Dans la marge des manuscrits Blandiniens; voy. p
8. Le développement de la science grammaticale au moyen âge se fait au rebours de ce que nous appelons le bon sens. Sait-on pourquoi siler et oleaster sont masculins? C’est parce que ce sont des arbres qui ne portent pas de fruits. — Et durnus, rubus? à cause de la rudesse avec laquelle ils déchirent les vêtements. Dies est dubii generis, comme étant à la fois actif et passif, parce qu’il chasse la nuit et qu’il est chassé par elle. On trouve aussi dès lors l’étymologie cadaver = caro data vermibus, attribuée à J. de Maistre, qui l’admirait fort. (Thurot, Extraits de manuscrits latins, etc., 1869, p. 147, pass.)
9. Sanchez abuse de l’ellipse; par exemple, pour expliquer eo Romam, il suppose qu’on a voulu abréger la phrase : Eo ad urbem Romani. 11 explique habitat Lugduni par habitat in urbe Lugduni , compliquant ainsi une hypothèse gratuite d’un gros solécisme. Ces erreurs subsistent dans Lhomond, et ses disciples les ont trop souveni répétées. — En grec, cette théorie de l’ellipse, développée par Lamberti Dos, Ellipses graecae, 1762, a été définitivement renversée par Hermann, de Ellipse et Pleonasmo, 1808, livre qui marque le commencement de la grammaire moderne. — Sans connaissance approfondie de la grammaire, il n’est pas de philologie possible, car l’interprétation des textes est livrée au hasard. [Quint., 1, 4, 2 : Gramrnatice.... plus habet in recessu quam frontc prornittit. Mais Quintilien marque aussi très justement où l’abus de la grammaire commence (1, 8, 55) : A on obstant hae disciplinae per illas euntibus , sed circa illas haerentibus. Cf. d’excellentes pages de Benoist, Préf. du Virgile-Hachette : « La grammaire n’est pas le but dernier de notre connaissance; elle est l’instrument d’un effort plus élevé de notre esprit. »J