‹ Manuel de philologie classiqueChapitre 252 sur 591 · HISTOIRE ROMAINE · texte numérisé non relu

HISTOIRE ROMAINE

continuée par Clason1. — Il a paru 2 volumes (1870-77) d’une monographie de Hennebert sur Annibal, où les points de stratégie sont étudiés en grand détail. On peut aussi voir Smith , les Carthaginois (1878, angl.).

L’histoire des Gracques a été écrite par Nitzsch, 1847 ; celle de Cicéron par Forsyth (1864, angl.). Le passage de la République à l’Empire a été l’objet de deux grands ouvrages par Drumann (G vol. 1854-44 [ail.]), et Georges Long (5 vol. 1874 [angl.]). C’est dans ces trois livres et celui de Boissier , Cicéron et ses amis, 1865, qu’il faut chercher l’hisloire de Cicéron. On a tout dit sur l’ Histoire cle César par Napoléon III, qui ne méritait ni les adulations des uns, ni les dédains des autres : c’est un livre très solide, écrit avec une fermeté remarquable, mais où l’apologie personnelle tient trop de place. — L’histoire générale de l’Empire2 a été brillamment écrite par Merivale 3 (2e édit., 1852- 56), que les Anglais préfèrent à Gibbon. La réhabilitation de l’Empire romain, commencée il y a trente ans 4, et^qui serait fort acceptable, si l’on n’y joignait la glorification des Empereurs, a produit des ouvrages importants : le Tibère5 de Stahr (2e éd. 1875 [ail.]); le Néron de Schiller ( 1872), etc. Trajan, par de la Berge (1878), est une des meilleures monographies que l’on ait écrites en France. Citons encore Burckhardt , Constantin et son temps, 1855 ; Naville , Julien l’Apostat6, 1877 ; Thierry, Slilicon, Eutrope et Rufin, 1 865 7 .

Sur les commencements du christianisme, il y a une foule de travaux qu’il n’est pas à propos d’énumérer ici; consulter surtout Aubè , Histoire des Persécutions de l’Eglise (2 vol. 1877 et 1879), d’une critique solide et d’une

(. Incertitude des cinq premiers siècles de Rome, 1758, 2“ éd. par Blot, 1869), enfin Charles Lévesque (Hist. crit. de la Républ. romaine, 1807), ouvrirent la voie à la critique allemande. Le premier volume de l’ Histoire romaine de Niebulir parut en 1811 : il y exprima sa grande et paradoxale idée, analogue à celle de Wolf sur Homère, que les légendes de Tite Live sont les restes d’épopées perdues; et, plus poète lui-même que les poètes latins, il reconstruisit l’histoire de Rome à sa manière. Peler (Hist. romaine, 1811) défendit la tradition contre Niebulir; il fut suivi dans celte voie par Gerlach et Bachofcn, 1851. Par contre, Cornwall Lewis nia qu’il y eût quoi que ce soit à tirer des anciennes légendes de Rome, et déclara inutile l’hypothèse de Niebulir. Mommsen ne croit pas à la tradition plus que Niebulir, mais il s’écarte de lui en ne faisant aucun cas des mxtlies. — On considère généralement Rome comme une colonie latine, soumise longtemps à la domination, puis à l’inlluence des Étrusques. A défaut d’autres documents, l’analyse des cultes et des langues permet d’échapper, sur ces obscures questions d’origine, à un scepticisme complet. — Cf. Léo Joubert, Rev. europ., 15 mai 1859 (dans ses Essais, p. 202); l’article est une brillante profession de foi niebuhrienne.

1. Schwegler n’est allé que jusqu’à la prise de Rome par les Gaulois.

2. Tous les ouvrages sur l’Empire ont pour fondement celui de Tillemont (1691), dont la longue patience ressemble à du génie.

5. Le même historien a donné les Triumvirs Romains (1877), et un précis d’IIist. romaine (en 1 vol., 1S75), accueillis avec la plus grande faveur.

4. Le comble du genre a été atteint par Dubois-Guchan, le panégyriste de Tibère et de Néron, dont il déplore les difficultés de famille. Voy. un bel article de Paradol , Essais, t. Il, p. 180. — Les Césars de Champagny (2* éd. 1855), ont une tout autre valeur; on a traduit cet ouvrage en allemand.

5. Comparez la thèse de Duruy (1855), qui fit beaucoup de bruit. Le Claude et le Titus de Lucien Double ne sont que de spirituels paradoxes.

6. Rendait a très heureusement traité le même sujet (1879, angl.).

7. Les ouvrages d Ampère (Hist. rom. à Rome, 1858), et de Beulé (Auguste et sa famille, 1870), sont écrits non ad narrandum, mais ad probandum, et font une place excessive au pittoresque et à la conjecture.

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