VI. — DIALECTES GRECS
1. On distingue quatre dialectes principaux, l’éolien, le dorien, l’ionien et l’attique.
2. Le plus archaïque des dialectes grecs est l’éolien [ri AîoXt;)3, parlé en
Thessalie, en Béotie, en Arcadie, en Élide, dans les colonies éoliennes de l’Asie
Mineure, à Lcsbos et à Chypre. Les anciens avaient déjà remarqué qu’il se
rapproche le plus du latin : son analogie avec le sanscrit est frappante. Cf. l’éol.
Fûaxi, scr. vinçati, lat. viginti , ait. eïxcoi ; F éxo;, valsa, velus, éVo;; cpvip, férus,
Ovip; xû, tva, tu, ou4. — Le dialecte de Lesbos est la langue d’Alcée, de
Sappho, de Corinne et de Théocrite (dans trois idylles)5.
1. Voy., dans Monier-Williams, p. 588, un modèle de traduction avec commentaire sur chaque mot. — La grammaire comparée des langues aryennes de l’Inde moderne a été écrite par Beams, 1872. Childers et Garcin de Tassy ont étudié le pâli et l’indoustani.
2. Ahrens, de Ling. gr. dialectis, 2 vol. ; Cauer, Choix d'inscr. remarquables pour le
dialecte. Le sujet est traité dans les grammaires élémentaires, et je me contente de quelques indications. — L’étude des dialectes grecs commença à Alexandrie : Philémon d'Athènes écrivit les ’Aruxat HÇu;, Aristophane de Byzance les Aouomxa't '[’kûvtmi, Hermonax, les ‘{kZtrro.i. Tout cela est perdu. Il nous reste Grégoire de Corinthe, moi
àiaU-xTwv, ouvrage byzantin du xiic siècle (éd. Schaefer, 1811).
5. L’inscr. éolienne la plus importante, contenant G digammas, est le traité des Éléens et des Héréens (C. I. G., n. 11) : àFpàxpa -co tp (sic) FaXtloi; xa\ xoï; ’EjFaoioi; (pactum Eleis et Ileraeensibus.)
F. Le son a, dominant en scr., s’est maintenu le mieux en éolien et en dorien, le moins bien en ionien (scr. svûdus, dor. à< §\i$,atl. ^$6;). Vu ne s’est maintenu avec le son primitif ou qu’en éolien et en dorien; dans les autres dialectes, il a pris h son de u franç. On trouve dans les inscr. éoliennes [vj?* (jouera), puXii (pwAij), et par contre xoûvî; (xûvu), cûSwp (û£wp), etc. lorsque l’u eut pris le son u dans les autres dialectes. La préférence des Éoliens pour e explique les formes àitû, itûxaiw;, etc. — Chéroboscus nous apprend que le duel n’existe pas en éolien, « et c’est pourquoi les Romains, ajoute-t-il, qui sont des colons des Éoliens, n emploient pas ce nombre. »
5. Cinq autres sous-dialectes : Béotien, Thessalien, Arcadien, Éléen, Cypriote. Le dialecte éléen est surtout connu depuis la découverte, à Olympic (1876), d’une grande inscr. où chaque a final est changé en p (rhotacisme éolien, analogue à celui du latin, cf. arbos et arbor, lionos et honor). On y trouve a-j-cô? -rt^xa't 4 r. axâp, t<mcpavu>(AÉvop, etc. (Voy. Curlius, Jotirn. archéol. 1870, p. 185 [ail.].)