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PHONÉTIQUE INDO-EUROPÉENNE

5. Nulle part le principe de la quantité, dont l’arabe et le lithuanien conservent seuls encore de faibles traces1, n’a décliné aussi vite qu’à Rome. Les marques de sa défaite définitive se multiplient à la fin de l’Empire : la longueur par position cesse d’ôtre observée 2; Servies avoue que la voix ne distingue plus les longues des brèves3. L'accent seul est vivant, et la prosodie s apprend à Rome par la lecture de Virgile, comme chez les modernes. Dans les hymnes de saint Ambroise, on trouve des brèves accentuées comptées comme longues : crücem. Un psaume composé en 393 par saint Augustin fait assonner mare et separare. Commodien (vers 300) écrit en Afrique, pour le peuple, des vers qui ressemblent aux hexamètres allemands et d’où la quantité est complètement absente4. Des inscriptions de cette époque présentent le même caractère5. Le trimé tre iambique de 12 syllabes, avec deux accents fixes sur la quatrième et la dixième, va donner naissance à l’hendécasvllabe italien et au vers national français du moyen âge, le décasyllabe6.

Conclusion. — Le grec, le latin, les dialectes hindous, germaniques, néolatins7, même les langues slaves, offrent le spectacle du triomphe final de l’accent. «L’histoire de l’accent n’est autre chose que celle du principe logique qui, parti de bien faibles commencements, finit par envahir toutes les formes, par se soumettre l’ordre des mots et la versification de toutes les langues8. »

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