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NOTATION MUSICALE

Un trait caractéristique de la musique grecque, qui lui est commun avec la musique de l'Église et de la Renaissance, ainsi qu’avec toutes les musiques populaires primitives depuis la Chine jusqu’à l’Irlande, c’est la prédominance marquée du mode mineur, qui est l’exception aujourd’hui. Cela semble confirmer ce que j’ai dit en commençant de l’origine de la musique, fille des tristesses humaines qu’elle purifie en les exprimant.

Notation musicale, Séméiographie. — Les Grecs se servaient de signes différents suiyant qu’il s’agissait d’une partie vocale ou instrumentale. Chacun des systèmes comprenait environ soixante-sept signes embrassant trois octaves. 11 n’y a que seize signes-types, empruntés à l’ancien alphabet grec-phénicien, et que l’on varie en les retournant, en les couchant, en les doublant, etc. Alypius, qui nous a conservé cette notation, accompagne chaque lettre de sa description : ainsi <! — lambda couché , etc.1.

Dans la notation instrumentale, chaque lettre, écrite droite, forme un ton ; renversée, ce ton diézé d’un quart de ton, et retournée, ce ton élevé d’un demi-ton.

On notait le plus souvent dans le mode lydien : mais chaque mode avait sa notation particulière. C'est dans la notation lydienne que nous est parvenu ce qui nous reste de la musique grecque. — La notation grecque ne donnait que l’acuité ou la gravité des sons, mais non pas leur durée, que l’on indiquait par la quantité des syllabes dans la musique chantée, et dans la musique instrumentale par des signes de quantité particuliers 2.

Polyphonie. — Dans la musique vocale, les voix chantaient à l’imisson ou à l’octave : la polyphonie, et par suite l’harmonie, n’existait pas. Mais Bœckh et Vincent ont établi, contre Burette, Bellermann et Fétis, que les anciens connaissaient la polyphonie dans la musique instrumentale5.

sept modes en prenant fa pour tonique, V armure de la clé pourchaque mode sera celle du ton homonyme. Ainsi, la gamme lydienne ayant un seul bémol (si), le ton lydien sera le ton qui a un seul bémol, ou fa. Ce ton était le plus usuel dans la musique ancienne, parce que l’octave fa% — fa 5 était considérée comme l'octave moyenne des voix. Toutes nos mélodies antiques (sauf le fragment de Pindare, suspect pour cette cause) sont écrites dans ce ton. — Les 15 ou 18 degrés de l’échelle type gardent leurs dénominations, proslanbanomène , hypate, nèle, etc., dans les échelles transposées, de sorte que le système tonal des Anciens peut être comparé à un clavier transpositeur dont toutes les touches conservent les noms qu’ils ont dans la gamme d’î<L (Gevaërt, p. 212.) Nos modulations, beaucoup plus fréquentes que chez les Anciens, sont des métaboles de ton: le passage du majeur au mineur donne au contraire l’idée d’une métabole de genre, puisque notre mineur doit surtout son caractère aux éléments chromatiques qu’il renferme (si.do; mi-fa ; sol-la).

1. < = itXâYiov ; sd = xâima àvE<TTfa[A[ji£vov. On trouve encore les expressions de

viîxtov, àireorç ap.[i.£vov, Sut loüv, iXXeut£;, tjt çàycovov, SçÔov, Séijtov, etc.

2. La brève (1 temps) ne recevait aucun signe : la longue de 2 temps était marquée — , celle de 5 temps l. , celle de 4 temps u » celle de 5 temps lu • La pause était indiquée par le signe A (1 temps), que Ton allongeait en plaçant en dessous un des signes de longueur précédents. Ainsi A avec u en dessous signifie une pause de 4 temps. — Au moyen âge, la séméiographie grecque céda la place aux lettres latines, d’où sortirent les neumes. (Voy. Coussemaker, l'Harmonie au moyen âge, 1857.)

3. Le texte capital est dans Plutarque (de Mus., 14). On sait, du reste, que la théorie désaccords et de leurs renversements n’est due qu’à Rameau. — Plus mélodistes qu’harmonistes, les Crées 11e possédaient pas l’art tout récent de masquer par des accords, par des effets d’orchestre, les défaillances de la mélodie essoufflée ou muette. Livrée à ses seules forces, a

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