avancent, apportant la peste, et, sur le revers, les dieux des fleuves, par lesquels Empédocle avait assaini les marais, sacrifiant à Esculape.
5. La décadence du monnayage est très sensible à l’époque des royautés macédoniennes. 11 y a encore d’excellentes monnaies d’Alexandre, de Philippe Arrhidée, surtout d’Agathocle et de Pyrrhus. Mais celles des Ptolémées sont médiocres. Les monnaies delà Ligue achéenne sont fort recherchées-.
Monnaies romaines5. — \ . Les monnaies de la république sont dites consulaires , parce qu’elles portent la marque des triumvirs monétaires qui appartenaient à des familles consulaires. Les plus anciennes ont, sur la face, la tête de Rome (ou de Pallas) avec un casque ailé; au revers, les Dioscures ou un attelage de chevaux1 2 3 4.
Les différentes familles consulaires imprimèrent leurs insignes sur les monnaies. Le denier pompéien portait la louve, l'enfant Romulus et le berger Faustulus; le denier de la gens Postumia, Castor et Pollux à la bataille du lac Hégille. Sur beaucoup de monnaies, on voit des têtes traditionnelles d’un style archaïque (Romulus, Numa), ou rappelant des souvenirs de famille (BrUtus sur les monnaies de la gens Junia, Scipion l’Africain sur celles de la gens Cornelia). Presque toutes ces pièces ont peu de valeur artistique.
2. La belle époque commença en 54 avant J.-C. C’est de là que datent les deniers de Nérius, avec la tête de Jupiter, de Cornificius (Arnmonct le Jupiter Sospita), de Sext. Pompée (la tête de Pompée et Neptune), de Lenlulus Cns sus (têtes d’Auguste et d’Agrippa.)
3. Les monnaies impériales jusqu’à Sévère sont d’une grande beauté, surtout les bronzes frappés par le sénat sous les douze Césars et les Flaviens. Les
1. Aucun pays n’a frappé plus d’or que la Sicile. Les légendes sont écrites en grec dorien, punique et latin.
2. Monnaies palimpsestes. — Les monnaies refrappées en surcharge sont instructives pour l’histoire du commerce. Ainsi, la Grande-Grèce a refrappé beaucoup d’argent sicilien, tandis que jamais la Sicile n’a refrappé d’argent italien : partant, l’Italie a dû importer des marchandises en Sicile et recevoir en payement l’argent sicilien.
3. La plus riche collection privée de monnaies romaines, 17 348 pièces, a été léguée en 187G par d’Ailly à notre Bibliothèque nationale.
4. Nummi bigati. Beaucoup de monnaies de Syrie, de Carthage, surtout de Borne, sont dites nummi serrati , parce qu’elles ont les bords découpés en dents de scie. On a dit que l^s monnayeurs voulaient empêcher par là que l’on rognât le métal avec la lime; mais cette opinion est contestée.