‹ Manuel de philologie classiqueChapitre 305 sur 591 · Voy. deux articles de Thurot, R. C., IX, 580 et XI · texte numérisé non relu

Voy. deux articles de Thurot, R. C., IX, 580 et XI

2. Otfr. Miiller, II, p. 205 sqq. — L’implexus des strophes et des antistrophes est souvent assez difficile à démêler, surtout dans Eschyle. En appelant a, b, c... les strophes, a', h', c'... , les antislrophes correspondantes, on peut dresser ainsi le tableau des vers des Choéphores, 506 sqq. (chant amébée entre le chœur et les deux enfants) : a, h, a'; c, h', c'; d, e, d'; f, é, 1'; g, h, i, g', h', i'; j, j', k, k'. — Dans Agamemnon, 1447 sqq., on a l’enlacement suivant: a, h, a'; c, d ; c', d'; e, h', é'. 11 fallait quelquefois attendre une antistrophe pendant deux scènes; mais, comme elle revenait avec le même motif musical que la strophe, les auditeurs ne s’v trompaient pas. Une strophe sans pendant au commencement d’un système est dite proode , et, si elle se trouve au milieu, mésode.

3. La strophe et l’antistrophe, chantées sur le même air, se correspondent syllabe par syllabe; et quand cette correspondance fait defaut, le texte est altéré. En outre, les mêmes mots, des mots semblables ou des tournures analogues se reproduisent aux places correspondantes des deux strophes jetées dans le même moule, et constituent des assonances antistrophiques dont la critique des textes peut également tirer parti. (Weil, préface à son édit. d’Euripide, p. 4i.)

4. Cf. ce qui a été dit à propos de la musique et de la construction des théâtres.

5. On récitait de même les autres systèmes similaires i- ojiolwv), et en particu¬

lier, selon Christ, les systèmes dochmiaques. Voy. Muff, Technique chorique de Sophocle , 1877 .apprécié par Weil, R. C., 1877, 529.

192 LE CHŒUR COMIQiUE.

pauses, lorsque Faction a parcouru une certaine phase; en général, le chœur seul occupe la scène, et ses chants divisent la pièce en actes *. V Antigone comprend sept actes, le Philoctète seulement trois, avec un seul stasimon. — On appelle commoi les chants communs aux acteurs et au chœur; d’autres fois le chœur lui-même se divise en deux moitiés qui engagent un dialogue entre elles. Les parties lyriques du rôle des acteurs forment soit des dialogues, soit des airs un peu étendus appelés monodies , où excellait Euripide, et dont la construction strophique est très libre. En général, les rhylhmes doriens se trouvent dans les stasima, mais non dans les commoi et les chants lyriques de la scène.

Chœur comique1 2 *. — Il y a vingt-quatre choreules (neuf de plus que dans la tragédie). Le chœur fait son entrée par rangs desix personnes en chantant la parodos, moins compliquée que celle de la tragédie, comme aussi les stasima , qui ne servent ici qu’à limiter les scènes et à permettre aux acteurs de changer de costume. En revanche, le chœur comique a la parabase, marche du chœur au milieu de la comédie, qui rappelle les cortèges bacchiques d’où la comédie est sortie. Le chœur passe en rangs devant les bancs des spectateurs, enfaisantentendre un chant en tétramètres anapestiques, oùlepoèle parle de ses opinions et de ses affaires personnelles. Cette première partie comprend une chanson d’ouverture dite commotion , et se termine par un long système d’anapestes dimètres dit pnîgos, parce que sa longueur épuisait l’haleine. La deuxième partie est un poème lyrique, suivi de seize vers trochaïques exprimant quelque grief contre la ville ou le public, et nommés épirrhème, c’est-à-dire, ce qui est dit en sus. La strophe lyrique et l’épirrhème se répètent à la manière des antistrophes ( antépirrhème ). Tel est le plan de la parabase complète et régulière; mais les poètes comiques l’ont modifiée diversement.

Stichomythies. — L'amour de la symétrie, et en particulier de la construction dichotomique, était naturel aux Grecs. Quand un dialogue vit’ s’engage sur la scène, les opinions et les volontés opposées s’équilibrent jusque par l’étendue matérielle des phrases : les vers se succèdent et se répondent comme des coups de marteau [stichomythies). On remarque quelque chose d’analogue dans les grands poètes modernes, surtout dans Corneille ( Polyeucte , II, vi ; IV, m ; Ciel, I, iv). Otfr. Muller ( Littér . gr ., II, p. 217) avait déjà soupçonné que cette symétrie et cet équilibre s’étendaient à des tirades et à des scènes entières, les beaux travaux de Weil ont pleinement confirmé cette opinion5.

1. La partie antérieure à la parodos est le proloque , celle entre la parodos et les stasima s’appelle les épisodes, celle après le dernier stasimon, l 'exodos.

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