‹ Manuel de philologie classiqueChapitre 219 sur 591 · PHÉNOMÈNES GÉNÉRAUX · texte numérisé non relu

PHÉNOMÈNES GÉNÉRAUX

1 . Ce qui reste d’un mot dont on a retranché la désinence s’appelle radical

ainsi pour le distinguer du ghimmel r(d’où son nom= double gamma). Denys d’Ilalicarnasse l’appelle ou év\ «ttoi^sîw ypaoojjivT) : il est à la fois une spirante et une semi-voyelle, et,

comme tel, se vocalise facilement d’une des manières suivantes : 1° F = u (xûwv = çvan véd. çuan et çun)-, 2° F = o (la villedeCrète yOa;o? a pour habitants les’Oà^tot nomméssur les monnaies FoUioi); 5° F = ou, eu (varunas = oùpavoç); 4° F = l’esprit rude (écrv.a = Vesta) ; 5® F = p (poû^ojjiat = volo) ; 6°F = pu ( jxoXirl? ;= Fs/.iciç); 7° F = a (ffçs =sva); 8° disparaît sans laisser de traces : 16?, virus ; ot;, ovis; At6?, divas ; 9° en allongeant la voyelle (eFpv)xa = Etpijxa?). — Le F a disparu d’abord de l’ionien : il ne se trouve que dans une seule inscr. de ce dialecte, et les poèmes d’ilomère sont parvenus aux alexandrins dans des manuscrits où celte lettre n’existait plus. Les anciens croyaient le F particulier à l’éolien, et l’appelaient digamrna aeolicum (Denys, Ant. rom., 20). Cf. Léo Meyer, Journ. de Kuhn, t. XV.

Bentley a le premier expliqué métriquement, en remplaçant le F dont l’absence faisait des hiatus, les passages d’Homère comme xôv Si lSd>v (11-, 15, 12); dans Ik\ Sè pi'Cav iux^v, S£ serait bref si l’on ne rétablissait pas FplÇav (éol. ppiÇa). Bekker, en 1858, a publié un Homère où il a rétabli le F partout, même là où il ne fallait pas (Cf. Meunier, Assoc. éludes grecques, 1870) ; d’autres l’ont introduit dans Hésiode (Flach), et toutes les exagérations possibles ont été commises dans cette voie. I'ierron (préf. de Ylliade et de YOdyssée) a parlé un peu légèrement de cette grave question, et du digamrna, qu’il appelle « lettre anglaise », « selle à tous chevaux,» etc. L’état du problème est donné par Ivnôs, de Digammo hornerico, 1875. Cf. Savelsberg, de Digammo, 1868, sur les formes que prend cette lettre dans les monuments.

1. L’s latin passa d’abord au z, orthographe de transition combattue par Appius. Le changement de s en r entre deux voyelles ( rhotacisme ) se retrouve en français (cf. chaire, chaise), et en vieux haut-allemand. 11 a épargné des mots faisant partie de formules, comme quaeso. Le phénomène s’est produit assez tard : on trouve .sur des inscr. asa, majosem. La forme seule de mots comme asinus et cerasus prouverait qu’ils sont postérieurs à 412, époque où Appius Ciaudius, censeur, substitua Yr à i’s pour mettre d’accord l’écriture et la prononciation. Le rhotacisme est inconnu à l’osque; mais, en nouvel ombrien, l’s Final est luimême transformé, comme en éolien et en dorien : ferar p. feras (cf. vexup). Môme fait en celtique. — Le latin a perdu l’s initial devant une consonne : cf. nix et schnee; nurus et schnur , locus et slocus (Festus), lis est slis (dans les inscriptions).

2. Les anciennes aspirées indo-européennes deviennent en latin des spirantes : ydé;, hesternus. Cet h, d’abord très sensible, s’est affaibli de bonne heure, au point qu’on a pu faire les contractions nemo = nehemo, nil — nihil, debeo = dehibeo.

Finales en grec. — Le grec n’admet de consonnes finales que v, p, a, et ce trait le distingue profondément du latin. Le grec archaïque des inscr. montre, comme le sanscrit, les consonnes linales modifiées par les consonnes initiales du mot suivant : on trouve xopi —

i'A cov. « La forme finale dominante, dit Curtius ( Études sur la grammaire, etc., t. XVI), n’est souvent que la généralisation d’une ou plusieurs formes plus particulièrement usitées, nées sous l’influence des consonnes voisines. »

5. Ouvr. cités de Bopp, Schleicher, Farrar; Bncheler, Déclinaison latine, trad. L. Havel,

Page 1