INSTRUMENTS DE MUSIQUE
n’éveillait que des sensations vagues et où ne se trouvaient ni l’éloge des dieux et des héros ni des leçons de sagesse. Les sentiments ainsi soulevés dans l’âme ressemblent à ceux que provoque la chaleur d’une orgie. Aussi Aristote dit-il que la musique de la flûte n’est pas éthique , mais orgiastique *,
Instruments de musique desGrecs. — Les Grecs avaient: 1° des instruments à cordes ; 2° des instruments à vent. Les cymbales, crotales et tambours sont d’origine barbare et n’appartiennent pas au domaine de la musique.
Instruments à cordes. — I. La Lyre, désignation générale des instruments à cordes par opposition aux instruments à vent, est souvent confondue avec la cithare2. L’ancien modèle de la lyre était en écaille de tortue; on fixait les cordes, en haut, à une pièce transversale appliquée sur deux cornes , et en bas à un chevalet au moyen d’une clé. Les cordes étaient des boyaux de mouton ou des nerfs de grands animaux; les cordes métalliques étaient inconnues.
L’invention de la lyre est attribuée à Mercure, qui l’aurait donnée à Apollon. Le plus ancien modèle avait trois cordes : la quatrième fut ajoutée par Méline, fille d’Océan. Le tétrachorde ainsi formé est la base du système musical des Grecs5. C’est en 650 av. J.-C;, que Terpandre ajouta trois nouvelles cordes et changea ainsi le tétrachorde en heptachorde, embrassant l’octave entière4. Timothée de Milet porta le nombre de cordes à onze, d’autres,
1. Histoire de la musique grecque. — I. La 'période archaïque (Thrace et Phrygie) présente d’abord des noms légendaires ; Terpandre d’Àntissa, de Lesbos, v. 676 av. J.-C., est le fondateur de la musique classique. En 645, il introduisit à Sparte ses nomes (vô|Aot) pour la cithare et le chant, et inventa l’heptachorde; au dire d’Héraclide (Plut., de Mus., 5), il serait aussi l’inventeur d’une notation musicale. Terpandre fixa la mélopée des poèmes homériques et composa de petits préludes ou poèmes, parmi lesquels peut-être l’hymne homérique à Athénée (le 28e). — Clouas régla le nome aulétique ; Archiioque créa lesrhythmes à 5 temps. Olympos,dit le Jeune (pour le distinguer d’un chantre mythique élève de Marsyas), est le deuxième grand maître grec (660-G20) : créateur de l’aulétique et du genre enharmonique, il introduisit la musique instrumentale des Phrygiens et la ‘mesure à 5/4 [sesquialtère, ^puôXtov, avec une thésis de 2 temps et une arsis de 5; les deux premiers rhythmes furent l’orov (égalité de la thésis et de Yarsis), et le £cidâ<nov, où la thésis est double de l’ars/s). Les nomes d’Olympos étaient écrits pour flûte, sans paroles; plusieurs étaient des chants de deuil. — 11. La période de l'art Spartiate, grave et religieux, commence avecThalétas de Gortyne (620) et Alcman, qui composèrent des hymnes qu’on chantait aux fêtes d’Apollon. C’étaient surtout des péans, lents et solennels, et des hyporchèmes, à l’allure rapide et animée. La pyrrhique ou danse armée, les danses militaires des vierges et des éphèbes, rendaient la musique un art nécessaire à Sparte. — III. Dans la période athénienne ou classique, on trouve Simonide, Pindare, Bacchylide et les tragiques. — IV. Dans la période, hellénistique, le chœur tragique devient un hors-d’œuvre, la musique instrumentale prend le dessus; Timothée, musicien d’Alexandre, est le nom le plus célèbre. Ctésihius invente l’orgue hydraulique. — V. Renaissance romaine, remarquable par le* travaux des théoriciens. Des collèges d’artistes dramatiques se fondent (Foucart, de Coll, scenicorum artificum, 1875) et reprennent les anciennes pièces. — VI. Décadence finale : ce qui reste de la musique païenne est emprunté par le christianisme pour ses chants d’église.
2. On trouve dans Homère xiôaçi’Ceiv; le mot Mça ne se rencontre pas dans Homère,
mais dans l’hymne à Mercure (v. 423) on trouve : Aûçjj x-.OapiÇtiv.
o. La première et la dernière corde étaient dans le rapport d’une quarte, c’est-à-dire que la corde inférieure faisait trois vibrations dans le temps ou la corde supérieure en exécutait quatre. Les deux autres cordes étaient séparées des deux extrêmes par des intervalles variant avec le genre.
4. L’heptachorde est déjà mentionné dans l’hymne à Mercure (v. 51). — Les sept cordes de la lyre de Terpandre s’appelaient, de haut en bas, nète, paranète, paramèse, mèse, lichane